Avoir un soi autotélique (un soi qui a ses propres buts), une composante essentielle du bonheur ?

soi autotélique

Avoir un soi autotélique (un soi qui a ses propres buts), une composante essentielle du bonheur ?

L’adversité peut être transformée en défi, en source de joie. La différence entre celui/ celle qui profite de la vie et celui/celle qui est dominé.e par les événements provient de la combinaison de facteurs externes et internes (la façon d’interpréter les choses). Le soi « autotélique » (un soi qui a ses propres buts) selon la définition de Mihaly Csikszentmihaly est justement celui qui traduit les menaces potentielles en défis stimulants et qui maintient ainsi son harmonie intérieure.

La personne autotélique est celle qui a appris à trouver l’expérience optimale là où d’autres s’ennuient, abandonnent ou s’effondrent. Or comme ce n’est pas ce que nous possédons qui améliore la qualité de la vie, mais ce que nous éprouvons vis-à-vis de nous mêmes, il semble qu’avoir un soi autotélique soit une composante essentielle du bonheur.

 

5 façons de développer un soi autotélique

Se donner des buts

La première condition de l’expérience optimale est de se donner des buts à court et long terme. La sélection de but suppose l’identification d’un défi.  Défis et buts structurent un système d’action.

Ce qui caractérise la personne qui a un soi autotélique est qu’elle a vraiment choisi le but à atteindre. Elle s’engage pour atteindre ce but et elle est en même temps capable de modifier ce but s’il n’a plus de sens.

Le comportement de la personne autotélique est à la fois ferme et flexible.

S’immerger dans l’activité

Après avoir choisi un système d’action, la personne qui a un soi autotélique s’implique à fond dans ce qu’elle fait.

Cet engagement nécessite l’équilibre entre 1) les exigences de l’activité et 2) les aptitudes de l’individu.

En effet, la poursuite d’ambitions trop élevées engendre de l’anxiété, provoque l’échec et vide le soi de son énergie.

En revanche, le choix de buts faciles entraîne la stagnation et laisse le développement et la complexité à leur plus bas niveau.

L’engagement exige également de la concentration afin de garder l’esprit dans la bonne voie, d’orienter l’énergie et de ne pas être à la merci de toutes les distractions.

Porter attention à ce qui se passe

Pour rester dans un système d’action, il faut un apport constant en énergie psychique : la concentration porte sur l’action, sur la poursuite du but. Elle ne se laisse pas distraire par les préoccupations à propos du soi ou de l’image projetée (de quoi ai-je l’air ?).

Csikszentmihaly écrit : Paradoxalement, l’émergence du soi survient grâce à l’oubli de soi.

Apprendre à profiter de l’expérience immédiate

Le soi autotélique permet de :

  • apprendre à se donner des buts
  • développer des aptitudes
  • être attentif à la rétroaction (le feedback)
  • se concentrer
  • s’engager
  • s’ouvrir à la joie de vivre et au bonheur dans les petites choses (la sensations de la brise par une journée chaude, les reflets des nuages sur une façade en verre, un enfant qui s’amuse avec un chat…)

Le bonheur dans les tragédies, comme celles connues par les personnes incarcérées dans les camps de concentration lors de la Seconde Guerre Mondiale, repose sur la capacité de ces personnes à transformer leurs conditions objectives insupportables en expérience subjective contrôlable : concentrer son attention sur de menus détails, découvrir toutes sortes de pensées et d’actions, se donner des buts appropriés à la situation précaire. Le trait qui semble le plus important chez ces survivants est un « individualisme détaché » : un dessein dominant qui n’est pas préoccupé de son ego, caractéristique importante d’un soi autotélique.

Faire de la totalité de sa vie une expérience optimale : donner du sens à tous les buts en les unifiant en un style de vie

Csikszentmihaly définit le sens de la vie en faisant appel à trois thème : projet, engagement et harmonie. Projet, engagement et harmonie permettent d’être en accord avec soi-même et de vivre avec une grande force intérieure.

Projet

Les personnes qui trouvent que leur vie a du sens ont généralement un but qui canalise leur énergie et donne sens à leur vie : c’est un projet de vie. Tous les buts à court, moyen et long terme servent ce projet de vie. Le projet de vie donne un sens à la vie, englobe et unifie en même temps tous les buts spécifiques.

Engagement

L’engagement permet de se mettre en marche à la poursuite des buts. Ce qui importe ici est moins le succès (la réalisation du projet) que la démarche, l’effort, le progrès vers la cible, le fait de rassembler ses forces.

L’engagement implique une relation mutuelle entre but et effort : le but justifie l’effort au début mais, ensuite, c’est l’effort qui justifie le but.

Harmonie

L’harmonie est la résultant des deux autres. Celui ou celle qui sait ce qu’il ou elle veut et travaille pour l’atteindre, connaît l’harmonie intérieure : ses sentiments, ses pensées, ses actions sont congruents. Quoi qu’il arrive, il ou elle ne consume pas son énergie dans le doute, le regret, la culpabilité ou la peur mais l’utilise efficacement. La personne peut éprouver des moments de doute ou des émotions désagréables mais ne se laissent pas abattre par eux, elle les utilise comme des informations à prendre en compte pour mieux avancer.

 

Csikszentmihaly reconnaît que les projets de vie tels qu’il les décrit n’ont pas de valeur éthique en soi. Il écrit ainsi que Eichmann a probablement connu une expérience autotélique en organisation la déportation de millions de personnes lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il émet l’hypothèse que ce qui permet de développer un soi autotélique éthique provient de l’entourage proche dans l’enfance qui a donné l’exemple de bonnes actions, qui a soutenu l’enfant avec bienveillance et qui a nourri l’esprit de l’enfant avec des hitsoires, des contes et des livres inspirants porteurs de valeurs humanistes.

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Source : Vivre : la psychologie du bonheur de Mihaly Csikszentmihaly (éditions Pocket). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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