5 règles pour des relations coopératives en couple

règles pour des relations coopératives en couple

5 règles pour des relations coopératives en couple

Dans son livre Des scénarios et des hommes, Claude Steiner, psychologue spécialiste de l’Analyse Transactionnelle, propose des règles pour des relations coopératives en couple.

Il définit la coopération comme un mode de relations interpersonnelles qui, en faisant l’hypothèse qu’il n’y a pas de manque en ce qui concerne les besoins de base (alimentation, couvert, espace) fournit à chacun la possibilité d’avoir tout ce dont il a besoin.

Il affirme que le couple est le laboratoire le plus approprié et le plus protégé pour des relations personnelles coopératives parce que c’est dans la situation où les deux partenaires ont une relation intime et durable.

Cependant, deux personnes qui ont décidé vouloir entrer dans une relation de couple coopérative doivent absolument être d’accord sur les cinq règles suivantes.

1.Pas de pénurie

Il doit exister entre les partenaires une quantité satisfaisante de ce dont chacun peut avoir besoin venant de l’autre. Steiner admet que cet accord n’est pas toujours possible dans la mesure où, dans certains cas, les gens ne disposent pas de ce dont l’autre a besoin. Certains ne peuvent pas fournir la liberté, la sécurité, la volonté de partager, le soutien, et le savoir dont les autres ont besoin.

Il cite cet exemple : si chacun des deux partenaires du couple prend en compte ses besoins sexuels, il se peut que l’un veuille avoir des rapports sexuels deux fois par jour et que l’autre ne veuille pas de rapports sexuels du tout. Quand le désaccord entre les désirs de chacun est si grand qu’il ne peut y avoir de compromis, il y a de fait une situation de pénurie à laquelle on ne peut pas remédier. Dans cet exemple, il est peu probable qu’un compromis de coopération puisse être trouvé. Cependant, dans la plupart des situations, le désaccord n’est pas aussi grand et on peut très bien aboutir à un compromis de coopération.

Une situation plus courante pourrait être celle dans laquelle une personne veut avoir des rapports sexuels quotidiens alors que l’autre préférerait avoir des rapports tous les trois jours. Ici, en acceptant l’hypothèse que la pénurie est inutile, on peut arriver à des compromis tels que chacun des deux puisse se sentir satisfait. Par exemple, un couple qui était dans cette situation est tombé d’accord sur le fait que la personne qui a de plus grands besoins sexuels pourrait se masturber pendant que l’autre personne la tiendrait dans ses bras et lui donnerait des caresses amoureuses.

2.Des droits égaux

Dans une relation coopérative, chacune des deux personnes a des droits égaux quant à sa satisfaction et une égale responsabilité du processus de coopération.

Une personne peut être consciente qu’il y a assez pour les deux (= pas de pénurie) et pour autant ne pas être désireuse de partager et de se battre pour arriver à une répartition égale de ce dont ils disposent en tant que couple.

Steiner mentionne le scénario du rôle sexuel produit des relations entre les hommes et les femmes incluant des inégalités qui, au bout du compte, favorisent l’homme. A titre d’exemple, on attend des femmes qu’elles fassent une plus grande part du ménage même si tous les deux travaillent, et pratiquement tout, si elle ne travaille pas. Il se peut qu’elle travaille à la maison autant et aussi dur que lui à son travail, mais on trouvera normal qu’il ait plus de temps de loisirs qu’elle. Si elle demande à avoir un temps égal, il se peut qu’il reconnaisse en avoir plus, mais qu’il ne veuille pas l’égalité dans ce domaine en se fondant sur son privilège de mâle.

La mise en place d’une véritable relation coopérative en couple requiert l’abandon mutuel des privilèges de chacun des deux partenaires.

3.Pas de jeux de pouvoir

Les jeux de pouvoir ne sont jamais une option, quelles que soient les circonstances.

Les jeux de pouvoir sont basés sur l’hypothèse de la pénurie et de la compétitivité et sont par définition l’antithèse de comportements coopératifs. Ils doivent donc être abandonnés en tant que méthode pour obtenir ce que l’on veut dans une relation de coopération.

Steiner souligne que ce point semble simple à première vue mais qu’il apparaît par la suite être l’un des accords de coopération les plus difficiles à honorer.

