Les dangers et les pièges de l’amour conditionnel « je t’aime si » (et comment en sortir)

dangers amour conditionnel

10 pièges résultant de l’amour conditionnel « je t’aime si »

Thomas d’Ansembourg mentionne 10 pièges résultant des conditionnements de l’éducation « je t’aime si » qui peuvent nous tétaniser, nous couper de notre élan vital, nous empêcher de nous aimer nous-mêmes. Or qui ne s’aime pas soi-même a beaucoup de mal à aimer les autres.

 

1. Les jugements

Les jugements sur soi, sur les autres, sur la situation ou encore sur la vie perturbent la communication.

Je suis un égoïste.

Je me devrais de…

Elle dépasse les bornes, elle agit toujours de cette manière, elle ne changera jamais. 

La vie est injuste. 

C’est de sa faute. 

Pour qui il se prend. 

 

2. Les croyances et préjugés

Les croyances et préjugés peuvent s’appliquer à soi, aux autres, à la situation ou à la vie.

Mes enfants ne vont pas y arriver seuls. Il faut que je…

Je ne suis pas capable de…

Il ne m’aimera pas si je ne fais pas ce qu’il me demande.

 

3. La pensée binaire

La pensée binaire s’exprime par des coupures. Par notre éducation, nous avons l’habitude de suivre une logique d’exclusion et de division : on est intellectuel ou manuel; on est poète ou ingénieur; on est pénible ou sage. Pourtant, on peut très bien être classique dans certains domaines ET novateurs dans d’autres, on peut très bien prendre soin de soi ET des autres en même temps.

Thomas d’Ansembourg nous propose de quitter la pensée binaire d’enfermement (ou/ou; soit/soit) pour entrer dans la pensée complémentaire de perspective (et/ et).

Pour prendre soin des autres, je ne dois pas prendre soin de moi.

Pour être à l’écoute des besoins des autres, je ne dois pas prendre du temps pour écouter et comprendre les miens.

Cette personne est belle, elle ne peut pas être intelligente. 

 

4. Le langage déresponsabilisant

Le langage déresponsabilisant se retranche derrière des rôles, des modèles, des « c’est comme ça qu’on a toujours fait ».

Il faut que…

C’est mon devoir de bon parent de…

Les enfants sont supposés…

En tant que bonne mère, je dois…

Pour aller plus loin : Pourquoi et comment remplacer l’expression « Il faut que… » ?

 

5. Faire plutôt que être

Je crois que je suis aimé pour ce que je fais, et non pas pour ce que je suis. 

Je devrais au moins faire ci, ou encore ça. 

Ce que j’ai fait suffit-il ?

6. L’insécurité affective

Quand l’amour est conditionnel, on finit par manquer d’estime de soi et par dépendre du regard d’autrui.

Je devrais faire ci ou ça. Sinon, qu’est-ce qu’on va penser de moi ? 

Est-ce que j’en fais assez ? 

Est-ce que c’est assez bien ? 

7. Le non accueil de notre différence et de notre spécificité

Tous les autres font comme ça. Donc ce n’est pas bien de faire autrement. 

On m’a toujours récompensé quand j’obéis et que je suis les règles même quand cela allait à l’encontre des mes besoins et de mes sentiments. C’est que mes besoins et sentiments sont anormaux. Je ne dois pas les écouter et encore moins les suivre. 

 

8. La difficulté à dire et entendre non

Quand je dis oui alors que je pense non, je me sens coupable vis à vis de moi-même de ne pas me respecter. 

Quand je dis non alors que je pense non, je me sens coupable vis à vis de l’autre parce que ce n’est pas gentil pour lui.

Quand j’entends non de la part de l’autre, je me sens coupable vis à vis de lui parce que je n’aurais pas dû lui adresser ma demande, je l’ai dérangé et il va m’en vouloir. 

Quand j’entends non de la part de l’autre, je me sens aussi coupable vis à vis de moi parce que je m’écrase tout de suite sans oser poursuivre l’échange fermement et sereinement. 

 

9. La difficulté à cohabiter avec nos sentiments agréables et désagréables

Nous avons du mal à comprendre et à accepter des sentiments parfois contradictoires. Thomas d’Ansembourg écrit : « Nous nous jugeons souvent coupables lorsque nous nous sentons partagés entre des sentiments et des besoins pas faciles à vivre en même temps ».

