La justice restauratrice : une justice « réelle » humaine (et pas seulement légale) pour repenser la justice

justice restauratrice

La justice restauratrice : une justice « réelle » humaine (et pas seulement légale)

La justice restauratrice est un concept venue des Maori : il s’agit d’un concept d’une vraie justice qui serait humaine (sans conséquence pénale, administrative ou policière) et non plus uniquement légale. Le postulat de base de cette idée est que les punitions infligées endurcissent et créent de la rancoeur, des envies de rébellion, de revanche mais ne provoquent pas (ou très peu) de changements positifs intérieurs ni de repentir réel. La justice restauratrice est une approche particulière, plus humaine ou plus complète du crime, des criminels et des victimes (et leurs proches).

C’est une coutume traditionnelle maori mais elle est reprise au Canada, aux Etats Unis ou encore en Suède et même en France. Elle peut être utilisée tant pour les crimes violents que pour la délinquance juvénile. Elle s’inscrit dans une démarche complémentaire à la justice étatique.

Dans les communautés maoris, elle sert à maintenir une communauté unifiée tout en préservant les standards de conduite et voyant le mal fait à la communauté toute entière et à ses membres. Dans cette tradition, il s’agit de créer librement (sans conséquence légale) un « carrefour » un lieu de rencontre de toutes les personnes impliquées dans le drame pour exprimer seulement ce que chacun ressent. Seulement s’exprimer – pas accuser : juste s’exprimer soi.

La justice restaurative se centre d’abord sur la victime, la famille et les proches de la victime, et reconnaît complètement le tort causé par l’offenseur et le drame. – Anne Ancelin Schützenberger (Psychogénéalogie : Guérir les blessures familiales et se retrouver soi)

Ce type de justice facilite pour le criminel la compréhension de la gravité des faits et la prise de responsabilité des conséquences de ses actions en créant un dialogue direct ou indirect avec la victime, la famille et les proches de la victime, et la communauté (voisinage, société, camarades de classe…).

L’approche de la justice restauratrice est de donner aide et soutien à la victime, sa famille et ses proches, pour exprimer tout le mal qui leur a été fait, répondre à leurs vrais besoins qui ont été créés par le crime.

La justice restauratrice attend de l’offenseur qu’il prenne l’entière responsabilité de ses actions et l’aide dans toutes les étapes pour trouver une solution pour panser les plaies qu’il a causées et réparer au mieux le mal qu’il a fait.

Lorsqu’on regarde le crime avec une loupe ou des jumelles, le « crime » est une violation des gens et des relations. Il crée donc une obligation de réparer et remettre les choses de façon juste. La justice implique la victime, l’offenseur et la communauté dans une recherche de solutions pour réparer, réconcilier et rassurer. – Howard Zehr

La justice restauratrice fournit un cadre différent pour comprendre le crime et y réagir. Le crime est compris comme un mal fait à des individus et à la communauté en général, plutôt que simplement une violations des lois contre l’Etat.

La justice restauratrice est une justice de proximité et de communauté parce que le crime est un problème de communauté, nécessitant une solution de communauté. – Marty Price

Or ceux qui sont le plus affectés par le crime sont les victimes, les membres de la communauté et les offenseurs. Tous ceux là sont donc invités à jouer un rôle actif dans le processus de la justice.

Plutôt que la centration sur la punition du coupable, il s’agit de restaurer les dégâts émotionnels et matériels qui résultent du crime – ce qui est bien plus important. – Marc Umbreit

Il apparaît donc important, utile et juste de donner la parole à tous, en dehors d’une cour de justice, pour que toutes les personnes impliquées expriment leurs sentiments.

Cela se passe dans un lieu neutre en dehors de la justice étatique, de la vengeance, des conséquences afin que chacune des parties exprime ses sentiments ensemble au même carrefour (famille des victimes et des traumatisés, victimes blessées et/ou spoliées, amis, voisins, témoins, passants…).

Comme tous ont eu des contre coups, avec des dégâts souvent importants et de longue durée, chacun a l’opportunité d’exprimer ses sentiments et son vécu, sans jugement. L’effet de ce qui s’est passé peut alors réellement se faire sentir.

Seule la combinaison d’un haut niveau de contrôle et en même temps d’un grand soutien donne des résultats pédagogiques et humains durables et vrais, car elle différencie toujours l’acte et la personne, et ne condamne pas la personne pour un acte mais seulement l’acte, qu’elle empêche de se produire ou de se répéter. – Anne Ancelin Schützenberger (Psychogénéalogie : Guérir les blessures familiales et se retrouver soi)

Une vidéo pour comprendre les effets de la justice restaurative à travers des témoignages

Inspirées de pratiques qui ont fait leurs preuves outre-atlantique et notamment, au Québec via le Centre de services de justice réparatrice (CSJR), l’INAVEM a mis en oeuvre des sessions de Rencontres Détenus-Victimes, depuis 2010. L’IFJR, institut français pour la justice restaurative est partenaire de ce film.

C’est à faire, sincèrement. Ça aide à fermer une porte. C’est important. – Une victime

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