Les 8 étapes de l’émotion (quatre étapes corporelles suivie de quatre étapes mentales)

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Les 8 étapes de l’émotion (quatre étapes corporelles suivie de quatre étapes mentales)

Pour Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet, l’émotion a toujours un sens : biologique avant de devenir psychologique et mental. Nous ne sommes pas en mesure de changer notre système émotionnel ni de le « gérer » mais nous pouvons agir en connaissance de cause. Notre système émotionnel sert l’objectif inconscient de la conservation de la vie. L’émotion, c’est quatre étapes corporelles suivie de quatre étapes mentales à l’origine de nos habitudes, croyances et interprétations.

Le début de l’émotion : DANS LE CORPS

L’émergence de l’émotion est un processus inconscient et donc non gérable.

Etape 1 : la perception d’un événement à travers les sens 

Un événement concret, réel, tangible est perçu par les cinq sens (vue, toucher, ouïe, odorat, goût) et à travers la proprioception ( la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps dans l’espace).

Par exemple, quand quelqu’un nous bouscule, nos sens envoient l’information du choc au cerveau. Cet événement objectif (être bousculé) réveille une mémoire corporelle puisque le corps a mémorisé qu’être bousculé représente un danger.

Etape 2 : les sensations corporelles et physique intimes

La perception sensorielle se transforme en épreuve sensorielle intérieure. Une sensation intime, intérieure, personnelle naît alors (exemples : malaise, oppression, affolement, contraction, tension…).

Dans le cas de la bousculade, une sensation d’oppression, de déséquilibre peut émerger suite à le perte de stabilité du corps.

Etape 3 : la réaction corporelle de défense

Le corps répond à la sensation physique par le mouvement : il s’active pour retrouver un équilibre.

En cas de danger ou de menace, le cerveau commande un mouvement de fuite (on s’agite, on bouge, on s’en va, on ferme les yeux, on respire un grand coup), de lutte (on s’oppose, on agresse, on crie, on se redresse) ou de repli sur soi (on se fige, on pleure).

Plusieurs réactions corporelles sont possibles suite à une bousculade :

  • reculer (réaction de fuite)
  • fusiller la personne du regard (réaction de lutte)
  • encaisser sans rien dire (réaction de repli)

 

Etape 4 : le retour à l’équilibre (le besoin d’intégrité physique et affective étant satisfait)

Les réactions corporelles de défense ont joué leur rôle : satisfaire le besoin de sécurité et d’intégrité. Le corps est soulagé, il retrouve alors son équilibre et l’émotion est passée car elle a rempli son objectif (attirer l’attention sur un événement potentiellement dangereux pour la survie et mobiliser des réactions défensives pour y survivre).

Le corps mémorise l’incident et la mémoire se réactivera à chaque expérience similaire.

 

La diffusion de l’émotion : DANS L’ESPRIT

La diffusion de l’émotion est un processus conscient et donc modifiable en s’entraînant à agir autrement (accueillir les émotions comme des messages au service de la vie, se laisser traverser par elles et apprendre à répondre à leur intention vitale en conscience). Agir autrement, c’est ajouter de nouvelles stratégies pour vivre avec les émotions plutôt que contre elles et cette nouvelle manière de penser et de faire prend du temps. Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet  estiment qu’il y a deux mots clés pour mieux vivre avec les émotions : ajouter et ralentir.

Etape 5 : l’esprit prend le relais et réveille le désir de maintenir cette intégrité à tout prix

L’incident a réveillé le besoin existentiel de sécurité, d’identité et de réalisation de soi.

Par exemple, une bousculade peut heurter le besoin de respect, de limites corporelles, de reconnaissance. La bousculade rend le besoin encore plus prégnant.

Etape 6 : pensées et comportements pour obtenir satisfaction et maintien de l’intégrité

La psychisme va se développer pour répondre au désir. Il s’agit de tout faire pour obtenir satisfaction (par exemple : ne plus être déstabilisé – à tous les sens du terme).

Les pensées automatiques défensives et/ou offensives témoignent de notre difficulté à traverser l’épreuve (« les gens sont méchants », « personne ne fait attention à moi »…). Nos actes automatiques peuvent prendre plusieurs formes : éviter la situation, la contrôler, agresser, redoubler d’attention…

 

Etape 7 : des ressentis douloureux à force de contrôler, éviter, défendre et attaquer

Les ressentis et les ressentiments emballent l’esprit dans une surchauffe éprouvante. – Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet

Les ressentis douloureux et les sentiments de mal-être nous assaillent et nous rongent l’esprit (tensions, insatisfactions perpétuelles, angoisse, honte, culpabilité, stress…).

Etape 8 : création de représentations binaires (bien/ mal), de croyances, d’interprétations sur les autres

Nos représentations sur nous-mêmes et sur le monde sont fonction de nos ressentis et sont totalement subjectifs (en fonction de nos expériences)… au risque de créer un monde binaire : il y a aurait les gentils d’un côté et les méchants de l’autre.

Nos croyances ne sont donc pas la cause de nos émotions mais sont le résultat d’un travail cognitif en lien avec le désir d’avoir toujours de quoi satisfaire notre intégrité.

Le désir de conserver notre intégrité coûte que coûte, alimenté par la peur constante de la perdre et de se trouver (encore et encore…) fragilisé, va en effet nous conduire à développer des stratégies sans fin : nous n’en finissons plus de commenter, de juger, de vérifier, de marchander… pour qu’enfin quelque chose marche et nous libère. En vain, puisque le soulagement ne peut être que de courte durée. – Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet

 

Gérer ses émotions : on ne peut pas commencer par la fin !

Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet regrettent que nous ayons la fâcheuse habitude de nous focaliser sur nos pensées et nos comportements qu’il nous faudrait gérer ou alors sur nos ressentis qu’il faudrait canaliser.

Pour les deux autrices, plus nous désirons être sereins et soulagés de toute émotion, de toute douleur, plus nous sommes amenés à ressentir de l’impuissance et de la frustration à l’idée de ne pas y arriver. Elles affirment que nous ne pouvons pas échapper à notre fonctionnement émotionnel, aux émotions désagréables. Nos émotions peuvent être inconfortables mais elles ne sont pas dangereuses; notre corps peut être vecteur de messages douloureux mais il n’est pas une menace et il ne ment jamais.

Nous avons tout à gagner à prendre en compte les quatre premières étapes du mécanisme des émotions, la dimension corporelle que nous avons tendance à ignorer au profit du mental : accepter le sens et la valeur biologique contenus dans les émotions et les reconnaître comme des processus internes, personnels, intimes qui ont une dimension première corporelle.

Mieux vaut donc accepter simplement d’être ému, parfois d’être gêné, fragilisé, apprivoiser l’inconfort, le reconnaître, le repérer. L’idée est de ne plus fuir coûte que coûte mais de se familiariser avec la réaction corporelle pour éviter d’en faire un plat. – Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet

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Source : Émotions : quand c’est plus fort que moi ! de Catherine Aimelet-Périssol et Aurore Aimelet (éditions Leduc S).

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