Combattre par la non violence : 5 pistes pour répondre à la violence par la non violence

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Faut-il répondre à la violence par la non violence ?

Recourir à la force contre la force ne fonctionne pas. – Scilla Elworthy (nommée trois fois pour le prix Nobel de la Paix)

5 pistes pour répondre à la violence par la non violence

1. Se changer soi-même

J’ai le contrôle de ma attitude et je peux agir sur ma réaction face à la violence. Je dois développer ma connaissance de moi pour le faire.

Cela signifie que j’ai besoin de savoir ce qui me motive, quand je m’effondre, où sont mes points forts, où sont mes points faibles. Quand est-ce que je cède ? Pour quoi est-ce que je vais me battre ?

La méditation, l’introspection ou encore la pratique de la Communication Non Violente sont des manières (pas les seules) d’acquérir ce pouvoir intérieur.


2. Parler à la peur

Scilla Elworthy a un petit mantra : « Ma crainte s’engraisse de l’énergie que je lui donne. Si elle grossit beaucoup, ça arrivera probablement. »

Elle propose de s’asseoir avec la peur comme un enfant à côté de vous : vous êtes l’adulte, la peur est l’enfant,  vous parlez à la peur, vous lui demandez ce qu’elle veut, ce qu’il lui faut. Comment peut-on améliorer les choses ? Comment l’enfant peut-il se sentir plus fort ? Vous faites un plan.

 

3. Utiliser les ressources de la colère à bon escient

Là où il y a injustice, il y a la colère. Mais la colère est comme l’essence, si vous la vaporisez et que quelqu’un allume une allumette, vous avez un enfer.

Pourtant, la colère peut aussi être un moteur puissant. Si nous pouvons mettre notre colère dans un moteur, elle peut nous faire avancer, elle peut nous faire traverser des moments terribles et elle peut nous donner une vraie puissance intérieure.

On peut être en colère contre la chose, les armes nucléaires par exemple, mais il est vain d’être en colère contre les gens. Ce sont des êtres humains tout comme nous. Ils font ce qu’ils pensent être le mieux et ont probablement de bonnes raisons de le faire (de leur point de vue). C’est là-dessus que nous devons nous baser pour parler avec eux.

La Communication Non Violente peut nous aider en ce sens : (re)connaître les émotions et les besoins, faire preuve d’empathie, démontrer de l’attention et de la volonté de comprendre l’autre.

Lire aussi : Utiliser la communication non violente pour résoudre les conflits entre les personnes

 

4. Coopérer et faire confiance

Le siècle dernier a été celui du pouvoir descendant. C’étaient toujours les gouvernements qui disaient aux gens quoi faire. Ce siècle-ci, il y a un changement. On vit une puissance ascendante ou populaire. 

Les habitants des zones de conflit font des choses comme la démobilisation des milices, la reconstruction des économies, la réinstallation des réfugiés, même la libération des enfants soldats. Ils doivent risquer leur vie presque tous les jours pour le faire. Ils se sont rendus compte que l’usage de la violence dans les situations dans lesquelles ils opèrent n’est pas seulement moins humain, mais aussi moins efficace que l’utilisation de méthodes qui relient les gens entre eux, que la reconstruction.

 

5. Montrer sa propre vulnérabilité

C’est souvent la peur qui nous empêche d’oser dire, d’oser exposer notre vulnérabilité, d’oser exprimer nos émotions et nos besoins, d’oser formuler des demandes. Les peurs peuvent être alimentées par les préjugés, les jugements, les idées toutes faites, les étiquettes (que la société nous colle, que les autres nous collent, qu’on se colle soi-même), les présupposés (peur de la réaction de l’autre, de la sanction), l’ordre hiérarchique.

Afin de se relier à ce qui est vivant en nous et en autrui, nous gagnerions à surmonter nos peurs : en prendre conscience, les reconnaître, les ressentir physiquement, les mettre en lien avec des besoins non satisfaits, oser la vulnérabilité dans un langage personnel (s’exprimer en « je ») et authentique.

Comment faire face à une brute sans pour autant devenir un voyou ? Nous utilisons les compétences que j’ai décrites : la puissance intérieure, le développement de la puissance intérieure, grâce à la connaissance de soi, en reconnaissant et en travaillant avec notre peur, en utilisant la colère comme un carburant, en coopérant avec les autres, en se réunissant avec d’autres, grâce au courage, et plus important encore, à un engagement à la non-violence active. – Scilla Elworthy

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Le livre mentionné dans cette vidéo : De la dictature à la démocratie : Un cadre conceptuel pour la libération de Gene Sharp aux Éditions L’Harmattan (2009)

 

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Depuis un demi-siècle, de nombreuses révolutions pacifiques contre des dictatures ont abouti comme en Pologne, au Kosovo ou encore en Serbie ; certaines hélas, ont échoué.

Gene Sharp qui est sans aucun doute le chercheur le plus avancé dans l’étude de ces processus, démontre ici que les difficultés qui conduisent à l’échec proviennent souvent d’actions désordonnées, d’une insuffisance de préparation pour rendre la lutte efficace, d’une sous-estimation de l’adversaire, enfin et surtout d’une méconnaissance de ce que recouvre une « stratégie » et de ce qu’elle exige dans son application.

Chez les militaires on l’apprend dans les plus grandes écoles alors que du côté civil on se persuade qu’il suffit de descendre dans la rue par millions pour réussir. Voilà ce que l’auteur nous fait comprendre dans ce livre, magistrale leçon de stratégie.

Traduit dans de nombreuses langues, cet ouvrage connaît un incontestable succès international, il a été essentiel à bon nombre de populations en souffrance qui ont lutté pour défendre des valeurs démocratiques et se libérer de l’oppresseur.

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