Trois notions clés pour pratiquer la communication empathique : intention, discipline, effet longue durée

pratiquer la communication empathique

Trois notions clés pour pratiquer la communication empathique : intention, discipline, effet longue durée

Dans son livre Être heureux ce n’est pas nécessairement confortable, Thomas d’Ansembourg propose trois notions clés pour vraiment rencontrer l’autre et nous rendre la vie mutuellement plus belle. Ces clés sont importantes à connaître parce que les relations naissent, vivent, s’épanouissent… mais elles peuvent aussi souffrir et mourir si nous n’en prenons pas soin.

C’est étonnant de voir comment nous pouvons prendre soin avec dévouement des milliers de choses logistiques et matérielles (maison, voiture, jardin, vêtements, téléphone, boulot) sans lesquelles il serait, malgré tout, encore possible de vivre et combien nous oublions souvent cette réalité immatérielle vivante sans laquelle il ne nous serait pas possible de vivre : la relation. – Thomas d’Ansembourg

1. L’intention

En communication empathique, l’intention est de nous relier à ce qui habite l’autre (l’empathie pour l’autre) sans nous couper de ce qui nous habite (nos émotions, nos besoins, notre vulnérabilité).

L’intention n’est pas une condition suffisante pour arriver à se rencontrer et s’entendre mais c’est une condition nécessaire. D’autres qualités sont nécessaires (patience, persévérance, expression de sa vulnérabilité…) tout en gardant en tête que créer la relation avec l’autre quand il y a désaccord prend du temps (parfois beaucoup de temps).

L’empathie et la communication bienveillante ne sont pas des outils pour faire faire gentiment aux autres ce que nous souhaitons; ce ne sont pas non plus des outils pour éviter les conflits à tout prix; ce sont des outils pour rejoindre l’autre, créer du respect mutuel et gagner en liberté par la connaissance de soi.

2. Une discipline de paix (la rigueur consciente)

Pour nous maintenir dans cette intention, nous devons fournir des efforts conscients et faire preuve de vigilance  afin de ne pas enclencher (par peur, fatigue, saturation…) les habitudes de communication qui tuent la relation : jugements, critiques, agressions, rejet, culpabilisation, retrait…

Comment imaginer que tous ces apprentissages ne prennent pas du temps ?

  • Apprendre à exprimer nos émotions et nos besoins avec authenticité et vulnérabilité,
  • Apprendre à décoder les émotions et besoins des autres et à s’y relier,
  • Apprendre à faire preuve d’auto empathie et d’empathie,
  • Apprendre à écouter nos besoins sur lesquels notre peur (déguisée sous forme de critique) nous renseigne pour faire dialoguer en nous la partie qui a peur avec celle qui a l’élan de changer,
  • Apprendre à dire ET (« j’ai peur ET je veux et peux changer », « tu as des besoins, j’ai des besoins ET nous pouvons trouver une solution »).

Thomas d’Ansembourg affirme que se disputer, se faire la gueule, râler, se plaindre, se justifier, attaquer et contre attaquer, fuir ne sont pas spontanés mais réactionnels et habituels.

Si un peuple ou des hommes en guerre sont capables de maintenir une discipline de guerre, pourquoi ne serions-nous pas capables de nous maintenir dans une discipline de paix ? – Thomas d’Ansembourg

3. L’effet longue durée

Si nous nous maintenons dans l’intention juste avec la rigueur d’une discipline de paix, nous récoltons ce que nous avons semé. – Thomas d’Ansemborug

La communication empathique n’est pas un « truc » de communication pour amener les gens à être d’accord avec nous ou à les manipuler dans notre intérêt : c’est une façon d’être soi et d’être ensemble; c’est quelque chose qui nous invite à changer notre façon d’être.

Thomas d’Ansembourg fait une comparaison avec le jardinage :

  • on sème des radis -> c’est l’intention : « Je tiens à obtenir des radis comme je tiens à trouver la rencontre avec l’autre »,
  • on en prend soin régulièrement en l’arrosant, en éloignant les limaces, en sachant bien qu’on ne fait pas pousser une plante plus vite en tirant dessus -> c’est la discipline de paix, la rigueur,
  • on aura alors des radis qu’on pourra déguster avec gratitude -> c’est le résultat de l’effet longue durée.

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Source : Être heureux ce n’est pas nécessairement confortable – Trouver le bonheur et non ce que l’on croit être le bonheur de Thomas d’Ansembourg (éditions Pocket)

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