Résoudre les conflits dans une relation amoureuse

Résoudre les conflits dans une relation amoureuse

Résoudre les conflits dans une relation amoureuse

John Gottman est un thérapeute américain spécialiste des relations de couple. Dans son livre Les couples heureux ont leurs secrets, il propose une méthode de résolution des conflits dans une relation amoureuse basée sur l’idée de traiter le ou la partenaire comme un.e invité.e, c’est-à-dire avec courtoisie et respect :

  • démarrer les discussions en douceur,
  • apprendre à faire et à accepter les tentatives de rapprochement,
  • se réconforter soi-même et réconforter l’autre (auto empathie et empathie),
  • faire des compromis,
  • être tolérant des fautes de l’autre.

Démarrer les discussions en douceur

Ce que John Gottman entend par « douceur » est l’absence des quatre cavaliers de l’apocalypse du couple : critique, mépris, contre attaque et dérobade/ retrait. Il écrit que, le plus souvent, les couples se séparent parce que, pour éviter des accrochages constants, les partenaires prennent leurs distances et s’éloignent à tel point qu’ils en perdent leur amitié et leur complicité.

Cette douceur peut passer par de l’auto dérision (par exemple, éclater de rire et trouver marrant que le ou la partenaire ait encore oublié telle ou telle mission, juste faire une observation sur le fait que cette tâche n’a pas été réalisée en décrivant ce qui est constaté).

Gottman précise qu’un démarrage en douceur n’a pas à être diplomatique mais dénué de toute critique, de toute attaque personnelle ou de tout mépris. Cela peut passer par des phrases du type : « C’est très important pour moi de/ ça me tient à coeur de.. ou alors « Je sais que moi aussi, j’ai mes défauts et que tu n’aimes pas quand je… mais ça me met hors de moi quand tu… »).

Une phrase qui commence par Je et qui exprime des émotions authentique, exprimer dans un langage personnel et responsable, qui traduit des besoins et une vulnérabilité risque moins d’éveiller de la défense, de la contre attaque ou du retrait chez l’autre.

 

Apprendre à faire et à accepter les tentatives de rapprochement

Gottman compare les tentatives de rapprochement à des « freins » parce qu’elle servent à atténuer la tension. Cela peut passer par le fait de reconnaître la part de vrai dans ce que l’autre dit même si tout ce qu’il dit n’est pas vrai. Un « oui, en effet » peut changer l’ambiance et entraîner de meilleures dispositions de part et d’autre à l’échange plutôt qu’à l’attaque/ contre attaque dans un dialogue de sourds.

Gottman liste plusieurs tentatives de rapprochement qui peuvent être faites ou reconnues et acceptées (quand elles viennent du partenaire):

  • l’expression des émotions (ex : « j’ai peur », « ça m’a blessé quand tu as dit… », « j’ai l’impression de… », « je commence à m’inquiéter », « s’il te plaît, peux-tu me le dire plus gentiment ? »)
  • l’expression des besoins personnels (ex : « j’ai besoin de ton soutien en ce moment », « s’il te plaît, écoute moi », « j’ai besoin que tu me prennes dans tes bras », « c’est important pour moi de finir ma phrase »)
  • les excuses (ex : « je suis désolée d’avoir réagi comme ça », « je me suis trompée », « je te demande pardon », « je ne pensais pas t’avoir fait autant de mal, je m’en excuse »)
  • les expressions qui traduisent l’acceptation  et le « Oui » à ce qui est (ex : »Ce que tu veux dire en fait, c’est que… est-ce bien cela ? », « C’est vrai, je reconnais que… », « Si on trouvait un terrain d’entente ? », « Je n’avais jamais considéré les choses sous cet angle là », « Merci pour… »)
  • les demandes de pause (ex : « J’ai besoin de faire une pause, on peut reprendre cette discussion dans 20 minutes/ dans une heure? », « Je voudrais changer de sujet », « Là, on s’égare »)
  • la reconnaissances des erreurs et des torts (ex  : « Je te suis reconnaissant de… », « Je sais que c’est en partie ma faute parce que je… », « C’est bien vu de ta part »)
  • les signes de reconnaissance positive (ex : « Je t’aime », « L’une des choses que j’admire le plus chez toi, c’est… », « J’aime quand tu.. ».

