Un rapport plus écologique à la mode : acheter mieux et moins pour sa garde-robe

garde robe écologique

Un rapport plus écologique à la mode : acheter mieux et moins pour sa garde-robe

Dans son livre Les secrets de la licorne : Minimalisme et résilience : vers une transition écologique, Géraldine Rémy rappelle que l’industrie de la mode a un impact social et environnemental désastreux. Elle nous interroge : peut-on imaginer autant de souffrances et de morts pour renouveler sa garde-robe ?

Géraldine Rémy propose quelques conseils pour acheter moins et mieux et se constituer une garde robe écologique :

  • Acheter en seconde main

Acheter en seconde main n’a que des avantages : vêtements moins chers, moins de ressources naturelles consommées, moins de transport.

C’est d’autant plus faciles de nos jours avec la multiplication des brocantes, vides greniers ou vides maisons, des friperies ou encore des vides dressings. Le troc est de plus en plus répandu également (je troque moi-même la plupart des vêtements de ma fille).

  • Opter pour des coupes simples et intemporelles

La mode se démode par nature ! Pourtant, certaines pièces restent chics avec le temps, comme une petite robe noire, les jeans de qualité, les T-shirts blancs ou encore les blasers noirs. Les couleurs unies et neutres ont moins tendance à se démoder.

Les vêtements simples peuvent être accessoirisés pour une touche mode (accessoires achetés d’occasion ou troqués 🙂 ).

  • Privilégier les matières écologiques

L’idéal est de supprimer les matières synthétiques qui, à chaque lavage, libèrent des molécules polluantes. Mieux vaut privilégier les matières durables et naturelles (lin, chanvre, laine, coton bio).

  • Ne garder que les pièces qu’on adore et qu’on porte souvent

Plusieurs options s’ouvrent dans cette perspective : faire un grand tri et ne garder que les vêtements à sa taille et porté dans les 6 derniers mois; faire sortir une pièce à chaque achat (dans l’idée 1 vêtement entre = 1 vêtement sort); opter pour une garde robe capsule (ou minimaliste).

Le concept de la garde robe minimaliste est apparu aux débuts des années 1970 grâce à l’anglaise Susie Faux (propriétaire d’une boutique de vêtements). Ce concept s’articule autour de l’idée d’avoir des ensembles de pièces faciles à assortir et combiner entre elles. Il permet également de faire des économies et s’inscrit parfaitement dans une démarche Zéro Déchet.

Il s’agit de ne conserver que des pièces essentielles et intemporelles, faciles à assortir et à combiner pour avoir une garde robe complète pour de nombreuses années.

Pour aller plus loin  : Garde robe minimaliste : un concept à découvrir

  • Privilégier les pièces uniques des créateurs

Les créations de type artisanale sont souvent plus onéreuses que la « fast fashion » mais elles sont de meilleure qualité et durent plus longtemps. Le fait de les avoir payé plus cher évite l’effet rebond (si j’achète un habit peu cher, je peux me permettre de le porter peu de fois ou peu longtemps puisqu’il ne m’a presque rien coûté).

Par ailleurs, nous avons tendance à prendre plus soin de vêtements que nous avons payé cher que ceux que nous avons acheté à un prix dérisoire en centre commercial ou dans une grande chaîne.

  • Recoudre et repriser

Les vêtements troués et même tâchés peuvent être customisés, recousus ou reprisés. Il existe de nombreux tutoriels et vidéos pour de jolies reprises de trou. Une tâche peut également être cachée par un bouton ou un patch à coller avec un fer à repasser.

Un pantalon troué peut devenir un short et un tee-shirt à manche longue peut devenir un tee-shirt à manche courte.

  • Louer

Il est tout à fait possible de louer des robes de mariée, des robes de soirée, des noeuds papillon ou encore des chaussures. La location d’accessoires ou vêtements dont on ne se sert qu’occasionnellement permet à la fois de réduire les dépenses économiques et énergétiques.

  • La méthode BISOU

En parallèle, la méthode BISOU, originellement conçue par Marie Lefèvre et Herveline Verbeken (autrices du livre J’arrête de surconsommer), est d’une grande aide avant de passer à l’achat.  Cet acronyme aider à lutter contre les achats compulsifs. Cette méthode consiste à nous poser 5 questions lorsque nous sommes sur le point de faire un achat.

B comme besoin

A quel besoin cet objet répond-il ? Est-ce un achat « doudou » parce que je suis déprimé.e ? Est-ce que j’envisage cet achat pour me conformer à une norme sociale, pour impressionner des gens ? Qui est à l’origine de cette envie : moi ou une stratégie marketing pensée de manière à ce que cet objet me paraisse souhaitable, voire indispensable ?

I comme immédiateté

Mieux vaut instaurer un délai entre l’envie et l’achat (quelques heures ou quelques jours). Ce délai peut être mis à profit pour se poser la question : est-ce que mon budget peut supporter cet achat ?

S comme semblable

Est-ce que j’ai déjà un objet semblable dans ma maison ? Ai-je déjà un objet qui assure les mêmes fonctionnalités, qui comble déjà le besoin satisfait par l’objet en question ? Il est utile de se souvenir que certains produits sont polyvalents (comme les robots ménagers).

O comme origine

D’où ce produit vient-il ? Ai-je envie d’acheter un produit qui vient de l’autre bout du monde ? A-t-il été produit dans des conditions qui correspondent à mes valeurs (conditions de travail, transport, impact écologique sur le territoire de fabrication..). Se poser la question de l’origine du produit, c’est se poser la question de la fabrication des objets de consommation en termes d’impact sociaux et écologiques d’un point de vue planétaire.

U comme utile

Ce nouvel objet va t-il m’être utile ? Est-ce qu’il va apporter un surplus de confort dans ma vie quotidienne ? A-t-il une vraie valeur ajoutée pour moi et ma famille ? Est-ce envisageable de m’en passer ? Quels seraient les impacts de ce non achat ?

 

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Source : Les secrets de la licorne : Minimalisme et résilience : vers une transition écologique de Géraldine Rémy (Ker Editions). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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