Les deux langues girafe en Communication Non Violente (ou pourquoi la CNV paraît parfois artificielle et non naturelle)

Les deux langues girafe en Communication Non Violente (ou pourquoi la CNV paraît parfois artificielle et non naturelle)

La langue girafe en Communication Non Violente telle qu’elle est généralement présentée sous la forme des quatre étapes OSBD est plus une langue destinée à nous permettre de nous « rééduquer » plutôt qu’une langue destinée à être parlée, à être exprimée telle qu’elle dans une interaction avec autrui.

Les quatre étapes OSBD nous permettent de faire la différence entre le fait d’appréhender la réalité avec empathie dans une optique de coopération plutôt que de confrontation, et le fait d’appréhender la réalité avec jugement, accusation dans une optique de jeu de pouvoir et d’exigence.

La langue girafe et le processus OSBD

Isabelle Padovani, formatrice certifiée en Communication Non Violente, parle de langage de « déprogrammation de notre conditionnement habituel », de « traduction » qui s’appuie sur les quatre étapes OSBD :

  • O : observation neutre, objective, comme une caméra qui filmerait la scène (plutôt que pensées, jugements, interprétation)
  • S : sentiment, émotion éprouvée et ressentie comme personnelle (plutôt que messages accusant l’autre et le rendant responsable de nos ressentis internes)
  • B : besoins fondamentaux insatisfaits (plutôt que stratégies ou moyens exigés pour satisfaire ce besoin)
  • D : demande dans un langage positif d’action et réalisable dans un laps de temps donné (plutôt qu’un voeu formulé en langage négatif – ce qu’on ne veut pas -, en langage non concret, ou une exigence non négociable).

C’est un langage interne qui n’a pas pour but d’être utilisé à l’extérieur. – Isabelle Padovani

La langue girafe de rue

Isabelle Padovani rappelle qu’une autre sorte de langue girafe existe et qu’elle est moins artificielle pour les proches et moins contraignante pour nous. La langue girafe idiomatique (ou « de rue ») porte une intention de connexion et vise à être exprimée en dehors de soi. Cette langue girafe n’a pas de forme prédéfinie mais se caractérise par un passage interne aux étapes OSBD et une intention de connexion empathique.

La langue girafe de rue peut prendre autant de formes que l’interaction précise avec cette personne précise dans cette situation précise appelle :

  • un temps de silence, une empathie silencieuse
  • un langage habituel, courant, personnel, clarifié en nous-même grâce au passage par les quatre étapes OSBD
  • ne choisir qu’une à trois étapes du processus OSBD dans une interaction afin de ne pas tomber dans un langage mécanique, manquant d’authenticité
  • habiller ces étapes d’un langage adapté à l’interlocuteur.trice

Différence entre langue girafe reposant sur le processus OSBD et langue girafe de rue

Le processus OSBD pour identifier, traduire et se libérer

La langue girafe qui passe par les quatre étapes OSBD est un outil de déconditionnement qui permet de démêler les jugements des observations, les pensées des émotions, les accusations des besoins et les exigences des demandes. Ces quatre étapes visent à séparer les pensées du reste de notre vécu personnel. Cette langue est donc intérieure et permet d’être au clair avec ce qui est chez nous. Avec le processus OSBD, on tourne le regard en soi.

Utiliser ce processus OSBD, cet outil de déconditionnement est pour moi un des outils les plus précieux que j’ai rencontrés pour déprogrammer peu à peu mes autoroutes neuronales. – Isabelle Padovani

A chaque fois que nous faisons le choix d’utiliser les quatre étapes OSBD pour nous-mêmes, nous sommes plus libres à la fin qu’au début. Le processus OSBD sert à écouter et reconnaître ce qui est vivant en soi et chez les autres. A cet effet, les listes des sentiments et des besoins sont des outils de reconnaissance, d’identification (certes parfois incomplets, à enrichir et modifier si nécessaires) qui donnent des bases de réflexion commune et compréhensible par tous et toutes. Plus on enrichit notre langage, plus on est capable de penser les concepts, ici de sentiments et de besoins humains fondamentaux.

besoins communication non violente
Liste des besoins
liste des émotions
Liste des sentiments

 

Isabelle Padovani rappelle les deux intentions principales de la langue girafe classique qui passe par le processus OSBD :

  • se connecter à ce qui est vivant (en soi et chez les autres) en termes de besoins et d’émotions,
  • différencier (en soi et chez les autres) les pensées du ressenti personnel, authentique et vulnérable, différencier ce que l’on se dit de ce que l’on vit (ou ce que l’autre est en train de vivre).

La langue girafe de rue pour créer un lien authentique

La langue girafe de rue s’adapte au contexte (par exemple, le degré d’intimité), au niveau de langage de la personne…. Il s’agit d’aller chercher ce qui serait l’habit qui va le plus contribuer au lien et à la connexion à partir de ce qui a été identifié avec le processus OSBD. C’est ce processus qui va nous donner les moyens d’écouter et de comprendre sans rien prendre contre nous personnellement et de communiquer avec empathie dans un langage naturel.

Il est important, avant de vouloir utiliser la langue girafe de rue, de toujours traduire notre pensée de manière interne avec l’OSBD. Si on cherche à utiliser le langage girafe de rue en n’ayant pas pris le temps de se mettre au clair, l’interlocuteur.trice ne sera pas dupe (rappelons que 93% de la communication est non verbale).

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Source : vidéo d’Isabelle Padovani Communication Nonviolente : Les 2 langues Girafe

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