Les étapes d’une vraie transformation intérieure, authentique, consciente et éthique

étapes transformation intérieure

Les étapes d’une vraie transformation intérieure, authentique, consciente et éthique

Dans son livre Du Je au Nous, Thomas d’Ansembourg partage le processus de transformation intérieure qu’il a lui-même vécu et qu’il a remarqué chez ses patients en tant que thérapeute formé à la Communication Non Violente.

  • L’identification et le démantèlement des croyances négatives inconscientes

Notre façon d’évaluer ce que nous vivons peut être source d’une telle détresse que cela peut nous faire perdre l’élan vital (impuissance apprise). S’entraîner à voir les choses autrement, à remettre en question nos pensées sera utile pour apaiser nos souffrances. – Stéphanie Hahusseau

Dans son livre Tristesse, peur, colère : agir sur ses émotions, Stéphanie Hahusseau mentionne sept façons de se faire mal en déformant la réalité. Ces façons de se faire mal sont des « distorsions cognitives » : nous interprétons et déformons la réalité objective. Les distorsions cognitives nous conduisent à être davantage triste, en colère ou apeuré. Tristes, nous avons tendance à penser tristes : nos émotions nous font penser automatiquement dans le sens de ce que nous ressentons et nos pensées négatives amplifient nos émotions. Quand on déforme la réalité, on accentue la peur, la colère ou la tristesse.

1.Inférence arbitraire

C’est tirer des conclusions sans preuve.

2.Abstraction sélective

C’est retenir un détail et oublier l’essentiel. On ne retient que l’expérience négative en oubliant de prendre en compte le reste de la journée qui s’est bien passé.

3.Surgénéralisation

C’est faire une règle d’un événement isolé; c’est utiliser des mots comme « toujours », « jamais », « personne », « tout le monde », « les gens », « chaque fois que… ».

4.Minimalisation des réussites

C’est attribuer la raison d’un succès à une cause externe (les autres n’étaient pas en forme, il y avait peu de concurrents…), c’est penser qu’une réussite ne peut pas durer ou qu’elle est une exception non reproductible.

5.Maximalisation des échecs

C’est transformer la déception en découragement et en impuissance (« c’est ma faute », « ça ne changera jamais », « je suis nul.le »)

6.Personnalisation

C’est penser que tout ce qui se passe autour nous est adressé personnellement

7.Pensée dichotomique

C’est raisonner sans nuance : tout ou rien, noir ou blanc.

Des ressources pour dépasser les croyances négatives et limitantes :

Les distorsions cognitives : 7 façons de déformer la réalité qui nous rendent malheureux (et comment les dépasser)

Un exercice pour en découdre avec nos pensées négatives

 

  • L’identification et la réconciliation des parties divisées par les mécanismes de pensée binaire

Par notre éducation, nous avons l’habitude de suivre une logique d’exclusion et de division : on est intellectuel ou manuel; on est poète ou ingénieur; on est pénible ou sage. Pourtant, on peut très bien être classique dans certains domaines ET novateurs dans d’autres, on peut très bien prendre soin de soi ET des autres en même temps.

La vie est plus riche et colorée que ce que nos croyances veulent nous faire croire.

Thomas d’Ansembourg nous propose de quitter la pensée binaire d’enfermement (ou/ou; soit/soit) pour entrer dans la pensée complémentaire de perspective (et/ et) :

ET j’ai besoin d’être en relation avec l’autre, ET j’ai besoin d’être en relation avec moi. Pas une relation avec l’un ou l’autre, mais une relation avec l’un ET l’autre.

Pour prendre soin des autres, je dois être capable de prendre soin de moi.

Pour être à l’écoute des besoins des autres, je dois prendre du temps pour écouter et comprendre les miens.

Pour apporter respect et bienveillance aux autres, jusque dans ses contradictions, je dois m’apporter à moi-même respect et bienveillance et même accepter mes propres contradictions.

Dans le chemin vers l’autre, nous ne pouvons pas faire l’économie du chemin vers soi.– Thomas d’Ansembourg

Cette pensée complémentaire nécessite de bien connaître nos propres besoins et de comprendre ceux des autres afin d’arriver à une solution créative qui comble les besoins des uns ET des autres.

Tant que nous n’avons pas conscience de nos besoins, nous avons peu d’aisance pour en parler, et encore moins pour les négocier avec l’autre, nous en arrivons donc à imposer nos solutions, à nous soumettre à celle des autres, ou encore à adopter toutes sortes de compromis entre ces deux extrêmes de la domination-soumission.

L’importance d’identifier tous les besoins quand il y en a plusieurs en jeu est capitale : ce n’est pas le plus urgent ou le plus évident qui doit primer et s’imposer. C’est en constatant que cohabitent en nous plusieurs besoins qu’on peut réagir à la situation sans pour autant fermer la relation.

