Vivre heureux en couple

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Vivre heureux en couple

Les émotions douloureuses dans le couple

Thomas d’Ansembourg, thérapeute et formateur en Communication Non Violente, affirme que nous ne sommes pas en couple pour compenser nos misères mais partager notre joie. Selon lui, être en couple, c’est accepter de vivre des relations vraies quitte à ce qu’il y ait des temps inconfortables (la vie de couple n’étant pas un « bal masqué » où chacun dissimule ce qui se passe en lui).

Nous ne sommes pas en état d’amour, de nous-mêmes, de l’autre, de la vie quand nous avons peur. Nous sommes plutôt contractés pensant que nous ne devons compter que sur nous, dans un climat de séparation plutôt que dans un climat d’ouverture et d’union.

Apprendre à dépasser ses peurs et à s’en parler est une clé pour un couple heureux. Parfois, la réserve, la pudeur, la timidité, les contraintes matérielles font que les couples ne se parlent pas de leurs peurs, de leurs appréhensions, n’exposent pas leur vulnérabilité.

On se parle des choses à faire, des courses, des enfants, de l’intendance mais pas de comment je vis mon intimité avec toi, comment je la vis dans le coeur à coeur mais aussi dans le corps à corps. C’est rare que les couples osent donner avec finesse ce qui se passe en eux. – Thomas d’Ansembourg

L’empathie, pilier pour vivre heureux en couple

Pourtant, il est précieux d’apprendre à apprivoiser les émotions douloureuses, à ne pas les nier et à les nommer quand elles sont là, de partager dessus. Ce partage émotionnel et relationnel s’appuie sur deux piliers : l’auto empathie pour soi et l’empathie pour l’autre. En effet, quand nous nous sentons rejoints, écoutés, respectés dans ce que nous sommes (même si nos besoins ne sont pas satisfaits), nous nous apaisons et nous nous relions.

L‘auto empathie, c’est se dire : « Tiens, j’ai cette peur. C’est vrai, elle est là. Qu’est-ce qu’elle dit de moi ? Qu’as-tu à m’apprendre, chère peur ? »

L’empathie pour autrui, c’est comprendre ce qui se passe derrière les émotions et les comportements de l’autre, c’est remettre chez l’autre ce qui lui appartient sans prendre personnellement ce qu’il dit ou fait, mais en acceptant le fait que ses jugements et critiques sont l’expression tragique de ses besoins à lui et renseignent sur son état.

L’empathie, c’est rejoindre l’autre dans ses émotions sans s’en sentir responsable et dans ses besoins sans chercher à les prendre en charge. – Thomas d’Ansembourg

Quand on apprend à (s’) écouter avec empathie, on comprend qu’on peut contribuer au bien-être de l’autre et inversement mais qu’on ne peut pas le fabriquer à sa place.

Cette capacité d’écoute s’apprend et cette apprentissage prend du temps. L’écoute véritable ne peut que s’acquérir et se perfectionner avec la pratique. On va s’y prendre et s’y reprendre, parfois échouer, parfois tomber juste, parfois en avoir marre. Au début, ce processus d’auto empathie et d’empathie est périlleux et son apprentissage peut être décourageant. C’est en pratiquant que la fluidité viendra.

Pour autant, on peut aussi avoir besoin de poser nos limites personnelles.

Exprimer des limites personnelles dans le couple

De nombreux couples sont rongés par des pseudos justifications pour remettre à plus tard – ou à jamais – des discussions authentiques et intimes (« c’est pas le moment », « elle est occupée », « j’ai honte », « il ne va pas comprendre », « elle souffre de ceci, de cela »).

Thomas d’Ansembourg nous enjoint à oser créer un climat de sincérité et à prendre soin de travailler régulièrement notre hygiène émotionnelle (personnelle et en couple) : se dire les choses à temps, dans la bonne mesure, à la bonne personne (ce qui appartient au travail se règle au travail). Cela nous évitera d’exporter sur les autres ce qui ne lui appartient pas.

