Plus on s’identifie à quelque chose (une idée ou un objet), plus on se sent obligé de défendre cette identité.

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Plus on s’identifie à quelque chose (une idée ou un objet), plus on se sent obligé de défendre cette identité.

Dans son livre Éloge de la lucidité, Ilios Kotsou rappelle que nous souhaitons tous avoir un sentiment d’identité positif, stable et sécurisant (théorie de l’identité sociale). Cela nous amène à valoriser et à défendre ce dont cette identité dépend (groupe d’identification, idées, objets matériels symboles d’appartenance…). Cette défense se fait malheureusement souvent au détriment de celles et ceux qui n’en font pas partie ou qui n’adhèrent pas à cette idée.

Kotsou mentionne une étude du psychologue américain Szlemko (de la Colorado State University) au cours de laquelle le psychologue s’est intéressé aux comportements agressifs des automobilistes. Szlemko  et son équipe ont évalué dans quelle mesure le conducteur personnalisait son véhicule (housses de siège, autocollants, système audio performant, tuning…). Ensuite, les chercheurs ont noté la propension des conducteurs à exprimer leur agressivité en conduisant. Ceux qui personnalisent le plus leur voiture ont davantage tendance à adopter une conduite agressive.

Plus on s’identifie à quelque chose, que ce soit une idée ou un objet matériel, plus on semble se sentir obligé de défendre cette identité. – Ilios Kotsou

Ainsi, Ilios Kotsou nous avertit des dangers de ce « nombrilisme » : plus nous nous identifions à quelque chose, plus cette chose nous fige, clôt notre identité à quelques descriptions limitées de nous-même, nous enferme et nous coupe des expériences contradictoires et des apprentissages que nous pourrions en faire. Cela revient à nous accrocher à l’histoire que nous nous racontons sur nous-même, envers et contre tout.

Cette histoire peut être liée au groupe auquel nous nous identifions, à notre personnalité ou encore à notre histoire/ notre enfance et a eu une utilité à un moment ou un autre parce qu’elle nous a aidé à nourrir nos besoins d’appartenance, d’utilité et de sens de la vie. Pourtant, elle finit par nous emprisonner et nous fait perdre de vue que nous sommes liés aux autres, au-delà des ressemblances et différences. Cette histoire nous fait aussi croire que notre identité est stable, autonome, séparée du reste du monde qui ne pense pas, qui ne vit pas comme nous.

Cette perception nourrit nos comportements égoïstes et compétitifs qui en fin de compte se retournent contre nous. – Ilios Kotsou

Nous avons donc beaucoup à gagner, d’un point de vue personnel et collectif, à identifier nos pensées rigides, dogmatiques. Elles sont facilement identifiables dans le sens où nous devenons directement très réactifs à tout ce qui semble contredire ces idées et donc menacer notre image.

C’est d’autant plus important que la violence naît dans la pensée dogmatique où implicite, certitude et projection s’engendrent mutuellement, accompagnés par l’émotion euphorisante d’être dans la vérité, de ne pas être un mouton.

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Source : Éloge de la lucidité : se libérer des illusions qui empêchent d’être heureux de Ilios Kotsou (éditions Poche Marabout).

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