Il ne faut pas craindre la colère, moteur de changement et d’indignation

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Il ne faut pas craindre la colère, moteur de changement et d’indignation

La colère est indésirable d’un point de vue social et les gens croient que c’est une émotion qui ne devrait pas exister. Pourtant, c’est une émotion utile parce que c’est l’émotion des changements. Elle est le moteur des changements sociaux notamment.

La colère est un message nécessaire que nous envoie le corps mais qu’on sait mal décoder. Elle nous fait parfois faire et dire des choses que nous  regretterons après parce que le cerveau qui réfléchit est court circuité. Il n’y a plus le filtre qui permet les actes socialement acceptables et acceptés.

Toutefois, l’émotion de colère est différente de l’expression de la colère. Le problème n’est jamais l’émotion de colère en soi, mais la manière dont est manifestée la colère.

La colère est une réaction saine face à l’injustice, à l’impuissance, à l’échec, à la frustration, au constat de l’inertie. C’est l’émotion qui répare en cas d’échec ou de deuil et pousse à agir pour plus de justice. Parfois, la colère est comme une « deuxième » émotion parce qu’elle est induite par la peur (par exemple quand on s’énerve après quelqu’un qui a grillé un feu rouge).

La colère et la peur sont les deux plus grands moteurs de l’action et de la création humaine (par exemple, des oeuvres d’art qui dénoncent des injustices).

Une émotion est de l’ordre du réflexe physiologique : elle passe par le corps et est déclenchée involontairement. La colère a plusieurs dimensions : les sensations physiques (ex : coeur qui bat plus vite, gorge serrée, visage rouge…), l’intensité de l’émotion (agacé, énervé, excédé, en rage…), les pensées (ex : il le fait exprès, elle me prend pour un abruti…) et les tendances à l’action (ex : envie de frapper, de casser, d’insulter…).

L’expression de la colère peut quant à elle recouvrir différentes manifestations : constructive ou destructive, intériorisée/ réprimée ou explosive, colère rancune (rentrée mais ruminée) . Une colère explosive n’est pas un problème une fois dans une vie mais c’est la récurrence qui pose problème, à la fois dans les relations interpersonnelles mais aussi en matière de santé personnelle (AVC, problème cardiaque…).

Même à l’âge adulte, on peut apprendre à apprivoiser l’émotion de colère en la décodant en termes de sensations physiques, de mots traduisant l’intensité de l’émotion, de pensées à recadrer et de tendance à l’action à canaliser vers des actions constructives (pour servir des besoins – les siens ou ceux des autres – plutôt qu’agresser). En effet, le cerveau des enfants étant malléable et se construisant principalement par imitation, de nombreux adultes n’ont pris des habitudes qui mobilisent des comportements dysfonctionnels (colères explosives qui se confondent avec la violence, colère réprimée, rancune…).

Il est possible de manifester de la colère sans « engueuler » les gens en décrivant les injustices avec fermeté et indignation, en parlant de ce qui se passe en nous (sensations physique, intensité de l’émotion, besoins non satisfaits). Il ne faut pas avoir peur de la colère mais la considérer comme un moteur d’indignation.

Par ailleurs, les personnes en proie à des colères dévastatrices peuvent amorcer un travail sur la régulation des émotions en apprenant des techniques pour diminuer les effets de la situation stressante comme :

  • quitter physiquement la pièce,
  • préparer en amont ce qui va être dit,
  • s’affirmer en message Je en s’appuyant sur les émotions ressenties et les besoins insatisfaits,
  • travailler sur l’intention accordée à l’autre (recadrer les pensées).

Pour aller plus loin : Petit cahier d’exercices pour vivre sa colère au positif : utiliser l’énergie de la colère sans violence

exercices vivre sa colère au positif

 

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