3 générateurs d’agressivité (et comment les éviter dans nos relations)

(et comment les éviter dans nos relations)

3 générateurs d’agressivité (et comment les éviter dans nos relations)

Certaines attitudes sont génératrices d’agressivité et de jeux psychologiques. Il est possible d’apprendre à les déceler et à les éviter.

1.Les généralisations

Les généralisations peuvent prendre plusieurs formes dont :

Les exagérations permanentes

Les exagérations permanentes sont véhiculées par des mots du type tous/ toujours/ personne/ nulle part/ partout…

Il est possible de les éviter :

  • en tant qu’émetteur du discours : par un discours plus descriptif (“3 fois cette semaine”, “il m’est déjà arrivé que certaines personnes”, “dans cette situation…”)
  • en tant que récepteur : par une recherche de contre exemples “Vraiment toujours ? Il me semble pourtant que + contre exemple./ Tu as l’impression que personne ne fait jamais ça. Tu n’as aucun contre exemple ?”

Les amalgames

Les amalgames consistent à mélanger les problèmes (ex : “Oui, mais l’autre jour, toi, tu as…”).

Il est possible de les éviter :

  • en tant qu’émetteur du discours : par une attention portée à la relation, au lien en validant les émotions (empathie et auto empathie) plutôt qu’au fait d’accuser l’autre ou de contre attaquer (“Oui, c’est vrai : je vois bien que tu te sens comme ci/ comme ça”)
  • en tant que récepteur : par le fait de rester centré sur le problème présent (“On abordera ce problème dès qu’on aura résolu celui dont nous sommes en train de parler”)

La récupération

Dans la récupération, l’exemple remplace et prouve la situation (par exemple : “Il ne m’a pas dit bonjour, ça prouve bien que…”).

Il est possible de l’éviter :

  • en tant qu’émetteur du discours : par le fait de décrire ce qui s’est passé sans jugement ni interprétation des intentions de l’autre personne et en accueillant ses propres émotions (“Je suis triste quand l’autre ne me dit pas bonjour parce que j’ai besoin de reconnaissance et j’ai aussi peur parce que je me sens seule et invisible”).
  • en tant que récepteur : par le fait de recentrer le débat sur les solutions et le futur (“Tu aurais aimé que… Qu’aimerais-tu pour la prochaine fois ? Quelles solutions te paraissent envisageables ?”).

 

2.La dévalorisation

Dévaloriser, c’est humilier. La dévalorisation peut prendre plusieurs formes de déstabilisation.

La comparaison

La comparaison est un puissant générateur d’agressivité parce qu’elle prive celui qui en est l’objet de son unicité, de sa valeur, de son appréciation personnelle et le place en position d’infériorité, d’incomplétude.

Il est possible de l’éviter :

  • en tant qu’émetteur du discours : par le fait de pointer les choses positives chez l’autre avec gratitude (même petites) et en lui faisant des demandes à partir de nos besoins insatisfaits
  • en tant que récepteur : par le fait de s’affirmer et de demander quelles sont les attentes/ demandes de l’autre (“Je n’aime pas être comparé. Je comprends que tu attends autre chose de ma part. Est-ce que c’est ça ?”)

Les étiquettes

Les étiquettes sont des mots qui enferment et agissent comme des points finaux qui clôturent l’échange (“toi , la féministe de service/ espèce de gauchiste/ tu es un bon à rien”). Les étiquettes peuvent également prendre la forme de surnoms infantilisants et dévalorisants (ex :”bouboule”).

Il est possible de les éviter :

  • en tant qu’émetteur du discours : par le fait de garder à l’esprit l’impact négatif des étiquettes sur les autres et de repérer nos tentations de prise de pouvoir sur les autres pour les éviter
  • en tant que récepteur : par le fait d’affirmer son identité en dehors de l’étiquette et d’insister sur les valeurs portées avec vigueur (“C’est vrai que la défense des droits des femmes est une valeur importante pour moi.”)

Les accusations et les pourquoi ?

L’objectif des accusations est de mettre l’autre en situation de justification. Or plus une personne se justifie, plus elle s’enfonce et donne du grain à moudre à son interlocuteur.

Il est possible de les éviter :

  • en tant qu’émetteur du discours : par le fait de prendre soin de ses sentiments et besoins sans imposer son irritabilité et sa frustration à l’autre
  • en tant que récepteur : par le fait de revenir aux faits et de refuser d’endosser le rôle de Victime au banc des accusés

 

3.Le transfert de responsabilité

Le transfert de responsabilité vise à inverser les responsabilités pour faire porter le chapeau à l’autre.

La culpabilisation

La culpabilisation est le fait de rendre l’autre responsable de ce que nous vivons. Il est possible d’éviter la culpabilisation en rendant à chacun ses responsabilités :

  • en tant qu’émetteur du discours : par le fait d’exprimer nos sentiments et nos besoins intimes (autant à nous-mêmes qu’aux autres) -> lire La honte et la culpabilité : deux sonnettes d’alarme
  • en tant que récepteur : par le fait de s’en tenir aux faits (qui, quoi, où, quand, comment, combien)

La lecture de pensée

Nous essayons souvent de deviner ce que pense l’autre en faisant des suppositions (“je sais d’avance ce qu’elle va dire…”) ou en attribuant aux autres des intentions (“il fait ça exprès pour m’exaspérer”). En parallèle, nous attendons des autres qu’ils devinent ce que nous pensons, ce que nous attendons d’eux sans même l’avoir formulé (et parfois sans que cela soit clair intérieurement pour nous-mêmes !).

Il est possible d’éviter les suppositions :

  • en tant qu’émetteur du discours : par le fait de clarifier ce qui se passe à l’intérieur de nous avant de l’exprimer à haute voix (“ça me tient tellement à cœur que tu comprennes que je me sens… parce que j’ai besoin de…”)
  • en tant que récepteur : par le fait de raisonner en termes de besoins et d’émotions pour comprendre ce qui sous-tend tel discours ou tel acte de l’autre.

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Source : Petit cahier d’exercices pour sortir du jeu : victime, bourreau, sauveur de Christel Petitcollin (éditions Jouvence).

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