 

  • L’apprivoisement de multiples peurs

La peur vient nous faire des mises en garde, elle nous invite à la vigilance dans l’action, pas à la tétanie ni à la prostration. La peur est notre chien de garde, notre sentinelle. Si nous avons peur de notre chien de garde, alors nous ne sommes plus maîtres chez nous, nous ne nous habitons plus, nous sommes en territoire occupé, habité par la peur. […] Nous sommes alors habités par notre peur au lieu de cohabiter avec elle. – T. d’Ansembourg

Thomas d’Ansembourg écrit que nous ne pouvons pas faire l’économie de la peur dans nos vies (ni de la colère d’ailleurs !). Il propose de définir 3 types de peurs afin de pouvoir les dépasser en nous mettant à l’écoute de notre élan vital :

1. la peur circonstancielle

2. la peur essentielle

3. la peur existentielle

Thomas d’Ansembourg nous invite à découvrir successivement nos 3 types de peurs afin de les apprivoiser et de les côtoyer pour cheminer vers une émancipation profonde. Plus nos reconnaissons nos peurs, plus nous sommes amenés à nous rapprocher de notre plénitude perdue, moins il y a de nostalgie de cette plénitude, plus il y a l’ardent désir d’avancer et de traverser les obstacles.

Pour aller plus loin : Les 3 types de peurs que nous pouvons utiliser pour nous transformer et nous émanciper (ou comment faire de nos peurs une force)

 

  • Le retrait des projections sur les autres

Une des croyances limitantes qui nous fait le plus de mal est celle qui consiste à croire que nous avons du pouvoir sur ce que les autres pensent de nous, ressentent pour nous et sur leur conduite à notre égard.

Les comportements « extorqueurs » (comme les reproches, les menaces, le chantage) proviennent de la croyance que nous pouvons faire en sorte que les autres nous apprécient.

Nous avons toujours le choix de nos propres croyances, de nos intentions, de nos actes et de nos réactions. Nous n’avons pas le choix des croyances, des intentions, des actes et des réactions des autres. – Margaret Paul (autrice de  Renouez avec votre enfant intérieur )

Dans ce processus, il est capital de comprendre où commencent et où s’arrêtent nos choix :

  • si nous croyons que nous ne faisons que réagir aux autres, nous nous percevons comme des victimes et nous considérons que nous n’avons pas le choix.
  • si nous croyons que nous avons le pouvoir sur les sentiments et le comportement des autres, nous devenons dominateurs.

Nous ne choisissons pas les comportements des autres, mais nous pouvons choisir nos propres croyances et nos réactions. Personne d’autre que nous-même ne détient la responsabilité de nos sentiments et de nos comportements.

Tant que nous ne serons pas prêts à endosser la pleine responsabilité de nos choix et de nos intentions, d’où découlent nos sentiments et nos comportements, nous nous condamnons à rester des victimes.

En ce sens, Margaret Paul et Thomas d’Ansembourg rejoignent la CNV (Communication Non Violente) : je suis responsable de mes réactions et c’est dans mon intérêt de mieux connaître mes croyances et d’identifier mes besoins.

 

  • La dissolution de la culpabilité

La culpabilité est saine quand elle amène à un changement motivé par l’éthique, la conscience de ce qui est juste. La culpabilité qui découle de croyances de ce type n’est pas saine :

  • Les problèmes des autres sont plus graves que les miens et c’est moi qui en suis responsable.
  • Je dois me sentir coupable quand les autres se sentent blessés ou frustrés à cause de quelque chose que j’ai fait sans intention de leur faire du mal.
  • Je dois me sentir coupable quand je suis heureux et que les autres ne le sont pas (ou moins).
  • Je dois sacrifier mes besoins pour être aimé.
  • Tout est ma faute. Je suis responsable de ce que ressentent les autres.

La croyance que nos problèmes ne sont pas aussi importants que ceux des autres peut engendrer des comportements manipulateurs comme le sauvetage ou l’excès de sollicitude ou encore le paternalisme.

La culpabilité saine est celle qui nous incite à mesurer que le mal que nous avons pu faire, à demander pardon et à faire attention à ce que nous dirons et ce que nous ferons à l’avenir. La clé est d’utiliser cette culpabilité pour changer et être la personne qu’on voudrait être.

La culpabilité saine nous amène à l’éveil à la responsabilité véritable et personnelle.

 

  • La compréhension des vrais besoins fondamentaux masqués par les désirs changeants

La Communication Non Violente nous renseigne sur les  besoins fondamentaux qui nous animent tous.

besoins communication non violente

A la lecture de cette liste, on comprend que les besoins et les envies ne sont pas la même chose. Les désirs se distinguent des besoins dans le sens où les premiers peuvent se parler et être satisfaits sur un mode imaginaire.

Les désirs ou envies peuvent masquer les besoins : c’est notre responsabilité de révéler les besoins exprimés derrière un désir (besoin de réalisation personnelle, besoin de contact, besoin de créer… ?). Le propre du désir est d’être entendu, partagé, relié à l’ensemble de nos interrogations.

