Cultiver l’intelligence relationnelle : mieux comprendre et exploiter notre cerveau social, un enjeu de santé individuelle et publique

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Cultiver l’intelligence relationnelle : mieux comprendre et exploiter notre cerveau social, un enjeu de santé individuelle et publique

Présentation de l’éditeur

cultiver intelligence relationnelleComprendre, maîtriser et cultiver ses émotions sont les clés de la réussite. Voilà la thèse révolutionnaire défendue par Daniel Goleman. Avec Cultiver l’intelligence relationnelle, il étend le champ de ses recherches aux relations avec les autres : amicales, amoureuses ou professionnelles.
Ce guide pratique nous entraîne dans les arcanes des neurosciences et nous apprend de manière simple comment vivre des relations plus fécondes et plus épanouissantes, pour arriver à une plus juste connaissance de nous-mêmes.

L’auteur : Après ses études en psychologie clinique et développement personnel dans la prestigieuse université de Harvard, Daniel GOLEMAN a couvert pendant douze ans la rubrique des sciences du comportement pour le New York Times. Il est l’auteur du best-seller mondial, L’Intelligence émotionnelle.

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Ce livre est un ouvrage résolument scientifique et théorique. Il ne fournit pas d’outils clés en main pour communiquer autrement ou pour mieux vivre avec les autres. En revanche, l’auteur a fait un énorme travail de vulgarisation scientifique et de compilations d’études pour mettre à la portée de chacun et chacune les dernières découvertes en neurosciences sociales. Bien qu’on rencontre de nombreux termes scientifiques dans ce livre (neurones miroirs, neurones fuseaux, systèmes nerveux sympathiques, amygdale, ocytocine… ), l’auteur prend suffisamment le temps d’expliciter ces termes, de les illustrer avec des exemples et des métaphores pour qu’on ressorte de la lecture de ce livre avec des connaissances solides au sujet du cerveau social. 

Le cerveau social est la somme des mécanismes neuraux qui orchestrent nos interactions mais aussi nos pensées et sentiments concernant nos semblables et nos relations. C’est peut-être le seul système biologique de notre organisme qui nous relie en permanence à l’état intérieur des personnes avec lesquelles nous sommes et qui, en retour, en subit l’influence. Les circuits du cerveau social sont uniques de par leur sensibilité au monde en général. Chaque fois que deux personnes se connectent directement – face à face, voix à voix ou peau contre peau -, leurs cerveaux entrent en relation. – Daniel Goleman

On comprend ainsi le mécanisme de contagion émotionnelle. Toutes les interactions humaines s’accompagnent d’un « sous texte émotionnel ». Chaque fois que nous entrons en contact avec un autre être humain, il y a contagion émotionnelle inconsciente (nous agissons mutuellement sur notre humeur… dans le bons sens comme dans le mauvais). Goleman parle d’économie interpersonnelle chaque fois qu’une interaction sociale provoque une contagion émotionnelle (presque en permanence chez les humains). La contagion émotionnelle passe par l’amygdale, centre des émotions dans le cerveau. L’amygdale extrait une signification émotionnelle des messages non verbaux (sourcils froncés, bras croisés, sourire, ton et timbre de la voix, regard…) quelques microsecondes avant que nous sachions ce que nous regardons (il y a une voie rapide qui passe des yeux au thalamus puis à l’amygdale avant d’arriver au cortex visuel). Les informations d’ordre émotionnel sont traitées par l’amygdale à un niveau subliminal, inaccessible à la conscience.

Les émotions se transmettent d’individu en individu en silence et à notre insu parce que leur circuit de propagation se trouve dans la route basse. La route basse est un circuit neuronal qui opère à notre insu, automatiquement et sans effort, très vite.

En parallèle de cette route basse, il y a la route haute. Cette route haute passe par des systèmes neuraux qui travaillent méthodiquement; Elle est consciente et nous donne sur notre vie intérieure un certain contrôle (que la toute basse nous refuse).

