L’art de la simplicité dans les relations aux autres

L'art de la simplicité

L’art de la simplicité dans les relations aux autres

Dominique Laureau propose dans son livre L’art de la simplicité des clés reposant sur le principe du « moins pour plus » appliqué au domaine des relations avec les autres.

Etre en compagnie et nous sentir en harmonie avec nous-mêmes sont compatibles et sont même un idéal à suivre pour vivre équilibrés et heureux. Un des mantras de Dominique Laureau se résume en cette phrase : « Nous serions tellement plus heureux si nous apprenions à vivre avec nos propres imperfections et avec celles des autres ».

Apprendre à refuser

Une personne libre est une personne qui peut refuser une invitation à dîner sans donner la moindre excuse. – Jules Renard

Dominique Laureau écrit : « Si dire non est un problème, votre objectif devrait être de savoir dire non à quelqu’un pour pouvoir dire oui à vous-mêmes ».

Quand on se sent moralement obligé d’accepter une proposition, il est possible de faire une proposition telles que : « D’accord, je suis libre mais seulement de 18h à 20h ». Une explication simple avec le moins de détails possible est la meilleure façon de refuser. D’ailleurs, c’est quand on n’est pas sûr de soi qu’on se perd dans des explications alambiquées : quand le non est un non vraiment aligné avec l’élan vital, les valeurs et les besoins, il est franc et sincère et ne laisse pas d’espace pour la culpabilisation.

Le problème vient souvent du fait de ce que les autres risquent de penser. Or, quand on compromet ses rêves et ses propres valeurs pour quelqu’un d’autre, on perd un peu de soi-même, un peu de force, beaucoup d’estime de soi.

Plus vous compromettez votre authenticité, moins vous serez fort.e. Ne soyez pas la personne qu’on s’attend à ce que vous soyez, mais la personne que vous, vous voulez être. – Dominique Laureau

Une clé est donc d’avoir le courage de dire non en souriant sans s’excuser.

Accepter de recevoir

Il est fréquent qu’on soit gêné de recevoir (un cadeau, une aide, un don…) car on se sent embarqué dans des relations de donnant/ donnant. Or il est possible de simplifier les rapports avec les autre et de revenir à un comportement plus naturel. Le don qu’on reçoit d’une autre personne n’appelle pas forcément un contre-don ou une relation asymétrique (de prise de pouvoir sur l’autre, d’infériorité…).

Le don est éthique quand il est fait sans attendre quelque chose en retour. Cela ne signifie pas qu’il ne faut jamais rien donner, juste qu’il ne faut pas se forcer à donner ou donner dans l’espoir d’un retour sous quelque forme que ce soit (si ce n’est la joie du don et d’une relation authentique). C’est souvent la peur de l’abandon ou des attentes affectives (attention, reconnaissance, pouvoir sur l’autre, amour…) qui poussent à donner en excès.

Dominique Laureau nous dit que la seule chose de valeur que nous puissions offrir aux autres est une attitude de contrôle de nous-mêmes et de discipline : du calme, de la présence, de l’écoute et de la bienveillance.

Apprendre à écouter

Dominique Laureau nous conseille de nous exercer à faire régner sur nous-mêmes une sorte d’économie stricte de la parole, du mouvement et des mots inutiles quand nous sommes en présence d’autres personnes. Cela ne signifie pas se mettre en retrait mais adopter une position d’écoute plutôt que de bavardage.

Ecouter deux fois plus que parler fait gagner beaucoup d’énergie et de tranquillité d’esprit (pas de recherche de compétition pour celui ou celle qui aura le dernier mot, pas de bavardage inutile qui trop souvent mènent à la mesquinerie, aux moqueries ou aux vantardises…).

Ecouter, c’est également s’écouter soi-même : ce qui nous irrite chez les autres nous renseigne sur nous-mêmes.

Surveiller ses propos

Les séquelles verbales peuvent laisser des séquelles plus graves que des traumatismes corporels. Certains mots sont porteurs de préjudice. – Deepak Chopra

Par ailleurs, trop parler nous vide de notre énergie et enlève du poids à ce que nous disons.