Cette hygiène émotionnelle commence par prendre du temps pour soi et faire des pauses régulières pour se demander :

  • comment je me sens ?
  • qu’est-ce que je sens ?
  • quels sont les moments de joie que j’ai envie de reproduire ?
  • qu’est-ce qui est triste, déçu, en colère en moi et que j’ai besoin de comprendre, d’accueillir ?
  • quel est le besoin derrière mon émotion ?

Nos besoins sont comme des poupées russes : un besoin peut en cacher un autre. Ecouter nos émotions, y compris la peur, la tristesse et surtout la colère, nous permet d’aller au-delà du premier niveau de besoins. L’ultime poupée russe sera pleine et ne peut être découverte qu’après avoir accueilli toutes les émotions telles qu’elles sont. Cette dernière poupée donne accès à un état de plénitude.

Je plaide pour cette hygiène de conscience, d’apprendre à gérer ce qui se passe en nous pour qu’il n’y ait plus de dragon qui s’installe dans nos coeurs, qu’on sache sentir quand il se pointe et qu’on sache le traiter à temps. – Thomas d’Ansembourg

L’hygiène émotionnelle permet également d’oser exprimer des limites personnelles et de la colère de manière non violente. Cela peut se traduire, dans un couple, par le fait de demander au/ à la conjoint.e de grandir ensemble, d’avoir des projets qui portent les deux partenaires dans une joyeuse connivence, d’évoluer, d’accepter les fragilités mutuelles pour installer une communion au sein du couple. Quand le ou la partenaire n’accède pas à cette demande de se rendre la vie plus belle mutuellement, de cheminer ensemble, alors il est possible, tout en respectant l’autre, de décider de cheminer autrement et dans un autre contexte.

Cette démarche d’expression de limite personnelle est importante pour être heureux en couple parce que la tolérance et l’accommodation à la souffrance, à la frustration finit par fabriquer des dragons intérieurs, des cocottes minutes.

C’est du boulot que d’arriver à développer cet état de paix intérieure suffisamment puissant pour demeurer puissant, chaleureux, ancré à travers les intempéries. – Thomas d’Ansembourg

Quand on n’est plus heureux en couple

Se séparer sans ressentiment

Le processus de Communication Non Violente aide à gagner en lucidité et en clarté, à voir au-delà des frictions et à créer des ponts entre les gens mais cela ne résout pas tout pour autant.

Il peut arriver d’être en lien avec des personnes avec lesquelles l’entente ne passe pas et il peut être juste de s’en rendre compte avec respect et bienveillance, sans maintenir d’animosité, de ressentiment ou une envie de revanche.

Pour aller plus loin : Le ressentiment : comprendre les mécanismes du ressentiment pour s’en libérer

Dépasser la dépendance affective

La dépendance affective arrive quand on projette tout sur l’autre si bien que, quand il ou elle s’éloigne, c’est une catastrophe. Cette dépendance rend fragile parce qu’elle ne supporte pas le changement.

C’est le fait de se connaître suffisamment qui va nous aider à porter notre propre état de paix et de bonheur : est-ce que je m’aime ? est-ce que j’aime toutes mes parties ? est-ce que je suis capable d’accueillir avec auto empathie mes souffrances ? est-ce que je peux regarder ma vulnérabilité et lui accorder de la tendresse ?

Dépasser la dépendance affective, c’est faire l’expérience que, comme dit précédemment, nous pouvons contribuer au bonheur de l’autre et l’autre peut contribuer à notre propre bonheur mais que personne ne fabrique le bonheur de l’autre.

Lire aussi : Origines et caractéristiques des dépendances affectives : comment grandir à partir de la dépendance ?

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Source :

Pour aller plus loin, l’ouvrage de Thomas d’Ansembourg :
Être heureux ce n’est pas nécessairement confortable – Trouver le bonheur et non ce que l’on croit être le bonheur (éditions Pocket)

 

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