Les entraves au changement : comment s’en libérer ?

lever entraves au changement

Une approche basée sur le corps pour lever les entraves au changement

Bernadette Lamboy est docteur en psychologie et formatrice en focusing. Le focusing est une approche thérapeutique qui considère que le corps possède les solutions à un grand nombre de nos problèmes.

Dans son livre Trouver les bonnes solutions par le focusingBernadette Lamboy propose de lever les entraves au changement grâce à l’écoute du sens corporel. En Focusing, le sens corporel est  le lieu deçà de la pensée, des émotions et des réactions corporelles qui se donne dans le corps. Ce sens corporel tel que développé dans le Focusing est proche d’un sixième sens, de l’intuition. Il y a en nous quelque chose qui « sait ». Ce savoir ne repose pas sur des élaborations mentales (=des pensées) mais sur une perception globale, vague vécue dans le corps; sur une expérience ressentie du « tout » de la situation.

Le plus souvent, ce sens corporel nous échappe et le Focusing apprend à justement reprendre contact avec lui et le conscientiser en le laissant se préciser et se définir.

Dans le sens corporel, tout est là, rassemblé dans l’expérience sensible : il véhicule implicitement toute une gamme d’émotions, de pensées, les expériences antérieures, nos croyances à ce sujet ou nos espoirs, nos tentatives de solutions, nos ressources nouvelles. – Bernadette Lamboy

6 entraves au changement

1.Les mécanismes répétitifs et habitudes

Sans répétition, les choses s’évaporeraient aussitôt posées. – Bernadette Lamboy

Les mécanismes répétitifs sont à la racine de nos habitudes. Bon nombre de ces habitudes ont des effets bénéfiques car elles nous font gagner du temps et de l’énergie. En même temps, nos habitudes peuvent nous maintenir dans la routine et la rigidité avec des comportements qui ne servent plus l’élan vital.

Les mécanismes répétitifs figurent certainement parmi les mécanisme les plus difficiles à transformer car, même imparfaits et problématiques, ils ont participé à notre croissance et notre développement, nous nous sommes bâtis avec eux. Ces mécanismes laissent leurs empreintes dans le corps.  –  Bernadette Lamboy

Le focusing peut être utile pour contacter le mouvement profond et transformateur de l’organisme et lever les entraves au changement par-delà les habitudes.

2.Le passé

Tous les êtres humains ont vécu au cours de leur vie des événements difficiles, qui ont laissé une marque douloureuse dans le psychisme et le corps. Parfois, certaines personnes pensent être libérés d’une vieille blessure puis réalisent que cette blessure du passé continue d’agir à leurs dépends.

Bernadette Lamboy rappelle que quelque chose en nous pousse à vouloir changer ce qui est douloureux et que cette aspiration prend source dans le mouvement du vivant qui tend à faire en sorte que les humains utilisent tout leur potentiel au mieux. Cette aspiration cherche à se faire connaître.

En focusing, le sens corporel contient cette aspiration. Il se présente comme une articulation entre ce qui raccroche au passé (et ne convient plus) et ce qui pousse vers quelque chose qui sert mieux la vie. Dans toutes les situations où il y a tension, le sens corporel attire l’attention sur la chose qui ne convient plus pour ouvrir de nouveaux possibles. Quand on s’arrête sur le sens corporel grâce au focusing, ce dernier nous montre ce qui ne va plus mais également des pistes pour remédier à la situation.

3.Les traumatismes non travaillés : recevoir ce qui n’a pas été

Malgré notre volonté et nos tentatives, nous ne pouvons pas gommer le passé.

Par contre, nous pouvons demander à notre sens corporel de trouver le geste réparateur qui permettrait de restaurer ce qui a été blessé. – Bernadette Lamboy

En focusing, l’écoute du sens corporel offre souvent les moyens de pallier à ce qui a manqué en procurant, sur le mode symbolique, l’expérience qui ne s’est pas produite alors.

Bernadette Lamboy conseille, dans le cas d’une situation dans laquelle nous n’avons pas reçus ce dont nous aurions eu besoin, de reprendre la situation avec l’approche du focusing et d’interroger notre sens corporel sur ce qui aurait dû se passer à ce moment-là pour nous soulager.

4.L’héritage psychogénéalogique

Certaines situations familiales, certains faits passés se greffent sur nous et continuent à vivre à travers nous. Nous sommes nombreux à porter des fardeaux qui ne nous appartiennent pas.

A travers le focusing, Bernadette Lamboy propose une approche qui permet à la fois de préserver le lien avec l’histoire familiale et de se libérer de cette charge en trouvant sa propre voie, son autonomie.

5.Les situations inachevées

Rien n’est plus encombrant qu’une situation inachevée. Même si l’affaire n’est pas très importante, elle continue à nous hanter et nous la portons partout où nous allons. – Bernadette Lamboy

La pratique du focusing permet de repérer une situation inachevée et d’y remédier. Y remédier peut passer par deux voies selon ce qu’il reste à régler :

  • dégager de l’espace quand une sensation déplaisante est dans le corps (lire le processus ici)
  • poser un dernier acte pour clore la situation inachevée (c’est le sens corporel qui mettra sur la voie de la pièce manquante qui crée le malaise : écrire une lettre, rencontrer une personne, faire une démarche, poser un geste symbolique…)

La sensation de malaise s’effacera dès que l’acte jusque-là en attente aura été posé selon les indications du sens corporel.