Gottman propose même de donner une tournure officielle aux tentatives de rapprochement et d’annoncer au cours d’une discussion houleuse : « Attention, ceci est une tentative de rapprochement ! ».

 

Se réconforter soi-même et réconforter l’autre (auto empathie et empathie)

John Gottman a noté, au contact des nombreux couples qu’il a accompagnés, que les partenaires ont du mal à donner ou accepter des tentatives de rapprochement parce que l’un des deux (ou les deux) est submergé par le stress et s’en trouve incapable de raisonner avec logique et compassion.

Gottman conseille d’apprendre à reconnaître les signes du stress (tensions dans le corps, rythme cardiaque qui s’accélère, respiration saccadée ou poussive, mélange de peur, colère et tristesse, pensée du type « je n’ai pas à supporter ça une minute de plus », « il/elle a complètement tort », « pourquoi il/ elle en fait toujours des tonnes ? », « c’est toujours moi qui prends », « j’en ai marre » et des tendances à l’action du type fuite, accès de violence ou enfermement/ diversion avec la télé, le sport, la cigarette…).

Une fois ces signes connus et identifiés, il est alors possible de demander une pause et d’en profiter pour faire retomber la pression à la fois dans le corps et dans l’esprit : aller marcher dehors, faire un exercice de respiration, pleurer, trouver une image personnelle apaisante et s’y ressourcer, boire un verre d’eau fraîche, lire un magazine…

Faire preuve d’empathie envers l’autre consiste, une fois qu’on est capable de faire preuve d’empathie envers soi-même en se traitant avec douceur et en accueillant ce qui est (les sensations du corps, les émotions ressenties, les besoins profonds et les valeurs à l’origine des émotions et des comportements), à reformuler sous forme d’hypothèse ce que l’autre ressent, ce qui le motive : « j’ai l’impression que tu as peur de..; », « quand je te dis ça, tu te sens attaqué parce que tu as besoin de… », « est-ce que tu aimerais que je… ? ».

 

Faire des compromis

Pour Gottman, il n’est possible de faire des compromis au cours desquels les deux partenaires gagnent que si les étapes précédentes ont été comprises et appliquées.

Cette recherche de solution ne peut se faire qu’avec l’idée d’accepter l’influence de l’autre. Cela ne veut pas pour autant dire accepter tout ce que l’autre pense, fait et dit mais cela signifie accepter d’envisager sa position et d’en saisir les intentions et motivations positives, les valeurs et besoins qui en sont à l’origine.

Gottman invite les partenaires à tracer chacun sur deux feuilles séparées deux cercles, l’un plus petit à l’intérieur de l’autre. En lien avec un problème du couple choisi ensemble, les partenaires noteront chacun sur leur feuille dans le cercle intérieur les aspects non négociables et dans le cercle extérieur les aspects sur lesquels un compromis est envisageable. Chaque partenaire lit ensuite ses deux cercles à l’autre dans l’idée d’y trouver des éléments communs qui permettent de satisfaire les besoins de l’un et de l’autre dans une optique créative et ouverte.

Des questions peuvent servir de guide sur ce chemin ;

  • sur quoi sommes-nous d’accord ?
  • quels sont nos sentiments partagés ?
  • quels sont nos valeurs communes ?
  • quels sont nos objectifs communs pour créer une relation de couple pleine de sens, qui permette à chacun de donner le meilleur de soi-même ?
  • comment pouvons-nous parvenir à ces objectifs sans nous faire souffrir l’un l’autre ?

 

Être tolérant des fautes de l’autre

Gottman conseille de se méfier des « si seulement » (si seulement ma femme était plus riche, si seulement mon mari était plus tendre…). Ces « si seulement » sont des entraves à une communication authentique et à la recherche de solutions parce qu’ils entretiennent l’espoir de changer l’autre pour qu’il se conforme à nos désirs. Il ne s’agit alors plus d’amour inconditionnel mais d’amour conditionnel par définition insatisfaisant pour les deux partenaires et insatiable.

 

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Source : Les couples heureux ont leurs secrets de John Gottman (éditions Pocket)

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