Comprendre les dépendances affectives pour s’en libérer : apprendre à vivre des relations dans la gratuité des sentiments

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Comprendre les dépendances affectives pour s’en libérer : apprendre à vivre des relations dans la gratuité des sentiments

Dans son livre S’affranchir des dépendances affectives, Brigitte Allain-Dupré définit la dépendance adulte comme problématique quand cette dépendance s’organise dans la vie relationnelle autour d’un besoin qui prend le pouvoir sur le sentiment, qui, alors, n’est plus le moteur affectif de la relation.

La dépendance affective peut être la meilleure des choses pour établir un lien de confiance entre le bébé et son entourage, comme la pire d’entre elles quand elle sert l’asservissement des uns par rapport aux autres, les empêchant de jouir de la vraie liberté : celle d’être soi.

Ainsi, Brigitte Allain-Dupré rappelle que la dépendance affective est vitale aux bébés et aux jeunes enfants pour leur survie mais qu’elle doit progressivement faire place, de la part des parents, à une autonomie et une différenciation adaptée à l’âge des enfants, des adolescents et enfin des adultes qu’ils sont devenus.

Brigitte Allain-Dupré qualifie la dépendance qui consiste en une déviance de la gratuité du sentiment comme problématique parce qu’elle ne devrait plus d’actualité à l’âge adulte. S’il n’y a plus d’échange, mais des stratégies inconscientes de troc, alors il y a pathologie de la relation entre adultes (que ce soit en couples, dans la relation parents/ enfants devenus adultes ou toute autre relation). La dépendance devient même persécutrice quand l’attente du besoin n’est pas comblée.

La dépendance affective inscrit donc la relation dans un rapport de complémentarité qui n’est pas gratuit, comme l’échange de sentiments peut l’être. Il y a du besoin, de l’attente, bref, du pouvoir qui marque toujours plus ou moins discrètement le rapport de dépendance.

Pour Brigitte Allain-Dupré, la dépendance exprime l’inachevé du développement psychologique et constitue une relation en miroir, à soi-même dans l’autre. C’est la raison pour laquelle une réflexion sur cette relation de dépendance – qui peut-être nous habite – peut nous aider à nous situer par rapport à l’autre et à faire évoluer notre position intérieure, c’est-à-dire nous aider à grandir à partir de notre immaturité reconnue et acceptée, simplement.

6 points importants pour comprendre les dépendances affectives et s’en affranchir

 

Pour nous aider à nous libérer de la dépendance affective, Brigitte Allain-Dupré insiste sur plusieurs points importants :

  • s’engager dans un processus (parfois douloureux) d’individuation

L’individuation est un processus processus naturel auquel nous sommes tous invités. Le « deviens qui tu es » met l’accent sur la nécessité de se différencier des influences collectives et familiales pour assumer, c’est-à-dire mieux connaître, les forces et les faiblesses de notre personnalité. Ce processus nécessite d’accepter le silence et la solitude qui permettent de rentrer en contact avec la force et la beauté de notre intériorité la plus intime.

Lire aussi : Aimer son Enfant intérieur seul avec soi-même (et apprendre à supporter et aimer la solitude)

  • prendre la mesure de nos qualités et ressources psychologiques propres

C’est seulement à partir du moment où nous sommes capables de prendre la mesure de nos qualités et ressources psychologiques propres et de récupérer les énergies psychiques que nous prêtions aux autres, que nous pourrons enfin être suffisamment assurer de notre propre valeur en tant que personne. C’est ce processus qui pourra nous mener vers la possibilité de revendiquer un quelconque droit à penser, à ressentir et à désirer pour nous-même.

Lire aussi : L’estime de soi chez les adultes : comment la retrouver ?

  • questionner notre rapport au couple, à la relation amoureuse

Parfois, entre deux partenaires se noue une conjonction d’opposé au plan inconscient : ce dont chacun croit manquer, il le retrouve dans l’autre.

Parfois, l’un (ou les deux) partenaire demande reconnaissance à l’autre, comme s’il ne savait/pouvait pas s’en saisir lui-même.

Parfois, l’un (ou les deux) partenaire se met en position d’objet, à la fois pour avoir la paix et/ou pour ne rien ressentir, c’est-à-dire pour ne pas souffrir.

« Souvent, le partenaire distille sournoisement un dénigrement tranquille, moins visible, mais qui a un double effet : restaurer son estime de soi (il a raison sur tout et ses petits malheurs viennent de sa partenaire) et briser celle de son adversaire intime. Ainsi fragilisée, en perte de confiance, la victime ne trouve plus l’énergie nécessaire pour réagir. Le piège est d’autant plus redoutable que personne d’autre n’est au courant. » – Brigitte Allain-Dupré

Lire aussi : Comment éviter d’entrer dans un triangle dramatique (et de jouer des jeux psychologiques dangereux) ?

  • réfléchir à des questions existentielles sur nos blessures

Considérons-nous que nous avons besoin d’être sauvés ?

De quoi ?

De quelle blessure ?

Par qui – à part être sauvés par nous-mêmes ?

Comment formuler nos besoins de réparation le plus clairement possible pour les prendre nous-même en charge ?

  • prendre le temps de faire les deuils des ruptures affectives douloureuses

Brigitte Allain-Dupré explique qu’on ne peut remplacer un/une ex-partenaire au pied levé, sans réfléchir, sans avoir fait les comptes avec la précédente histoire et oser reconnaître ce qui nous appartient dans cette rupture. Pour cela, il faut du temps.

Le temps du deuil de la relation qui s’est terminée est aussi un temps d’acquisition d’une nouvelle autonomie. On peut découvrir qu’on est plus solide qu’on ne le pensait et que le besoin de l’autre n’est pas si fort. Dans ce temps de reconstruction, on peut justement découvrir qu’on n’a pas « besoin » de l’autre, mais qu’on peut désirer aimer et être aimé, ce qui est bien différent.

 

  • oser penser pour et par soi

Reprendre contact avec son vrai soi passe par des prises de conscience progressives en faisant l’expérience d’une vraie reconnaissance du sens et de la qualité qu’on peut donner à ses propres pensées et ressentis.

Une personne qui récupère une bonne estime de soi se donne le droit de penser, de désirer, de ressentir, d’associer pensée et intuition/ ressentis. Elle retrouve pour elle-même les valeurs de protection maternelle qui lui ont manqué et apprend à les mettre en œuvre.

Lire aussi : Avoir confiance en son corps

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Source : S’affranchir des dépendances affectives : briser ses chaînes et revivre de Brigitte Allain-Dupré (éditions Leduc.s). Disponible en librairie, en médiathèque ou sur internet.

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