Quand un agresseur (violence psychologique) se dit victime : « après tout ce que j’ai fait pour toi… »

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Quand un agresseur (violence psychologique) se dit victime : « après tout ce que j’ai fait pour toi… »

Dans son livre Le décodeur des violences psychologiques, Ariane Calvo décode les violences psychologiques et rappelle que les agresseurs/ manipulateurs ont tendance à se faire passer pour des victimes. Ils opèrent un renversement de situation au cours de lequel les victimes, paralysées par la peur et l’incompréhension, voient leurs agresseurs se poser en victimes !

Certains agresseurs vont jusqu’à accuser leurs victimes d’être elles-mêmes négligentes, voire carrément maltraitantes. Il s’agit d’un jeu psychologique, utilisant l’influence et la perte de repères pour parvenir à des fins de domination. En effet, la victime n’arrive pas à faire sens de ce qui se passe autour d’elle et est confuse, tiraillée entre d’un côté ses émotions qui lui disent qu’elle est en danger et de l’autre les manipulations de l’agresseur qui lui font penser qu’elle est inhumaine, égoïste.

Ariane Calvo estime que la phrase la plus représentative de ce jeu psychologique malsain est « après tout ce que j’ai fait pour toi… ».

Le jeu psychologique s’appuie sur trois ressorts :

  • la personne manipulatrice se positionne en victime et actionne la culpabilité de la « vraie » victime en faisant peser sur cette dernière une sensation de dette qui actionne son besoin de l’aider, en retour de ce que la première aurait fait pour la deuxième;
  • la vraie victime adopte alors une posture de sauveur tout en sachant bien qu’elle n’a pas à aider son agresseur, car il n’est pas une vraie victime;
  • comme la vraie victime aide l’agresseur pas aussi bien, ou aussi promptement, ou aussi longtemps qu’il le voudrait, l’agresseur en vient à persécuter la victime devenue sauveuse… qui redevient une victime sous le feu des critiques et des reproches de l’agresseur/persécuteur qui estime qu’il n’en reçoit pas assez, que la victime n’est pas assez reconnaissante, qu’elle est incapable d’émotions et de gratitude.

Le triangle de Karpman

Les trois rôles : le Sauveur, le Persécuteur et la Victime

Ariane Calvo fait référence au triangle de Karpman pour décrire ce jeu psychologique. Il est courant de s’y retrouver piégé, parfois plusieurs fois par jour (parce que certaines personnes ne savent pas fonctionner sur un autre registre).

Les trois personnages de ce « triangle dramatique » se nomment le Sauveur, le Persécuteur et la Victime. Lorsque, dans une relation interpersonnelle, l’une des personnes endosse l’un de ces rôles, l’autre personne va inévitablement se positionner dans un des deux rôles restants dits « complémentaires ».

Puis, les rôles tournent inexorablement, empêchant tout dialogue adulte et multipliant les incompréhensions, la colère, le sentiment de ne pas être respecté ni entendu.

triangle dramatique karpman

Comment sortir du triangle ?

Pour sortir du triangle de Karpman, il faut impérativement reconnaître que l’interlocuteur est coincé dans un de ses rôles préférés, conduisant inexorablement l’autre à basculer dans un des deux autres rôles.

Pour faire cesser le jeu psychologique, Ariane Calvo nous conseille d’opposer aux appâts habituels la posture de l’adulte, plutôt que la posture victime, sauveur ou persécuteur.

« Je suis responsable de mes agissements, paroles et émotions et je te laisse entièrement responsable de tes agissements, paroles et émotions. » C’est la seule façon de sortir du triangle. En effet, le jeu repose sur la déresponsabilisation de chacun des acteurs, chacun tentant de renvoyer la balle sur l’interlocuteur. – Ariane Calvo

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Source : Le décodeur des violences psychologiques de Ariane Calvo (éditions First). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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