La rapidité de la route basse serait liée à des neurones ultra-rapides, les neurones fuseaux. Avant même de pouvoir mettre des mots sur ce que nous ressentons, nous avons prononcé un jugement. Goleman estime que notre capacité à dire « j’aime » ou « je n’aime pas » quelques millièmes de secondes avant de savoir de quoi il s’agit pourrait donc être due aux neurones fuseaux.

Cependant, Daniel Goleman rappelle que, même si le caractère automatique de la contagion émotionnelle nous rend vulnérables aux émotions négatives, nous ne sommes pas désemparés pour autant. La route haute nous propose des choix devant une relation destructrice. Tandis que la route basse constitue une sorte de sixième sens, la route haute est un cerveau « pensant » qui donne de la flexibilité au répertoire limité et rigide de la route basse. Pour que la route haute fasse preuve de flexibilité, elle a besoin de temps. Nous pouvons faire le choix de la route haute pour réagir avec conscience à la contagion émotionnelle.  Ainsi, le simple fait de nommer pour nous-mêmes ce que nous ressentons calme l’amygdale.

Il est aussi beaucoup question d’empathie et d’altruisme dans ce livre. Daniel Goleman estime qu’il est important d’inclure une dimension éthique dans la définition de l’intelligence relationnelle. L’intelligence relationnelle ne doit pas se résumer à la capacité de comprendre et manoeuvrer les autres. Elle doit prendre en compte les conduites affectueuses et empathiques qui enrichissent une relation.

Goleman cite de nombreuses études et recherches qui expliquent ce qui entrave l’empathie et comment passer de l’empathie ressentie à l’altruisme en acte.

Ainsi, remarque Daniel Goleman, dans nos sociétés modernes, nous sommes souvent dans un rapport lointain avec les autres, encore plus avec les malheureux. Soit nous ne les voyons pas (phénomène de transe urbaine), soit nous ne sommes pas capables d’empathie émotionnelle parce que notre empathie se contente d’une empathie cognitive. Nous nous sentons désolés pour les personnes en souffrance mais sans ressentir nous-mêmes l’aiguillon de leur souffrance. Les distances sociales (déménagements multiples, déplacements quotidiens, famille éclatée, vie urbaine) et virtuelles (communication électronique, bulle virtuelle) ont créé une anomalie dans la vie des êtres humains  (même si cette anomalie est devenue pour nous la norme). En effet, pendant les interactions directes, une boucle s’établit par laquelle nous recevons un flux ininterrompu de feedback (provenant essentiellement des expressions de l’autre, du ton de sa voix qui nous dit en permanence si nous somme sur la bonne voie ou pas en termes de relation).

De même, le stress a une dimension sociale. Les relations émotionnellement toxiques constituent un facteur de risque pour la santé humaine aussi important que le tabagisme, l’hypertension artérielle ou le cholestérol, l’obésité et l’inactivité physique.

Nos relations sociales interviennent de deux façons :

  • soit elles amortissent les effets de la maladie,
  • soit elles intensifient les ravages de l’âge et de la maladie.

Les données scientifiques mettent clairement les relations sociales toxiques ou absentes au nombre des facteurs de risque même si elles ne représentent qu’une partie du problème (d’autres facteurs de risque, de la prédisposition génétique au tabagisme, jouent également un rôle).

La qualité et la présence des relations que nous entretenons avec les autres nous influencent, pour le meilleur ou le pire.

On comprend alors l’importance de cultiver notre intelligence relationnelle, à la fois d’un point de vue individuel et collectif. Goleman insiste sur l’enrichissement personnel que procurent des relations humaines en quantité et en qualité : les éléments relatifs à l’intelligence relationnelle devraient nous guider, en tant qu’individus et société, vers une reconsidération des manières de traiter les malades, les personnes âgées, les prisonniers, les femmes enceintes, les personnes en deuil et les enfants (dans la famille mais aussi en dehors :  crèche, école, clubs de sport…).

Les humains ne peuvent pas se passer d’empathie (donnée et reçue). L’ouvrage Cultiver l’intelligence relationnelle de Daniel Goleman donne des clés pour mieux comprendre et exploiter notre cerveau social.

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Cultiver l’intelligence relationnelle de Daniel Goleman (éditions Pocket) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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