6.Les croyances

Les « il faudrait », « on devrait », « y a ka » sont toujours du registre des croyances. S’y ajoute le plus souvent une notion affective de valeurs. De nombreux schémas inscrits à des niveaux plus profonds acquièrent à nos dépens un pouvoir plus important que nous ne le soupçonnons. C’est souvent lorsque nous en sortons que nous réalisons combien nous étions enfermés dans un système de croyances. – Bernadette Lamboy

Le focsuing peut aider à construire des repères internes et donne accès à des solutions personnelles. Au lieu de prendre les croyances et recommandations pour argent comptant, la démarche du focusing peut aider à les interroger en les soumettant à une évaluation interne : qu’est-ce que je prends ? qu’est-ce que je laisse ? qu’est-ce qui me correspond vraiment ? qu’est-ce qui fait « oui » en moi ? qu’est-ce qui fait « non » ?

Les étapes du focusing pour lever les entraves au changement

1.Dégager un espace mental

Cette première étape nécessite de prendre le temps de se détendre, seul.e et dans le silence. Il s’agit d’entrer en soi et de centrer son attention sur un point du corps (peut-être l’estomac ou la poitrine) en se demandant : « Comment va ma vie ? Qu’est-ce qui compte le plus pour moi actuellement ? ».

En laissant les réponses se former lentement, il est important de prendre du recul et d’accepter ce qui vient ‘ »oui, là, ici et maintenant, j’éprouve de l’inquiétude/ de la colère/ une profonde tristesse »).

Cette première étape peut durer un certain temps car elle demande de vraiment prêter attention à ce qui se passe en soi (il s’y trouve habituellement plus d’une émotion) sans s’arrêter sur un problème particulier mais en se contentant de les énumérer, de les empiler et de les observer à distance.

2.Laisser venir le sens corporel

Parmi les différentes émotions éprouvées, il s’agit de choisir un problème personnel sur lequel on désire employer le focusing (le problème du moment qui prend le plus de place). Cela ne veut pas dire d’entrer dans le problème mais plutôt de prendre du recul en sentant tous les aspects du problème réunis : se concentrer sur l’endroit du corps où on ressent habituellement des nœuds, des tensions afin d’y trouver une perception globalevague du problème.

3.Trouver une « prise », une « qualité » (un mot, une image, une expression)

La troisième étape consiste à répondre à la question : Quelle est la qualité de ce vague sens corporel ? Le terme qualité est à prendre au sens de « comme définir, comment nommer, comment mettre du sens ».

Dans cette étape, il s’agit de laisser un mot, une expression ou une image se former à partir du sens corporel lui-même. Il peut s’agit d’un qualificatif comme « serré », « désagréable », « effrayant », pénible », une expression ou encore une image mentale.

4.Faire résonner

Confronter le sens corporel avec le mot, l’expression ou l’image trouvées permet de voir s’ils correspondent. Cela peut se faire en cherchant en soi, à travers les sensations du corps, un petit signal indiquant que cette image ou ce mot est le bon.

Il faut, pour ce faire, entrer de nouveau en contact avec le sens corporel en répétant le mot trouvé. Il se peut que le premier mot qui vienne ne soit pas le mot le plus approprié et, là encore, c’est le corps qui enverra les signaux : tant qu’une sensation désagréable persiste, tant que le mouvement corporel n’a pas lieu, alors cela signifie que le premier mot formé n’est pas le plus « juste ». Il est alors important de se concentrer sur la qualité du sens corporel jusqu’à trouver le terme tout à fait approprié (qui sera signifié par une détente corporelle totale).

5.Interroger

Cette cinquième étape consiste à demander au sens corporel à quel aspect du problème s’applique ce mot. On doit éprouver ce mot à nouveau dans le corps d’une manière vive. Quand la sensation est de nouveau là, on peut saisir cette occasion pour l’interroger, la palper, rester en contact avec elle, lui demander ce que cache cette sensation particulière.

Cette étape peut prendre à nouveau un certain temps car il s’agit encore et toujours de retourner au corps, de rester en contact avec le sens corporel jusqu’à ce qu’une réponse survienne, accompagné d’un changement, d’un soulagement ou d’un mouvement d’abandon.

6.Accueillir

Cette dernière étape est celle de l’accueil : accueillir avec amitié et auto empathie tout ce qui vient avec le changement. Même s’il ne s’agit que d’une légère détente, on y restera attentif.ve pendant un moment. Quelle que soit la sensation éprouvée, ce n’est probablement que le premier mouvement : d’autres suivront.

Un malaise qui se transforme s’accompagne d’une détente, d’une sensation physique de soulagement. En focusing, la notion de « mouvement corporel » décrit cette sensation physique de libération. Le mouvement corporel peut être éprouvé au niveau du ventre, dans tout le corps, dans la poitrine, dans la gorge, au niveau des mâchoires, peut prendre la forme d’un soupir ou encore d’un changement rapide de la posture.

Quand le malaise disparaît, il laisse place à une énergie nouvelle, favorisant l’émergence de nouvelles solutions.

Donner la parole au malaise, plus exactement au sens corporel lié au malaise, sans idée préconçue, nous conduit à des changements insoupçonnés. Ne pas croire qu’il n’y a pas d’issue à votre situation, en dehors de vous résigner ou de fuir. L’écoute du malaise vous donnera une autre porte de sortie. – Bernadette Lamboy

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Source : Trouver les bonnes solutions par le focusing : à l’écoute du ressenti corporel de Bernadette Lamboy (éditions Le Souffle d’Or).

 

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