Savoir identifier la violence psychologique : première étape pour s’en sortir

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Savoir identifier la violence psychologique : première étape pour s’en sortir

Le mécanisme de la violence psychologique

Dans son livre Le décodeur des violences psychologiques , Ariane Calvo définit la violence psychologique. Elle rappelle que, au quotidien, les violences psychologiques sont faites d’humiliations, de dévalorisations répétées, de reproches cassants ou insistants, qui visent à rabaisser l’autre.

Elle précise que la violence psychologique est caractérisée par le fait qu’aucune réciprocité n’est possible. La violence psychologique n’est pas synonyme de dispute ou de conflit sur la base d’un désaccord, parce que, dans ces cas précis, les deux personnes s’expliquent. A l’inverse, dans le cas de la violence psychologique, la riposte est étouffée, dénigrée et finit par être anéantie.

En effet, l’auteur ou l’autrice de violence psychologique réduit sa victime au silence parce que cette dernière renonce à son droit de réponse pour ne pas exciter l’escalade des reproches et des rabaissements et parce qu’il ne sert à rien de remettre en question le « système », d’expliquer, d’argumenter.

L’auteur ou l’autrice de violences psychologiques sait que ces agissements sont répréhensibles (et pourraient ternir son image s’ils étaient connus) et va donc prendre soin de préparer ses agissements en installant une emprise psychologique sur sa victime Comme l’agresseur.se doit tout d’abord s’assurer du silence et du consentement manipulé de la victime, il ou elle attend que la relation soit installée et que la victime ait confiance dans la personnalité de l’agresseur.

Ariane Calvo attire également l’attention sur le fait que les moments de violence sont le plus souvent ponctués de pauses émotionnelles au cours desquelles l’agresseur.se semble se remettre en question, ou tout simplement manifeste un comportement aimant. Le problème est que ces pauses embrouillent la victime qui » choisit de tout miser sur ces moments de répit, en réponse à ses illusions » et se convainc que l’agresseur.se fait ça pour son bien et/ou que ce n’est pas si fréquent que cela. Ariane Calvo regrette que cette conviction légitime les comportements passés de l’agresseur.se et prépare la victime aux attaques suivantes, auxquelles elle ne répondra que peu, de moins en moins, puis plus du tout, hébétée et privée de capacités de réflexion, de remise en question, et parfois même de mémorisation des évènements.

 

Les conséquences de la violence psychologique

Les victimes de violence psychologique pensent être dans un piège où aucune porte de sortie rationnelle ou compréhensive n’est possible.

Ces violences créent en vous un climat d’insécurité physique et émotionnelle. Vous vous sentez fragile, et parfois mentalement instable en raison de la survenue de conflits imprévisibles, d’intimidations répétées mais qui ne disent par leur nom (« Non, je ne suis pas agressif ! c’est toi qui ne comprends rien ! »). – Ariane Calvo

L’auteur ou l’autrice de violence psychologique justifie ces maltraitances verbales par le « comportement inadapté » de sa victime. Il ou elle légitime les chantages, les sous-entendus insidieux et les colères déstabilisantes par ce que l’autre est, dit ou fait si bien que la victime finit par développer un sentiment de honte et d’infériorité. Ces sentiments sont renforcés par les critiques, mais aussi par des blessures psychologiques, des attitudes de mépris si la victime n’a pas répondu aux attentes de l’agresseur.se, pourtant non verbalisées, arbitraires et imprévisibles.

Ces blessures quasi quotidiennes font croître le doute et la confusion chez la victime de violence psychologique par différents moyens comme :

  • des propos sans cesse contradictoires ;
  • des non-dits ;
  • des mensonges ;
  • des manipulations ;
  • des mises en scène ;
  • des sous-entendus.

Vous vous sentez petit à petit coupable, inférieur(e),incompétent(e), et c’est précisément cette autodévalorisation qui vous empêche de penser que l’agresseur n’a pas le droit d’agir comme cela. À terme, les violences répétées créent un état de dissociation et d’anesthésie émotionnelle, ce qui entraîne de nombreuses conduites paradoxales (banalisation des agissements de votre agresseur, dépendance à celui-ci, impossibilité d’exercer une autonomie et un libre arbitre, confusion, amnésies partielles). – Ariane Calva

Identifier la violence psychologique, première étape pour s’en sortir

Appendre à reconnaître la violence psychologique, l’identifier et la nommer ou la qualifier est la première étape pour en briser le cercle vicieux.

Ariane Calvo affirme que de nombreuses personnes victimes de violences psychologiques décrivent l’immense soulagement qu’elles ont ressenti quand quelqu’un d’extérieur qu’elles estiment ou qui est indiscutablement sain d’esprit en raison de ses fonctions (psychologue, professeur, avocat, juge) a prononcé ce terme pour qualifier ce dont elles avaient tant souffert.

L’autrice reconnaît également que c’est difficile de se libérer de la violence psychologique (parce que vous aimez l’auteur des violences, parce que vous ne vous aimez pas assez, parce que vous ne savez pas comment vous y prendre sans blesser personne, parce que vous avez été isolé.e, parce que plus personne ne veut comprendre ce qui vous arrive, et plus personne ne supporte vos atermoiements et vos hésitations).

Elle écrit : « Je tiens à vous dire que vous avez le droit d’avoir peur, vous avez le droit d’avoir essayé mille fois et d’avoir échoué mille et une fois, vous avez le droit d’en avoir rêvé cent fois et d’avoir renoncé tout autant. »

Elle ajoute que la seule possibilité que vous avez de reprendre le cours de votre vie et vos capacités d’analyse, de mémorisation, de concentration, est de briser l’effet d’empreinte : c’est la raison principale pour laquelle vous devez mettre une distance physique.

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Source : Le décodeur des violences psychologiques de Ariane Calvo (éditions First)

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