Quand l’impatience nuit à notre bien être : comment cultiver la patience ?

Quand l’impatience nuit à notre bien être : comment cultiver la patience ?

Rick Hanson, neuropsychologue, propose dans son livre Le pouvoir des petits riens des exercices et pratiques efficaces pour renforcer au fil des jours les fondements de la résilience, du bien-être et de la sérénité. Il aborde notamment la question de l’impatience (celle qui peut nous pousser à la colère, voire la violence verbale et/ou physique, quand on attend désespérément un courrier ou un appel, quand on est coincé au téléphone avec une musique d’ambiance, quand les enfants ne veulent pas faire ce qu’on leur demande…).

La patience consiste à gérer les retards, les difficultés ou les gênes sans s’énerver. Les circonstances sont ce qu’elles sont, mais la patience, tel un amortisseur, vous protège de leur impact. A l’opposé, l’impatience considère les circonstances comme des freins ou des agressions, de sorte qu’elle entraîne de la frustration, de la déception ou de l’agacement. – Rick Hanson

L’impatience est nocive pour plusieurs raisons :

  • elle pousse les autres à s’éloigner du fait qu’elle porte en elle des critiques implicites et de l’irritation difficile à supporter
  • l’impatience est insatisfaction et colère qui, quand elles sont mal apprivoisées, peuvent conduire à la violence
  • l’impatience exige une récompense ici et maintenant (au risque d’escamoter la persévérance et d’aller vite au détriment de la qualité) alors que la patience admet une gratification plus tard, renforçant les chances de succès et d’amour propre

La patience sait qu’on ne peut pas accélérer le cours d’un fleuve. – Rick Hanson

Comment gagner en patience ? 

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1.Se poser des questions qui remettent les choses en perspective :

  • qu’est-ce que je ressens que je suis patient.e ? impatient.e ?
  • quels sentiments et pensées m’inspire une personne réellement patiente ? et une personne  réellement impatiente ?
  • qu’est-ce qui me rend impatient.e ?
  • qu’est-ce qui m’aide à rester patient.e ?

2.Maîtriser les pensées

Il s’agit ici d’essayer de se désengager des pensées qui poussent à l’impatience, comme la certitude d’avoir raison, le sentiment de supériorité ou l’insistance; de se souvenir que les normes diffèrent d’une personne à l’autre et d’une culture à l’autre.

Il ne s’agit pas pour autant de nier les émotions telle que la colère. La colère est légitime dans certaines situations, comme par exemple l’attente dans une salle de soins quand le médecin est en retard ou que la salle d’attente est surchauffée. En revanche, la colère n’est pas la porte ouverte à la violence. La colère est à prendre comme un témoin lumineux sur notre tableau de bord.

Nos émotions sont là pour nous indiquer clairement et rapidement si nos besoins sont satisfaits ou non.

Nous pouvons utiliser notre colère pour nous rappeler de nous arrêter, de regarder sous le capot et dans notre coeur pour trouver ce que réclame notre attention. – Shari Klein et Neill Gibson (auteurs de  Nous arriverons à nous entendre ! et Qu’est-ce qui vous met en colère ?)

Nous n’éprouvons jamais aucun sentiment « à cause » des actes des autres. Les émotions sont ds signaux qui nous appartiennent et sont des réactions face à des besoins non satisfaits. Nous pouvons alors accueillir nos sensations corporelles, nos émotions et nos besoins :  qu’est-ce que je ressens ? à quoi j’accorde de la valeur ? quels sont mes besoins non satisfaits ? qu’est-ce que je veux (plutôt que ce que je ne veux pas) ?

Dans le processus de la Communication Non Violente, la prise de parole se fait en 4 étapes :

  • Ce que j’observe objectivement comme une caméra (vois, entends, me rappelle, sans évaluations)
  • Comment je me sens (émotion ou sensation)
  • Mes besoins, mes valeurs, mes attentes qui font naître les émotions (expression d’un besoin non satisfait qui se cache derrière l’émotion)
  • Les actions concrètes que j’aimerais voir (exprimée sous forme d’une requête dans un langage positif et affirmatif d’action)

3.Cultiver la pleine conscience

La pleine conscience permet d’accueillir les sensations corporelles qui émergent dans le corps et les émotions ressenties. Elle est tout à fait complémentaire à la pratique de la Communication Non Violente.

On peut alors nommer les sensations et les émotions ressenties pour s’ancrer dans le moment présent : « Tiens, j’ai les mâchoires serrées et ma respiration s’accélère. La colère est en train de monter en moi, je la sens dans ma poitrine et j’ai chaud. Bonjour colère, te revoilà !  »

On peut alors se focaliser sur la respiration pour revenir au moment présent : porter l’attention sur l’air qui entre par les narines, sur la poitrine qui se soulève, sur le ventre qui gonfle, puis sur le ventre qui se dégonfle, sur la poitrine qui se baisse et sur l’air qui sort par les narines. A chaque fois qu’une pensée émerge, la regarder passer comme une vache regarderait un train puis revenir à la respiration en pleine conscience aussi longtemps que nécessaire.

4.Trouver des éléments gratifiants dans l’attente

Au lieu d’avoir l’impression de perdre son temps, il s’agit de trouver des éléments gratifiants dans les situations où la patience est mise à l’épreuve. On peut regarder autour de soi et chercher quelque chose de beau en s’en émerveillant, en en regardant les détails pour s’en imprégner. La gratitude et l’émerveillement sont des piliers du bien-être.

On peut également pratiquer une méditation de l’auto compassion ou de l’amour bienveillant (souhaiter du bien aux autres, les personnes proches physiquement dans le moment, les personnes à qui on tient, puis les personnes plus en plus lointaines jusqu’à l’humanité entière).

5.Adopter une attitude empathique

Là encore, la communication non violente peut nous aider à faire preuve d’empathie et à nous décentrer. Shari Klein et Neill Gibson nous proposent de nous poser ces questions :

Voulons-nous exprimer nos sentiments et solliciter la compréhension de l’autre ? 

Ou souhaitons-nous offrir d’abord notre compréhension à l’autre ?

Qui est dans la plus grande détresse ? 

Qui voit le plus clair ? 

Dans ces deux cas, nous sommes celui ou celle qui maintient l’attention sur les émotions, les besoins et les valeurs.

Si nous choisissons d’écouter avant de parler, il y a de grandes chances pour que la personne en face se sente entendue et donc soulagée. Dans ce cas, elle y voit elle-même plus clair et sera plus disposée à écouter nos besoins.

6.S’exercer à la patience volontairement

On peut envisager certaines situations du quotidien sous forme de jeux pour s’entraîner à la patience :

  • retarder l’heure du repas puis manger le plus lentement possible en pleine conscience,
  • choisir une conversation ou une personne en particulier et se mettre au défi de se montrer particulièrement patient.e (par exemple, ne pas couper la parole, accorder plus de temps à l’interlocuteur ou l’interlocutrice, pratiquer l’écoute active en reformulant ce qui a été dit…).

7.Offrir de la patience en cadeau

Offrir de la patience peut réellement être un cadeau à offrir (aux autres et à soi-même). Il s’agit de porter attention à leurs problèmes, accueillir leurs émotions sans les nier ou les minimiser, reformuler leurs besoins, faire preuve d’empathie, les remercier pour qu’ils apportent dans notre vie, leur dire qu’on aime passer du temps avec eux, leur souhaiter du bonheur sincère…

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Source : Le pouvoir des petits riens : 52 exercices simples pur changer sa vie de Rick Hanson (éditions Pocket). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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