 

  • Le travail des deuils refoulés

Honte, culpabilité, croyances négatives sur soi sont des résidus d’émotions anciennes restées bloquées en soi. Il est important de retrouver l’événement ou la situation qui a pu engendrer ces sentiments et d’exprimer les colères, peurs, douleurs et/ou tristesses refoulées. Un véritable travail de deuil des manques et de guérison des blessures a besoin de prendre place. – Isabelle Filliozat (psychothérapeute)

Pour aller plus loin : Guérir de son passé, libérer les émotions bloquées

 

  • L’accueil concomitant de l’élan de vie

Thomas d’Ansembourg insiste sur l’alternance dans la vie :

L’alternance dans la vie n’est pas un accident; c’est l’ingrédient même de la vie, sa structure. La vie m’apparaît de plus en plus comme un rébus à déchiffrer. 

Les erreurs et les malheurs font partie de la vie. Rien n’est donc figé et tout finit par recommencer.

Accueillir l’élan de vie, c’est se rendre sensible et présent à ce que l’on ne regarde plus, se laisser toucher par le quotidien, inviter le monde en nous. Il n’y a que trois conditions : le vouloir, le permettre et le faire.

C’est également comprendre que le bonheur est indissociable du malheur. La vie ne manquera pas de nous confronter au tragique et au désarroi, alors autant ne pas rêver ou fantasmer sur un bonheur parfait et permanent. Mais appendre à savourer le bonheur par petits bouts, préserver les petits bonheurs même et surtout dans l’adversité.

 

  • Le déploiement généreux et enthousiaste des talents personnels

Pour Ken Robinson, pédagogue anglais, trouver notre élément est le voyage d’une vie et participe à transformer nos vies.

C’est un voyage dont on ne connaît pas vraiment la destination. Mais on choisit de partir quand même, avec détermination convaincu qu’on va y arriver à force de persévérance, si l’on reste ouvert à de nouvelles possibilités. C’est un réalité une quête double  :

  • un voyage intérieur pour en apprendre plus sur soi
  • un voyage extérieur pour en apprendre plus sur le monde qui nous entoure

Dans son livre L’Élément, Ken Robinson définit la notion d’Élément comme « le point de rencontre entre nos talents et nos passions. » Quand on fait quelque chose qu’on aime, on se sent véritablement nous mêmes, le temps passe plus vite, on a l’impression d’être plus vivants, on se relie à sa motivation, on est bien tout simplement.

Ken Robinson parle de l’Élément au singulier mais cette notion peut recouvrir plusieurs activités. Tout le monde peut trouver son Élément, personnel et unique. Aucune personne sur Terre n’est dépourvue de talent ou de passion.

Nul ne peut échapper au fait d’être intéressant. – Erving Polster (psychologue)

Trouver son Élément nous permettra de nous épanouir davantage, de vivre des moments qui approchent la perfection. Le simple fait de découvrir la ou les choses que l’on fait naturellement bien et qui attise notre passion en même temps divise la vie en avant et en après. Trouver son Élément et l’accomplir effectivement permet d’atteindre un haut niveau de satisfaction et de réussite.

Plus on se sent vivant et « dans son élément », plus on peut apporter dans la vie des autres.

 

  • Une perception grandissante que nous sommes guidés par une bienveillance invisible à laquelle nous acceptons de nous abandonner de plus en plus

Nos élans d’affection pour nos proches et moins proches gagnent à être exprimées par des gestes et des paroles. Mais ils peuvent aussi s’accomplir dans le secret de notre intériorité : prendre le temps de ressentir l’amour, la sympathie, la gratitude et toutes les émotions d’affection enracinées dans notre corps. Cela va tout changer.

 

Ce processus de transformation intérieure permet progressivement de ressentir la paix intérieure et la confiance nécessaire pour renoncer à des choix qui ne nous nourrissent plus et pour transformer notre vie sur tous les plans (consommation, relations amicales et amoureuses, profession, engagement politique/ associatif/ humanitaire, lieu de vie…).

Ce processus nécessite du temps et chacun chemine à son rythme, selon son niveau de conscience, sa volonté et ses capacités (qui dépendent de l’histoire familiale, de l’entourage proche…). Ce processus d’expériences à vivre doit provenir de l’intérieur et engage tout l’être. Il peut être à la fois douloureux et source d’un bonheur pérenne :

  • cicatriser les blessures du coeur
  • traverser les deuils
  • rendre la colère transformatrice et réparatrice (plutôt qu’accusatrice et explosive)
  • nourrir l’estime de soi
  • trouver son élément, son talent, sa passion et l’élan de suivre ses rêves
  • se maintenir dans la compassion (envers soi, les autres, le vivant, la Terre…)
  • s’abandonner dans la confiance

Ce processus de transformation repose sur l’intériorité : cultiver une intériorité perçue comme une ressource riche de transformation personnelle et sociale.

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Source :Du JE au NOUS : l’intériorité citoyenne, le meilleur de soi au service de tous de Thomas d’Ansembourg (éditions de l’Homme). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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