Le double vaccin anti-bonheur

vaccin anti bonheur

Le double vaccin anti-bonheur

Thomas d’Ansembourg, formateur en Communication Non Violente et auteur de plusieurs livres autour de la communication interpersonnelle, considère que nous sommes tous pris en cisaille entre deux injonctions contradictoires :

  • d’une part, on nous fait comprendre qu’on n’est « pas là pour rigoler »,

  • d’autre part, on nous enjoint au bonheur : « il faut être heureux avec ce qu’on a ».

Thomas d’Ansembourg parle de piège : quand on vit un moment difficile, la première injonction (« on n’est pas là pour rigoler » et ses corollaires « on n’a rien sans rien », « il faut ce qu’il faut », « tout se mérite », « c’est comme cela qu’il faut assumer mon rôle de parent/ employé.e ») coupe du ressenti interne, de la vulnérabilité et de l’auto compassion. On aura alors tendance à serrer les dents et à poursuivre dans l’action pour ne pas risquer de trop ressentir (au risque de se priver des enseignements que cette situation difficile aurait pu apporter). A pédaler toujours plus et toujours plus vite, on perd l’opportunité d’entendre la petite voix qui nous assure que nous nous égarons.

La deuxième injonction coupe définitivement de cette intériorité et de cette vulnérabilité. « Il faut être heureux avec ce qu’on a » empêche de nous questionner sur ce que nous sommes, sur ce qui nous nourrit intérieurement, sur le sens profond de la vie. Tout se passe comme si nos modes de vie épuisants et décentrés, parce qu’ils nous apportent un certain confort matériel et une certaine position sociale qui sont confondus avec le bonheur dans nos sociétés, nous conduisaient à nous mentir à nous-mêmes : « Je suis heureux.se avec ce que j’ai et de toute façon, il n’y a pas d’autre solution : il faut bien gagner sa vie ».

Thomas d’Ansembourg nous invite alors à remplacer le faire par de l’être : pour lui, toutes nos actions (travailler, se marier, prendre soin de quelqu’un…) n’ont de sens qu’à partir du moment où cela favorise notre paix intérieure. La difficulté et la souffrance sont à prendre comme des indicateurs annonçant une phase de transformation, « des signaux indiquant qu’il s’agit de se métamorphoser, d’ouvrir son coeur ». Thomas d’Ansembourg rappelle qu’il n’y a aucune récompense à espérer pour avoir endurer la difficulté ou la souffrance indéfiniment.

Ainsi, nous gagnerions à changer de paradigme :

  • l’apitoiement narcissique (« il faut être heureux avec ce qu’on a ») peut devenir de l’écoute de soi, de l’accueil des émotions, de l’acceptation de la vulnérabilité, de alphabétisation émotionnelle;

  • le temps supposé perdu (« on n’est pas là pour rigoler ») peut devenir un silence ressourçant, contemplatif dans un espace temps méditatif et solitaire.

Thomas d’Ansembourg parle de poupées russes pour décrire nos besoins : nous sommes tous animés par des besoins fondamentaux (besoin physiologiques, besoin de sécurité financière, besoin de paix, besoin de sens et de compréhension, besoin d’autonomie, besoin de créativité, besoin de liberté, besoin de contribution, besoin d’appartenance, besoin d’amour…). Nous sommes souvent bloqués au niveau des poupées creuses, celles qui attendent d’être remplies par la poupée suivante. Par exemple, nous pouvons créer une vie de couple, des relations sociales, un emploi pour combler les besoins d’amour, d’appartenance, de reconnaissance ou encore de sécurité. Mais quelque chose peut rester creux et nous n’en avons souvent pas conscience. Une partie de nous demeure insatiable : quoique nous fassions, cette partie n’est jamais apaisée parce qu’elle n’est pas nourrie de l’intérieur.

Ainsi, on comprend que c’est la qualité de présence à soi qui conditionne la capacité à ressentir de la joie, à se sentir en plénitude. C’est seulement à partir du moment où nous sommes capables d’être sans faire que nous devenons ouverts à la joie et au bonheur véritable. Ne rien faire, cela s’apprend :).

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Source : Du Je au Nous : l’intériorité citoyenne (le meilleur de soi au service de tous) de Thomas d’Ansembourg (éditions ). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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