Nous sommes profondément immergés dans des peurs de pénurie et très entraînés à utiliser le pouvoir d’une manière ou d’une autre pour obtenir ce que nous voulons. Les menaces, les bouderies, les hurlements, les portes qui claquent, les dévalorisations et ainsi de suite, sont des approches plus accessibles pour nous que la discussion et la négociation. – Claude Steiner

Ainsi, les deux partenaires doivent être très attentifs aux jeux de pouvoir et avoir la volonté de les identifier (à la fois en tant qu’auteur et que victime) et de les arrêter aussitôt qu’ils apparaissent.

4.Pas de secrets

Pour une relation de couple véritablement coopérative, il ne doit pas y avoir de secrets, en particulier sur ce que chacun veut. Cela suppose que chacun se sente libre de demander tout ce qu’il veut et cela 100 % du temps.

Steiner rappelle que la tendance à utiliser les jeux de pouvoir pour obtenir ce que chacun désire va avec l’incapacité à reconnaître ou à demander clairement et de manière ouverte ce que l’on veut.

Steiner lie cette tendance au secret au fait que révéler quels sont ses besoins dans une situation compétitive revient à prévenir son compétiteur de ce qu’on demande si bien que la peur du manque augmente.

Ainsi, un des principaux obstacles à la coopération est que, ou bien les gens ne veulent pas dire ce qu’ils désirent ou bien ne sont pas en contact avec leurs désirs et, par la suite, deviennent rancuniers car ils n’obtiennent pas satisfaction.

Steiner avertit que demander ce qu’on désire n’est pas la même chose que d’obtenir ce qu’on veut par appropriation, par ruse ou en flattant les gens. Il s’agit simplement de faire état de sa situation, dans laquelle celui qui a fait état de la sienne peut coopérer et négocier.

Une conséquence de cette ouverture aux besoins de chacun est que les besoins ressentis pour les articles manquants diminuent de fait. En effet, les partenaires partagent et ,du coup, les besoins artificiels de consommation, créés par le mercantilisme et la publicité, se trouvent énormément affaiblis.

Quand les signes de reconnaissance sont plus fréquents, les besoins qui se fondent sur la soif de caresses (produits de beauté, médicaments, vêtements neufs, voitures et ainsi de suite) sont automatiquement en très forte baisse.

Une société de coopération est fondée sur l’hypothèse que chacun est O.K., que chacun a la volonté de coopérer et que chacun mérite d’avoir ce dont il ou elle a besoin. – Claude Steiner

5.Pas de sauvetage

Dans une relation de couple coopérative, les partenaires sont supposés demander tout ce dont ils ont besoin. En parallèle, il est important que, s’ils ne demandent pas aux autres de subvenir à leurs besoins, ceux-ci, à cause de la honte, de la culpabilité ou d’instincts nourriciers mal orientés, n’agissent pas sans une indication claire que le besoin existe. En d’autres mots, cela signifie qu’un partenaire ne doit jamais faire quelque chose pour l’autre que ce dernier n’a pas explicitement demandé.

Selon Steiner, un Sauvetage consiste à faire des choses ou à se trouver dans des situations qu’on n’a pas souhaitées, parce qu’on a imaginé que l’autre personne les voulait, celle-ci étant perçue comme une Victime, incapable de se débrouiller par ses propres moyens.

Le Sauvetage est donc une violation du contrat, qui est de demander ce que l’on veut, et cela s’applique aussi bien au Sauveteur qu’à la Victime. Cela recrée aussi la situation dans laquelle les jeux de pouvoir, qui éveillent la culpabilité et la honte, peuvent être utilisés pour obtenir ce qu’on veut au lieu de le demander.

Cepdenant, Steiner reconnaît qu’on perd son intérêt pour la coopération en présence de gens non coopératifs. C’est donc une approche légitime de prévenir celui qui refuse de coopérer qu’on ne coopérera plus en retour quand cette approche est basée sur la règle que l’on devrait toujours dire ce que l’on veut.

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Source : Des scénarios et des hommes : Analyse transactionnelle des scénarios de vie de Claude Steiner (éditions Desclée De Brouwer). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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