La dimension sociale du stress (et les effets délétères des relations sociales négatives et de l’isolement sur la santé)

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La dimension sociale du stress (et les effets délétères des relations sociales négatives et de l’isolement sur la santé)

 

Dans son livre Cultiver l’intelligence relationnelleDaniel Goleman écrit que les relations émotionnellement toxiques constituent un facteur de risque pour la santé humaine aussi important que le tabagisme, l’hypertension artérielle ou le cholestérol, l’obésité et l’inactivité physique.

Nos relations sociales interviennent de deux façons :

  • soit elles amortissent les effets de la maladie,
  • soit elles intensifient les ravages de l’âge et de la maladie.

Les données scientifiques mettent clairement les relations sociales au nombre des facteurs de risque même si elles ne représentent qu’une partie du problème (d’autres facteurs de risque, de la prédisposition génétique au tabagisme, jouent également un rôle).

La qualité et la présence des relations que nous entretenons avec les autres nous influencent, pour le meilleur ou le pire.

Daniel Goleman cite plusieurs études  pour illustrer la dimension sociale du stress :

  • Une étude de personnes âgées hospitalisées à la suite d’une défaillance cardiaque a montré que l’absence d’un soutien émotionnel multipliait par trois le risque de récidive entraînant une nouvelle hospitalisation.
  • Parmi des hommes dont le traitement pour une maladie coronarienne impliquait de passer une angiographie, ceux dont l’entourage ne les soutenait pas avaient environ 40% d’obstructions de plus que ceux qui étaient entourés d’affection.
  • Des chercheurs travaillant sur l’ADN de mères s’occupant d’un enfant malade chronique ou handicapé ont montré que plus elles avaient dû subir cette charge sans se sentir soutenues par leur entourage, plus elles vieillissaient au niveau cellulaire (l’âge biologique de ces mères était, en moyenne, de dix ans supérieur à celui d’autres mères du même âge chronologique).

En général, nous avons besoin d’un taux modéré de cortisol qui joue le rôle de « combustible » pour notre métabolisme et contribue à réguler le système immunitaire. Mais si le taux de cortisol reste trop élevé pendant une période prolongée, le corps en subit les conséquences. La sécrétion chronique de cortisol (et d’autres hormones du stress) intervient dans les maladies cardiovasculaires et les troubles de la fonction immunitaire, exacerbe le diabète et l’hypertension et détruit même des neurones de l’hippocampe (siège de la mémoire).

L’impact neuronal d’un taux trop élevé de cortisol est triple :

  • l’hippocampe, diminué, apprend n’importe comment, généralisant la crainte à des détails non pertinents
  • les circuits de l’amygdale (siège des émotions) est hyper réactive
  • l’aire préfrontale ne parvient plus à moduler les signaux de l’amygdale (en permettant la mise en perspective, l’auto régulation ou encore la recherche de solution).

Il en résulte que l’amygdale répond à des stimuli anodins par de la peur intense.

Dans le lien causal entre stress et santé, les systèmes biologiques essentiels sont les systèmes nerveux sympathiques (SNS) et l’axe hypothalamus, glande pituitaire surrénale (HPA). Quand nous sommes sous tension, le SNS et l’axe HPA font face en sécrétant des hormones qui nous préparent à affronter la situation d’urgence ou de danger. Mais pour ce faire, elles détournent des ressources des systèmes immunitaires et endocrinien, entre autres. Ces systèmes essentiels à notre santé sont donc affaiblis, pour quelques moments ou durant des années. – Daniel Goleman

Les modifications physiologiques associées aux bons et aux mauvais moments ponctuels d’une relation n’ont pas d’impact délétère à long terme. Les problèmes apparaissent que la relation toxique ou l’isolement s’installent pendant des années. Des niveaux de stress biologique peuvent alors accélérer le déclenchement d’une maladie ou en aggraver les symptômes.

L’influence d’une relation donnée sur notre santé dépendra de la somme totale de ses effets bénéfiques ou toxiques au cours des mois et des années. Et plus nous sommes fragilisés – par un début de maladie, les suites d’une crise cardiaque, ou par l’âge -, plus l’impact de nos relations sur notre santé sera puissant. – Daniel Goleman

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Source : Cultiver l’intelligence relationnelle de Daniel Goleman (éditions Pocket). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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