La Communication Non Violente : s’embellir la vie dans la relation à soi et dans la relation aux autres

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La Communication Non Violente : s’embellir la vie dans la relation à soi et dans la relation aux autres

Les jugements détériorent les relations

En situation de stress, nous avons tendance à croire que nos émotions sont la faute de l’autre. Cela s’explique par le fait que notre cerveau reptilien prend le contrôle et active des réactions automatiques pour protéger l’organisme et assurer la survie : attaque, fuite ou prostration. Quand nous avons recours à l’attaque, nous sommes dans l’agressivité (critique, jugement, accusation, comparaison, voire coups physiques) au détriment de la relation. L’autre, par le même mécanisme de protection archaïque, va être amené à contre attaquer (ou à fuir ou à se prostrer mais à pas à coopérer, ou bien à à contre cœur… quitte à le faire payer plus tard sous forme de sabotage par exemple).

Nos habitudes de communication néfastes

La Communication Non Violente, telle que conçue par Marshall Rosenberg, nous invite à regarder nos habitudes de langage et les réactions qu’elles provoquent dans les relations. Il se trouve que tous les êtres humains détestent les jugements sous toutes les formes qui existent (comparaison, étiquette, critique…) et détestent encore plus les ordres et les exigences (en effet, on retrouve parmi les besoins fondamentaux des humains la liberté et l’autonomie).

Par ailleurs, les humains ont tendance à faire preuve de déni de responsabilité de leurs actes, de leurs émotions, de leurs paroles. Or ce déni de responsabilité conduit à accuser les autres de nos propres tourments.

La Communication Non Violente est un processus qui va justement partir de ces jugements de base pour les mettre au service d’une relation de qualité en les transformant.

Les composantes du processus de Communication Non Violente

Un temps de pause et d’auto empathie

La Communication Non Violente commence par un moment d’auto empathie. Faire preuve d’auto empathie, c’est prendre un temps avec soi-même pour écouter la réaction qui monte et l’écouter, quitte à penser à toutes les choses horribles qu’on aimerait faire ou dire. L’idée est de libérer l’énergie de colère sans pour autant le faire sur quelqu’un au risque de briser le lien et d’empêcher toute coopération. Une fois l’énergie libérée, le processus de la Communication Non Violente nous aide à faire le point en nous (dans un discours intérieur de clarification) :

  • qu’est-ce qui s’est passé exactement ?
  • qu’est-ce que ça me fait ? comment je me sens dans mon corps, dans ma tête, dans mon cœur (sensations et émotions) ?
  • de quoi mes émotions vives parlent-elles ? de quel ordre est-ce ?
  • qu’est-ce qui est important pour moi dans ce qui se passe là ?
  • quelles sont les valeurs sous-jacentes à mon comportement ?
  • qu’est-ce que je peux faire concrètement pour prendre soin de moi et satisfaire mes besoins ?

Ce moment de pause et d’écoute de soi va permettre d’identifier :

  • les déclencheurs (ce qui a été vu, entendu, perçu),
  • les sensations éprouvées dans le corps (boule d’angoisse, gorge sèche, envie de pleurer…),
  • les émotions ressenties (peur, colère, tristesse, jalousie, stress, honte, joie…),
  • les besoins non satisfaits et les valeurs importantes (besoin de sécurité financière, besoin d’empathie, besoin de compréhension, besoin de sens, besoin d’autonomie, besoin de sérénité…).

A partir de là, il est possible d’exprimer à l’autre ce qui se passe en nous à partir de soi (plutôt qu’à partir de l’autre) et à partir de demandes (plutôt qu’à partir d’ordres).

S’exprimer dans la relation

La Communication Non Violente nous invite à demander à l’autre s’il est prêt à entendre ce que nous avons à lui dire et à formuler des demandes négociables, avec une dimension temporelle précise

Exemples : Est-ce que tu es disponible maintenant ? Est-ce que tu serais d’accord pour faire cela dès cet après-midi ?

Les réactions de l’autre

Quand l’autre accède à la demande, il est possible de le remercier en faisant preuve de gratitude. La gratitude en Communication Non Violente passe par trois composantes :

  • les actes concrets qui ont contribué à notre bien-être,
  • les besoins que nous éprouvions et que ces actes ont satisfaits chez nous,
  • le sentiment de plaisir né de la satisfaction de ces besoins (ex : je sous tellement soulagée/ je suis reconnaissant).

Quand l’autre n’accède pas à la demande, il est possible de se mettre à son écoute en mode empathie. Cette empathie peut passer à nouveau par le même processus que celui de l’auto empathie :

  • refléter à l’autre ce qu’il a vu, entendu, perçu
  • refléter à l’autre ce que nous pensons qu’il a ressenti (ses émotions)
  • refléter à l’autre ce dont il a besoin
  • refléter à l’autre ce qu’il voudrait
  • demander confirmation à l’autre si c’est bien cela qu’il pense et qu’il éprouve

La Communication Non Violente, un processus qui s’apprend et s’inscrit dans un temps long

La Communication Non Violent est comme une nouvelle langue à apprendre et nécessite beaucoup de temps et de pratique. Apprendre la Communication Non Violente est comme une déprogrammation et une reprogrammation de nos habitudes de communication.

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Pour aller plus loin : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Marshall Rosenberg (éditions La Découverte)

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