Je ne peux pas me réjouir que mon couple aille bien puisque ma meilleure amie divorce ou que mon père est gravement malade.

 

10. L’impression de faillir à nos devoirs

Nous nous jugeons souvent coupables lorsque nous avons l’impression d’avoir « failli à notre devoir », c’est-à-dire lorsque nous sommes dans la confusion par rapport à nos responsabilités et à celles des autres. Nous avons été éduqués de manière à nous sentir confusément responsables des sentiments et des besoins de l’autre.

De quoi suis-je vraiment responsable ? 

Est-ce que j’assume cette responsabilité ?

De quoi l’autre est-il responsable ?

Est-ce qu’il assume cette responsabilité ?

 

Comment sortir des pièges de l’amour conditionnel (et de la culpabilité qui en résulte) ?

  • Sortir de la notion de devoir pour la remplacer par la notion de choix et de besoin

Thomas d’Ansembourg écrit : « La notion de devoir est une expression souvent sèche et austère de ce qui est, au fond, un élan du coeur, un besoin profond de responsabilité, de réciprocité et de partage, un besoin de prodiguer de l’amour, de contribuer au bien être des autres et d’assumer les conséquences de l’exercice de notre liberté de choix. »

Nous ne travaillons pas par devoir, mais bien par amour de la sécurité matérielle, du confort, parce que nous voulons contribuer à notre communauté et au bien être de nos proches, même si nous ne faisons peut-être pas le métier dont nous rêvons.

Nous ne prenons pas soin de nos enfants ou de nos parents par devoir, mais bien par goût d’assumer la responsabilité que nous avons prise de faire des enfants et de manifester respect et sollicitude à nos parents.

 

  • Changer notre langage et opter pour un langage d’ouverture à soi & aux autres

expressions-pour-souvrir-aux-autres

Thomas d’Ansembourg propose de supprimer « Il faut que » de notre langage et d’utiliser plutôt les expressions par « je choisis de » ou encore « j’ai profondément à coeur de ».

En utilisant l’expression « pour le moment » , nous gardons en mémoire que tout est toujours mouvement : il y a de la place pour plus tard… je n’y suis pas encore arrivé mais j’y arriverai. 

Thomas d’Ansembourg nous propose de quitter la pensée binaire d’enfermement (ou/ou; soit/soit) pour entrer dans la pensée complémentaire de perspective (et/ et).

Pour aller plus loin : 3 expressions clés pour s’ouvrir à soi-même et aux autres.

 

  • Mettre en cohabitation nos besoins apparemment contradictoires

Nous avons besoin d’apprendre à faire cohabiter nos besoins pacifiquement, hors de la pensée binaire (soit/soit).

Je peux être loyal et respectueux envers l’autre ET je peux être loyal et respectueux envers moi-même.

 

  • Faire un travail de clarification des responsabilités respectives

Il s’agit de démêler ce qui nous appartient et ce qui ne nous appartient pas.

Mon père/ ma mère a fait tel choix, je fais tel autre choix. Nous sommes chacun libres et responsables; et cela ne veut pas dire que nous ne nous aimons pas ni que nous ne nous respectons pas, bien au contraire.

……………………………………………………………………………………………………….

Source : Être heureux ce n’est pas nécessairement confortable – Trouver le bonheur et non ce que l’on croit être le bonheur de Thomas d’Ansembourg

Commander Être heureux ce n’est pas nécessairement confortable sur Amazon.

Thomas d’Ansembourgs’est toujours intéressé aux relations humaines. Animateur au sein d’une association pour jeunes en difficulté, il s’est rapidement tourné vers la psychothérapie et enseigne la communication non-violente. Non, être heureux n’est pas nécessaire à notre épanouissement. Cela peut même être, paradoxalement, un frein à notre véritable bonheur. Loin des discours formatés, et du diktat du  » pour être heureux, soyez heureux « , cet ouvrage vous indique comment éviter les pièges antibonheur. Une méthode pratique pour prendre conscience des difficultés de la vie, analyser leurs mécanismes, et les surmonter.

Enregistrer

Enregistrer

Vous aimerez aussi...

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*