Ce que l’argent dit de nous : 4 types de relations problématiques qui reflètent notre relation à l’argent

Ce que l'argent dit de nous

Ce que l’argent dit de nous : 4 types de relations problématiques qui reflètent notre relation à l’argent

Dans son livre Ce que l’argent dit de vous, Christian Junod expose quatre mouvements problématiques qui reflètent notre relation à l’argent. Christian Junod est économiste de formation et ancien conseiller en placements financiers dans une grande banque suisse. Il anime désormais des séminaires axés sur la communication non violente pour aider les gens à trouver la sérénité face à l’argent.

Chacun de nous ne peut être que dans un seul de ces mouvements problématiques à la fois.

1.La tendance écureuil

La tendance écureuil consiste à amasser de l’argent : c’est la tendance qui est importante et non les montants en question. L’argent est associé à des projections positives (telles que la liberté, le bonheur, la sécurité…).

Les personnes dans ce mouvement ont tendance à accumuler l’argent et à constamment veiller à dépenser moins d’argent qu’elles n’en gagnent. Toutes les dépenses sont réfléchies.

Christian Junod liste des comportements typiques de la tendance écureuil :

  • j’ai de la facilité à économiser
  • je fais des réserves (boîtes, enveloppes, comptes…)
  • j’aime voir mes économies s’accumuler (et les compter régulièrement)
  • je  n’aime pas dépenser pour des choses inutiles
  • j’ai une tendance à être radin, avare, à freiner toutes les dépenses estimées inutiles
  • je peux vite stresser quand je vois des dépenses s’accumuler
  • je deviens irritable quand un proche a la dépense facile selon mes critères
  • j’ai moins tendance à payer des tournées à tout le monde et j’aime bien m’assurer que les autres font leur part
  • je désire toujours plus d’argent

Quand on est touché par cette tendance, il est possible de devenir (très) riche… mais au prix d’un niveau de stress élevé dès qu’il s’agit d’argent.

Au cours de son expérience de conseiller en placements financiers et d’animation de séminaires sur le thème de l’argent, Christian Junod a compris que l’argent ne peut jamais compenser l’insécurité intérieure. Le paradoxe de la tendance écureuil (la croyance en un lien entre sécurité et argent) est que ceux qui ont beaucoup d’argent ne se sentent pas plus en sécurité pour autant. La liberté est bien plus qu’avoir un vaste choix.

Pour Christian Junod, le dépassement de la tendance écureuil passe par l’affrontement de la peur et une forte dose de courage (courage d’affronter l’inconnu ou de casser une loyauté familiale). Il n’y a pas de honte à avoir peur. En revanche, ne pas se l’avouer pose problème car on ne peut pas transformer une peur non dite… et c’est elle qui restera le moteur de nos décisions.

2.La tendance sabotage

La tendance sabotage consiste à faire en sorte que l’argent n’arrive pas et de le repousser. L’argent est associé à une ou plusieurs projections uniquement négatives sur l’argent (l’argent est associé au conflit, à l’injustice, à la saleté, à l’angoisse…).

Les personnes dans ce mouvement ont tendance à contracter des dettes (quel que soit le montant).

Christian Junod liste des comportements typiques de la tendance sabotage :

  • pour les personnes à leur compte (chef d’entreprise, indépendant, artisan…) : je manque de rigueur dans la facturation des prestations, je ne facture pas, je facture avec retard, je ne contrôle pas mes encaissements, j’ai tendance à sous évaluer la valeur de mon travail, je propose de la gratuité ou des rabais de manière répétée,
  • je choisis (inconsciemment) un métier où la rémunération est basse,
  • je suis moins bien payé.e que mes collègues et je ne fais rien pour que cela change,
  • je ne fais que des activités bénévoles,
  • je refuse tout soutien financier,
  • j’ai du mal à accepter les dons et les cadeaux,
  • je refuse ma part d’héritage,
  • je prête de l’argent à des personnes qui ne me rembourseront pas,
  • je n’ose pas réclamer mon dû.

