Les 3 niveaux de besoins en Communication Non Violente : les comprendre pour gagner en « qualité du vivant »

Les 3 niveaux de besoins en Communication Non Violente

Les 3 niveaux de besoins en Communication Non Violente : les comprendre pour gagner en « qualité du vivant »

En Communication Non Violente (CNV), les besoins humains sont classés en plusieurs niveaux. Nos besoins représentent l’essence même de ce qui se vit en nous. Le niveau des besoins va dépendre de ce qu’ils expriment : un manque ou plutôt un rêve/ une aspiration profonde ?

Quelque soit le niveau de nos besoins, il est bon de les identifier, de les reconnaître sans les nier ou les minimiser et de les prendre en compte.

Pour la sérénité de nos relations, il est important de développer notre capacité à être pleinement « chez nous » sans attendre ni espérer quelque chose de particulier de la part d’autrui, même si l’idée de recevoir nous enchante. Et quand on s’exprime en étant pleinement « chez soi », cela nous procure une sécurité intérieure et une force tranquille. – Anne van Stappen

1er niveau de besoins : les besoins de surface (= manque)

L’expression des besoins de premier niveau est peu puissante pour entrer dans un processus de communication empathique parce qu’elle implique un manque, voire une accusation déguisée contre l’autre (par exemple, « J’ai besoin de respect/ d’écoute/ de silence »).

Les besoins de premier niveau traduisent plus une volonté de changer le monde, une indication de ce que les autres devraient faire qu’une volonté de créer une connexion humaine profonde.

Cependant, identifier ce niveau de besoin est utile pour plusieurs raisons :

  • nous apaiser,
  • clarifier à l’intérieur ce que nous voulons,
  • nous familiariser avec les notions de besoins, centraux dans le processus de la CNV,
  • sortir des messages-Tu et apprivoiser les messages-Je,
  • nous guider vers d’autres niveaux de besoins plus profonds (par exemple, « J’ai besoin de silence » traduit la volonté de travailler dans des conditions qui optimisent la concentration et qui permettent de donner le meilleur de soi),
  • utiliser ces besoins comme des stratégies et demandes.

2ème niveau de besoins : les besoins intermédiaires

Ce deuxième niveau est un pas de plus vers la connaissance de soi.

Nous avons encore des attentes pour un contexte idéal ou de la part d’autrui, espérant qu’il va faire notre bonheur, mais nous nous acheminons peu à peu vers le contact pur avec nous-mêmes et notre profondeur. – Anne van Stappen

Identifier ce niveau de besoin nous ouvre à :

  • l’apaisement des émotions fortes,
  • la découverte des besoins profonds,
  • la clarification de nos propos et demandes.

Anne van Stappen propose une question clé pour s’approcher du deuxième niveau de besoins : « Si je recevais/ si je vivais [citer les besoins de premier niveau], qu’est-ce qui se passerait pour moi, qu’est-ce que cela me permettrait ? ».

Par exemple, « si je recevais écoute et considération, cela me permettrait d’avoir la sécurité que ce je dis est intéressant, d’avoir un espoir quant à la résolution du problème que j’expose, d’avoir confiance dans le fait que je compte pour l’autre… ».

3ème niveau de besoins : besoins profonds (=aspirations profondes)

Anne van Stappen appelle ce niveau de besoin « être chez soi ». Il n’y a plus d’allusion à autrui ou à un contexte extérieur.

Pour identifier les besoins de troisième niveau, il est utile de se poser à nouveau la question clé pour creuser plus profondément :  « Si je recevais/ si je vivais [citer les besoins de deuxième niveau], qu’est-ce qui se passerait pour moi, qu’est-ce que cela me permettrait ? ».

Par exemple, « si je recevais la sécurité que ce je dis est intéressant, d’avoir un espoir quant à la résolution du problème que j’expose, d’avoir confiance dans le fait que je compte pour l’autre, cela me permettrait de vivre du sens dans mon couple, de la confiance en moi, de la joie, le don du meilleur de moi au sein de cette relation… ».

Identifier ce niveau de besoin permet de :

  • nous relier à une source d’inspiration profonde qui jaillit de nous-même,
  • nous dynamiser,
  • nous rapprocher de notre humanité,
  • inspirer notre interlocuteur,
  • ne pas blesser l’autre sous des accusations plus ou moins déguisées,
  • parler de rêves, de valeurs, d’aspirations personnelles et universelles.

Quand on dit notre humanité à travers l’expression de nos besoins profonds, on développe sa propre humanité et celle de l’autre. Les besoins profonds sont recevables par les autres « parce qu’ils témoignent du vivant qui compte pour nous, de valeurs importantes à nos yeux ».

Souvent, nous ne sommes pas conscients de nos besoins profonds, dissimulés sous les deux premiers niveaux de besoins plus superficiels, car nous sommes habitués à penser que c’est l’autre qui est responsable de ce qui dysfonctionne et que c’est à l’autre de changer.

 

Il est possible d’utiliser les besoins de premier et deuxième niveau comme demandes pour nourrir les besoins profonds :

« J’aspire à donner le meilleur de moi (besoin profond)

et j’y arrive mieux quand je suis en confiance et que je suis rassurée sur le fait que je compte (deuxième niveau)

et, pour cela, ça m’aide de recevoir de l’attention ou de l’écoute (premier niveau) ».

Cet exercice est très difficile mais une notion fondamentale en CNV va permettre de cheminer dans ce nouvel apprentissage : celle de l’intention (« sculpter l’intention qui nous anime afin qu’elle soit bienveillante pour tous ! » nous dit Anne van Stappen).

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Source : Mon cahier poche : Je m’exprime avec fermeté et bienveillance de Anne van Stappen (éditions jouvence)

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