Pourquoi est-ce important (et difficile) de mettre des mots sur nos émotions ?

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Pourquoi est-ce important (et difficile) de mettre des mots sur nos émotions ?

La difficulté à identifier et exprimer les émotions

Ilios Kotsou est auteur et spécialiste de l’intelligence émotionnelle. Il nous interpelle sur l’importance de mettre des mots justes et précis sur nos émotions, sur nos ressentis plutôt que des énoncés vagues du type « ça va/ ça va pas/ ça va bof » ou des jugements du type « c’est scandaleux/ il exagère ».

10 à 15% de la population a des difficultés importantes à identifier et exprimer ses émotions de manière précise et authentique. Cette incapacité à mettre des mots sur les émotions peut avoir plusieurs sources :

  • l’éducation (la censure émotionnelle dans l’enfance, l’absence d’exemplarité des adultes encadrants…)
  • l’histoire personnelle (un traumatisme non élaboré, une expérience douloureuse suite à une expression émotionnelle authentique…)
  • la culture (la sensibilité et la vulnérabilité vues comme des signes de faiblesse)
  • l’effet de mode « tarte à la crème » du développement personnel (qui engendre un rejet de ces thématiques-là; voire des moqueries)

L’importance de verbaliser les émotions

Mettre des mots sur les émotions et les sentiments permet de donner du sens à ce qui se passe à l’intérieur, de rendre les expériences internes plus concrètes et de mieux réguler les émotions (les verbaliser permet de passer de l’état émotionnel/ réactionnel à un état plus raisonné).  Exprimer ses émotions est donc bénéfique sur :

  • la santé
  • le stress
  • l’agressivité
  • les dépendances (type alcoolisme)
  • les relations (les autres nous comprennent mieux et nous comprenons mieux les autres)
  • les performances (à l’école, au travail…)

A l’inverse, la difficulté à identifier puis exprimer les émotions est associée à plus de maladies psychosomatiques et à de moins bonnes relations.

La granularité émotionnelle

La granularité émotionnelle est la capacité à différencier entre deux états d’âme proches mais différents. Cette granularité émotionnelle permet de préserver l’organisme de l’usure du stress et de limiter les risques de maladie.

Face à des émotions douloureuses, désagréables, le simple fait de nommer les ressentis fait baisser la réactivité de l’amygdale (zone du cerveau qui déclenche les émotions). La capacité à exprimer nos émotions est reliée aux décisions que nous prenons, à la « raison ».

La granularité émotionnelle suppose une double démarche :

  1. identifier ce qui se passe à l’intérieur
  2. mettre des mots sur ce qui est ressenti

Ilios Kotsou conseille de :

  • s’arrêter régulièrement et de se poser la question : « Quelle émotion est-ce que je ressens ici et maintenant ? »,
  • apprendre à différencier les émotions des opinions/ jugements (exemple : « je ressens de la contrariété/ j’ai peur de perdre le contrôle » plutôt que « elle n’a aucun respect/ c’est un scandale ! »),
  • comprendre les états d’âme avec finesse en faisant confiance au corps et en prenant conscience de toutes les dimensions d’une émotion (sensations dans le corps, intensité de l’émotion, pensées, tendance à l’action, besoins insatisfaits à l’origine de l’émotion),
  • enrichir notre vocabulaire émotionnel (à travers des lectures, des jeux de mime, des listes de vocabulaire…).
intelligence émotionnelle vocabulaire émotions
Source : Petit cahier d’exercices d’intelligence émotionnelle de Ilios Kotsou (éditions Jouvence)

 

source RTBF

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Pour aller plus loin :
Petit cahier d’exercices d’intelligence émotionnelle de Ilios Kotsou (éditions Jouvence)

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