Avez-vous la liberté de rire et de danser ?

liberté de rire et de danser

Avez-vous la liberté de rire et de danser ?

Dans son livre Que se passe-t-il en moi ?, Isabelle Filliozat nous pose ces questions: « Avez-vous la liberté de rire et de danser ? Êtes-vous libre du jugement de vos parents ? ».

Elle rappelle que le rire et la danse sont des expressions de joie et des manières d’exprimer notre être profond. Or la société (y compris la famille) a tendance à censurer les expressions authentiques de la joie (il est surprenant de noter que le rire et la danse spontanés peuvent être réprimés alors que ces mêmes comportements sont considérés comme des marques d’amusement quand ils sont réalisés sous l’emprise de l’alcool) .

Quand l’enfance a été marquée par la tristesse ou la répression émotionnelle (« chut, tu fais trop de bruit », « tiens toi tranquille », « ça ne se fait pas de rire si fort », « ne pose pas tant de questions », « ne pleure pas »…), quand les blessures émotionnelles sont trop fortes, certaines personnes peuvent rester inhibée , incapables d’exprimer mais aussi de goûter profondément l’émotion de joie à l’intérieur.

Isabelle Filliozat raconte que certains de ses patients s’interdisent de montrer de la joie (et ne savent même pas comment générer des émotions positives ni comment les ressentir vraiment dans leur chair).

Jamais ils n’explosent de rire, jamais ils ne hurlent en se jetant dans les bras de quelqu’un. Ils « savent se tenir ». Ils n’osent vivre vraiment ce qu’ils ressentent à l’intérieur. – Isabelle Filliozat

Les censures des émotions positives (joie, optimisme, enthousiasme, gaieté…) dans l’enfance peuvent avoir diverses origine comme :

  • ne pas sortir le père ou la mère de sa dépression
  • respecter un deuil
  • se plier à des normes sociales/ culturelles (ça ne se fait pas de rire)
  • la honte liée aux émotions démonstratives (« arrête de glousser, on dirait une poule »)
  • l’humiliation (« pour qui tu te prends ? tu as les chevilles qui gonflent ! »)

Une fois arrivés à l’âge adultes, « nous portons nos parents dans nos têtes », si bien que nous n’osons plus nous amuser, rire, danser pour le simple plaisir de nous amuser, de rire, de danser (ou ne savons même pas comment faire ni comment lâcher prise au niveau de la tête et du corps).

Isabelle Filliozat regrette que, dans les soirées et les fêtes, l’emprise de la morale, les jugements et les conditionnements personnels soient si forts que la plupart d’entre nous ayons besoin de boire pour nous libérer, nous « lâcher ». Une personne qui danse librement sans avoir bu d’alcool a même des chances d’être soupçonnée de mœurs légères.

Dans notre société, on condamne les émotions et la liberté d’expression mais pas l’alcool. On est même traité de rabat-joie quand on ne boit pas ! – Isabelle Filliozat

Ainsi, les substances euphorisantes (alcool mais aussi drogues) nous protègent de nos parents. En ne transgressant les interdits parentaux (et sociétaux ou culturels dans lesquels les parents s’inscrivent) qu’alcoolisés ou drogués, nous ne les remettons pas en cause.

Isabelle Filliozat nous invite alors à rire et à danser au moins une fois par jour (rire de soi et avec les autres, jamais rire des autres ou aux dépends des autres). Nietzsche disait lui-même : « Je considère comme gaspillée toute journée où je n’ai pas dansé. » La danse dont il est question ici est une danse libre, d’expression personnelle, dans l’incarnation du corps et le lâcher prise du mental (en lâchant des pas appris, une chorégraphie à suivre, en dehors de cours de danse).

……………………………
Source : Que se passe-t-il en moi ? Comment vivre ses émotions de Isabelle Filliozat (éditions Poche Marabout)

Commander Que se passe-t-il en moi ? sur Amazon, sur Decitre, sur Cultura ou sur la Fnac

Vous aimerez aussi...

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*