La règle des trois tamis de la communication de Socrate peuvent nous aider à choisir nos mots. Passer nos remarques, nos demandes ou nos conseils au travers de ces tamis peut nous aider à adopter un langage valorisant et non violent. Les enfants pourront également adopter ces trois tamis afin d’assurer des échanges constructifs entre eux et avec les adultes.

Ce que je vais dire est-il vraibon et utile ?

  • Le tamis de la vérité : est-ce que je suis sûr(e) que ce que j’ai à dire est vrai ? mes remarques s’appuient-elles sur des faits observables, objectifs ? ces faits correspondent-ils à quelque chose qui pourrait être filmé par une caméra ?
  • Le tamis de la bonté : est-ce que ce que je vais dire est bon ? est-ce que mes paroles vont juger la personne ?
  • Le tamis de l’utilité : est-ce que je propose des pistes d’amélioration concrètes et réalistes ?

Cette habitude de passer les informations que nous recevons aux 3 tamis de la communication permet de ne pas participer à la propagation des critiques et des commérages.

Cela ne signifie pas pour autant se laisser traiter comme une serpillière : nous avons le droit d’exiger justice, gentillesse et respect. En ce sens, la Communication Non Violente peut nous aider à exprimer nos émotions fortes telles que la colère sans violence.

Lire aussi : 10 étapes pour transformer la colère en relation positive avec la Communication Non Violente

Ne pas critiquer

Critiquer ne dit rien sur les gens mais en dit long sur nous ! Critiquer, c’est se poser soi-même une étiquette : « je suis un personne qui critique »… et donc une personne dont il faut se méfier.

Il apparaît que critiquer est surtout une habitude et il est possible de s’entraîner à communiquer autrement pour rester loyal envers les absents et parler des choses constructives à faire (futur) plutôt que porter des jugements négatifs sur les personnes (passé).

Là encore, la Communication Non Violente est utile :

  • apprendre à formuler des observations de la situation plutôt que des jugements de la personne,
  • reconnaître les émotions qui émergent et alertent sur un malaise,
  • exprimer les besoins insatisfaits qui font émerger ce malaise,
  • formuler une demande négociable dans un langage positif d’action (dire ce qu’on veut plutôt que ce qu’on ne veut pas).

En Communication Non Violente, on assume que toutes les personnes ont de bonnes raisons d’agir comme elles le font (même quand cela est déplaisant) : il s’agit alors d’identifier le besoin non nourri chez elle afin de comprendre les motivations de ses comportements. Il apparaît souvent que les personnes adoptent des stratégies inappropriées pour satisfaire des émotions et que l’empathie envers les besoins insatisfaits (ce qui est caché) est plus efficace en termes de lien que le jugement couperet sur les actions (ce qui est donné à voir). en effet, nul ne peut vivre à la place d’autrui… et les critiques ferment la porte à la possibilité d’entrevoir un peu de cette réalité.

Ne pas se vanter

Nous parlons souvent plus haut que nous ne pensons ou faisons. Nous pouvons alors apprendre à devenir vraiment riches à l’intérieur plutôt qu’étaler des richesses (matérielles ou intellectuelles) à l’extérieur.

Là encore, il ne s’agit pas de se censurer dans des lectures scientifiques, philosophiques, historiques, psychologiques… mais de ne pas en tirer vanité. Cela fait écho à la célèbre citation de Socrate « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».

Ce que l’on peut alors offrir aux autres

Aider les autres, c’est les amener à penser. Dominique Laureau estime qu’aider les autres ne peut jamais se résumer à montrer ses richesses en donnant ou montrer ses valeurs morales mais c’est vivre simplement et respecter chaque être humain sans le juger.

Les livres, les films, les exemples historiques, le quotidien nous donnent tous les jours les preuves que la bienveillance et la simplicité sont des bienfaits pour l’humanité.

Plus notre vie intérieure est riche, plus grande est notre propre estime, plus nous avons à donner. – Dominique Laureau

 

En résumé, paradoxalement, moins de relations, moins de bruits, moins de choses rendent la vie plus riche !

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Source : L’art de la simplicité : simplifier sa vie, c’est l’enrichir de Dominique Laureau (édition Poche Marabout).

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