Notre monde a besoin d’êtres humains utilisant pleinement leurs talents, leurs dons avec enthousiasme, et chaque fois que l’un d’entre eux échoue, c’est du gâchis pour lui et pour tous ceux qui ne peuvent pas profiter de ses compétences particulières. – Christian Junod

Quand on estime ne pas avoir de valeur, c’est nous-même que nous volons !

3.La tendance montagne russe

La tendance montagne russe consiste à amasser et à se débarrasser (dans une sorte de déchirement intérieur). L’argent est associé à la fois à des projections positives et négatives. Quand la personne est en lien avec des projections positives, elle accumule; quand elle est en lien avec des projections négatives, elle repousse l’argent d’une manière ou d’une autre (de manière inconsciente).

Les personnes dans ce mouvement ont tendance à être souvent vers le zéro des finances malgré des effort pour économiser. La personne dans cette tendance se débarrasse de son argent pour des dépenses qui ne lui apportent pas de satisfaction particulière ou durable. Une fois l’achat effectué, la personne se demande pourquoi elle a effectué cet achat parce qu’elle n’y trouve ni utilité, ni plaisir.

Cette tendance est souvent liée à une histoire familiale difficile : quand la personne à tendance montagne russe peut économiser par mimétisme des parents et par recherche de sécurité intérieure puis, se voyant reproduire les comportements de ses parents, rejeter l’argent en le dilapidant (à cause d’un vécu d’enfant qui n’est pas en paix).

4.Le buffet à volonté (all inclusive)

La tendance buffet à volonté consiste à vouloir en avoir pour son argent au-delà du raisonnable. Christian Junod propose une comparaison avec les buffets all inclusive ou à volonté : comme c’est « gratuit », on mange trop… quitte à le « payer » en baisse de bien-être (lourdeur, ballonnement, crise de foie…).

Les personnes dans ce mouvement ont peur de se faire avoir, de se faire rouler, peur de manquer, peur de l’incertitude du lendemain.

Christian Junod propose une question clé pour une prise de conscience qui met un terme à ce comportement auto-destructeur : ai-je suffisamment d’amour pour moi pour faire passer mon bien-être avant mon argent ?

Des pistes pour plus de sérénité face à l’argent

Nous pouvons aiguiser notre conscience de ce qui se passe en nous dans les situations où l’argent, le lien à nous-mêmes et aux autres se mélangent.

  • Christian Junod explique qu’un retour vers notre passé pour gagner en sérénité face à l’argent est important pour au moins trois raisons :
  • l’attitude de nos parents face à l’argent a des répercussions sur la nôtre aujourd’hui. Il est utile de voir ce qui nous appartient et ce qui relève des croyances limitantes, d’habitudes inconscientes.
  • il y a dans l’histoire de certaines familles des événements marquants qui auront un impact sur des membres de la famille, parfois plusieurs générations après. Les connaître et limiter leur impact est particulièrement libératoire.
  • si nous souhaitons nous établir dans une activité professionnelle à notre compte, notre capacité à fixer un prix correct à une activité ou à un objet est en lien avec la valeur que nous nous donnons. Cette valeur s’est construite, ou non, principalement durant notre enfance.

Christian Junod propose plusieurs exercices à cet effet dont voici un aperçu  :

  • l’enfance

Parlait-on d’argent en famille dans mon enfance ? Est-ce que je sentais que c’était un sujet sensible ? Est-ce qu’on le montrait ou on le cachait ?

  • l’argent de poche

Est-ce que j’en avais ? Ai-je des souvenirs particuliers à ce sujet ? Est-ce que j’économisais ou je dépensais ?

  • ce qui se disait dans la famille  à propos de l’argent

Y avait-il des expressions favorites de la part des mes parents ? Qu’est-ce qui se disait de ceux qui avaient de l’argent : les riches ? Qu’est-ce qui se disait de ceux qui n’avaient pas d’argent : les pauvres ?

