La colère est précieuse : que pouvons-nous en apprendre ?

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La colère est précieuse : que pouvons-nous en apprendre ?

Ma colère est précieuse. C’est vraiment une bénédiction. Quand je suis fâché, je sais que j’ai besoin de ralentir, d’examiner ce que je me dis à moi-même. De traduire les jugements qui me mettent en colère et d’entrer en contact avec mes besoins. – Marshall Rosenberg

Marshall Rosenberg, concepteur du processus de Communication Non Violente, estime que ce n’est pas la colère en tant qu’émotion qui pose problème mais les pensées qui nous habitent quand nous sommes en colère et les tendances à l’action qui découlent de ces pensées. La colère est une émotion saine qui alertent sur des besoins non satisfaits et elle n’est pas à confondre avec la violence.

Marshall Rosenberg nous invite donc à ralentir et à prendre plaisir à observer les pensées, les accusations, les jugements qui nous trottent dans la tête quand nous sommes en colère. Mieux vaut éviter de se dire à soi-même « je ne devrais pas penser comme ça, je ne devrais pas être en colère » car cela ne ferait que prolonger l’émotion, voire l’amplifier.

Observer la colère et prendre contact avec elle permet d’en comprendre le message, de se relier au besoin qu’il y a derrière cette émotion vive. Une fois que le besoin est identifié, il peut être entendu, accueilli, reconnu comme tel. Cette étape est celle de l’auto empathie : entendre les émotions, reconnaître le besoin, accepter ce qui est ici et maintenant, se connecter avec ce qui est vivant en nous, être en contact avec les valeurs chères à notre coeur.

Par ailleurs, Marshall Rosenberg rappelle que les personnes qui nous horripilent sont nos meilleurs enseignants en termes de communication bienveillante. Les occasions d’apprendre à leur contact sont nombreuses, ,notamment en ce qui concerne la colère.

Rosenberg indique quatre étapes pour réagir avec empathie plutôt qu’avec violence face aux personnes que nous estimons difficiles et qui nous mettent en colère :

  • Supprimer le mot « devoir » de notre vocabulaire

Aussi longtemps que j’aurai l’impression d’être obligé de faire quelque chose, je résisterai, même si je tiens à le faire. Si je ressens un obligation, qu’elle résonne en moi ou vienne de l’extérieur, je n’éprouverai plus de joie à agir. – Marshall Rosenberg

Par cette phrase, Marshall Rosenberg nous invite à agir avec le désir de rendre le monde amusant et d’en faire un sujet d’apprentissage. Ainsi, nous pouvons nous demander ce qui est à apprendre de notre propre colère ainsi que des gens qui nous agacent, qui provoquent chez nous des réactions de rejet, voire d’agressivité.

Par ailleurs, supprimer le mot « devoir » de notre vocabulaire nous invite à ne pas nous auto censurer et auto culpabiliser (« je ne devrais pas être en colère », » je ne devrais pas penser cela », « je devrais faire preuve de tolérance/ de plus de compassion ») mais à plutôt accueillir la colère et à nous y « frotter » pour voir ce qu’elle a à nous enseigner.

 

  • Clarifier ce qui, chez l’autre, mène à un jugement de notre part

Marshall Rosenberg nous propose de nous poser une question clé pour prendre conscience du jugement que nous portons sur les personnes que nous estimons difficiles et qui nous mettent en colère : « Qu’y-a-t-il dans le comportement de cette personne qui m’incite à la juger ? »

Cette question nous amène à explorer ce qui est touché en nous, nos valeurs importantes, ce qui est considéré chez l’autre comme un obstacle, une privation, un frein de notre point de vue.

 

  • Regarder au-delà du jugement et raisonner en termes de besoins

Regarder au-delà du jugement porté sur les autres permet de voir quel besoin chez nous n’est pas satisfait en rapport avec ces personnes en particulier.

Un rappel de quelques besoins humains fondamentaux : autonomie, célébration des réussite, intégrité, estime de soi, créativité, sens, acceptation, amour, appréciation, compréhension, confiance, considération, contribution, empathie, respect, sécurité, soutien, abri, mouvement, nourriture, sommeil, air, repos, toucher, amusement, rire, communion, ordre, paix, beauté…

Une fois le ou les besoins insatisfaits identifiés, il est possible de se donner de l’auto empathie en le(s) reconnaissant.

 

  • Voir les besoins insatisfaits chez l’autre qu’il essaie de combler en agissant de la manière que je juge déplaisante

Cette proposition consiste à tenter d’entrer en empathie avec ce qui est vivant chez l’autre, même – et surtout – quand ce qu’il fait provoque chez nous des émotions douloureuses.

Cela suppose d’aller chercher les motivations positives qui animent cette personne, les émotions et les besoins qui motivent ses actions et mots : « Quand cette personne fait cette chose qui me déplaît, quel besoin essaie-t-elle de combler ? ».

C’est de l’empathie que vient la guérison. – Marshall Rosenberg

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Source : L’art de la réconciliation : Respecter ses besoins et ceux des autres de Marshall Rosenberg (éditions Jouvence)

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