Quand nous déconnectons notre sens critique pour nous couler dans le moule (et comment l’éviter)

Quand nous déconnectons notre sens critique pour nous couler dans le moule

Quand nous déconnectons notre sens critique pour nous couler dans le moule (et comment l’éviter)

Stanley Milgram, à travers une célèbre expérience, a mis au jour le processus de l’obéissance. Cette expérience consistait à demander à des sujets de participer à une étude au cours de laquelle ils  faisaient subir des décharges électriques à des comédiens (sans que les premiers sachent que les deuxièmes étaient des comédiens). Les décharges électriques devaient être appliquées au motif de vérifier les capacités d’apprentissage des personnes auxquelles les sujets posaient des questions simples  (les sujets envoyant une décharge quand la personne qu’ils contrôlaient se trompait).

En réalité, le véritable cobaye n’était pas la personne à laquelle on faisait subir des décharges électriques (les comédiens), mais les sujets qui appuyaient sur le bouton et dont Milgram voulait mesurer le degré d’obéissance à l’autorité. Dans la pratique, le « professeur » demande à l’ « élève »  de mémoriser une liste de mot et, à chaque erreur, lui envoie une décharge électrique de plus en plus forte. Une personne de l’équipe de Stanley Milgram était également présente en tant qu’expérimentateur. Quand le « professeur » cobaye hésite, l’expérimentateur, qui représente l’autorité, lui demande de poursuivre.

Au cours de cette expérience, 25 personnes sur les 40 participants ont administré la décharge maximale à l’ « élève », à savoir 450 volts. Même si le cerveau des « professeurs » produisait des hormones de stress, se traduisant notamment par des sueurs et du bégaiement, ils faisaient quand même ce qui leur était ordonné par l’expérimentateur, figure d’autorité.

Dans certaines situations, notre cerveau nous indique que nous devons ne pas tenir compte de ce que nous avons appris afin de nous couler dans le moule et d’adopter les règles et les attentes partagées du plus grand nombre. Pourtant, cela ne se fait pas toujours à bon escient. Nous pouvons l’éviter en étant vigilants au contexte.

Il faut être particulièrement sur ses gardes si l’on travaille dans un groupe restreint très soudé et auquel on tient particulièrement. Dans ce cas précisément et de façon inconsciente, on peut garder pour soi des opinions et des informations qui peuvent heurter les autres. Si, en plus, on travaille dans le stress, isolé des opinions extérieures et avec un chef très charismatique, on est particulièrement exposé.

Les signaux d’alarme devraient se mettre à clignoter si nous observons qu’il est demandé à ceux qui expriment des doutes sur un projet de garder le silence et de rentrer dans le rang. C’est mauvais signe pour un groupe quand on constate que l’on s’auto censure. Peut-être qu’au sein d’un groupe, plusieurs personnes ont des suggestions qui pourraient améliorer le projet commun, mais elles ne protestent pas de crainte d’être exclues. L’auto censure crée une illusion d’unanimité qui peut conduire à ce qu’in fine, personne n’ose présenter des contre-arguments.

Ayez cela en tête la prochaine fois où il faudra choisir entre avaler encore une couleuvre pour ne pas casser l’ambiance ou afficher vos propres opinions – Kaja Nordengen

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Source : Mon cerveau superstar de Kaja Nordengen (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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