  • événements marquants en lien avec l’argent dans la généalogie

Y a-t-il eu quelqu’un qui a volé de l’argent ou pour de l’argent ? Y a-t-il eu de l’argent gagné de manière louche ou peu scrupuleuse ? Y a-t-il eu une spoliation ou une succession qui a mal tourné ? Y a-t-il eu des personnes dans la misère, qui ont souffert de la faim ? Y a-t-il eu une personne fortunée qui a mal tourné, un membre de la généalogie qui a dilapidé la fortune familiale ?

  • événements marquants en lien avec l’argent dans l’histoire personnelle

Ai-je fait faillite ? Ai-je volé de l’argent et en ai eu honte ? Ai-je dilapidé de l’argent ?

  • apprendre à dépenser en pleine conscience

S’il nous arrive d’entrer dans un magasin ou un centre commercial en sentant une furieuse envie d’acheter quelque chose sans avoir besoin de rien en particulier, nous pouvons lutter contre cette envie qui nous happe :

  • s’arrêter
  • respirer en pleine conscience (se concentrer sur l’air qui entre par les narines, sentir la poitrine se soulever puis le ventre gonfler, ensuite sentir le ventre se dégonfler, la poitrine se baisser et enfin  l’air sortir par les narines)
  • se poser des questions en pleine conscience :
    • que se passe-t-il en moi pour que j’aie une telle envie d’acheter quelque chose ?
    • est-ce que j’aurais tendance à vouloir compenser quelque chose à travers un achat ? (une frustration, un ras-le-bol, une déception, une tristesse, de la solitude, une récompense après une journée difficile, un état d’euphorie ?)
    • qu’est-ce qui me ferait du bien, de manière durable, pour retrouver un état intérieur plus paisible ? (par exemple : voir un.e ami.e, avoir du soutien, recevoir de l’empathie, me prendre un bon bain, célébrer ma réussite avec quelqu’un…)

Ce « pas de côté » avant de passer à l’acte d’achat permet d’éviter des dépenses inutiles ou de mettre plus de conscience au moment d’acheter quelque chose.

 

 

L’idée de ce travail sur soi est d’arriver à trouver un mouvement serein face à l’argent. Christian Junod écrit qu’au moment où nous avons confiance en la vie et en nous-mêmes, que nous nous sommes débarrassées des croyances et conditionnements inconscients, que nous sommes reconnectés à nos besoins vitaux, alors notre niveau d’argent va fluctuer en fonction de notre vécu, sans qu’on cherche à accumuler ou repousser (même inconsciemment) l’argent. Il y aura des périodes où nous aurons des succès et nous accumulerons car nous dépenserons moins que nous ne gagnerons (cela ne sera pas un but mais une conséquence). Puis, nous allons peut-être investir de l’argent dans un projet personnel ou professionnel, dans le projet d’autres personnes, nous allons peut-être nous endetter… Mais quelle que soit la situation financière, nous sentirons le même niveau de sérénité car, au fond de nous, nous savons qu’il y aura toujours assez, que nous sommes assez, que nous avons de la valeur en dehors de la quantité d’argent que nous possédons, que nous trouverons le soutien extérieur et les ressources internes nécessaires en cas de besoin.

……………………………………………..
Source : Ce que l’argent dit de vous: Interrogez votre relation à l’argent pour une vie plus sereine. de Christian Junod (éditions Eyrolles)

Vous aimerez aussi...

  • Argent, dépense, surconsommation : comment reprendre le pouvoir sur les dépenses (éviter les dépenses inutiles) ? Dans son livre Ce que l'argent dit de vous, Christian Junod propose des ressources théoriques et des exercices pour interroger notre relation à l'argent et se mettre au clair avec l'argent. Ainsi, face à…
  • Pour mettre au jour notre part d'ombre Deux types de parts d'ombre Christian Junod distingue deux types de parts d'ombre qu'on gagnerait à mettre au jour pour se les réapproprier : celles qu'on accepte de voir et qu'on est prêt à accueillir, celles dont on ne veut pas. Les premières…

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*