Dépasser les limites de la peur : la thérapie brève pour surmonter les phobies

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Dépasser les limites de la peur : la thérapie brève pour surmonter les phobies

Présentation de l’éditeur

dépasser les limites de la peurDe même que notre imagination est sans limite, notre capacité à nous inventer des peurs est inépuisable. Peur tétanisante, peur de la solitude, peur de parler en public, peur des animaux, peur de prendre des décisions, peur des maladies, obsessions compulsives, syndromes d’attaques de panique…
La recherche scientifique empirique et expérimentale a démontré que tous ces troubles produits par notre psyché peuvent être surmontés rapidement. Encore faut-il savoir comment.
Que sont les peurs pathologiques ? Comment se forment-elles ? Comment se maintiennent-elles ? Comment peuvent-elles être surmontées ?
Grâce à des exemples lumineux et des récits de véritables cas cliniques, Giorgio Nardone dévoile les caractéristiques de ces pathologies et expose de façon claire les méthodes thérapeutiques les plus efficaces.
Utile, brillant et agréable à lire, ce texte montre comment des problèmes apparemment insurmontables peuvent trouver des solutions s’ils sont abordés avec la bonne stratégie.

L’auteur : Giorgio Nardone, psychologue et psychothérapeute italien, est l’un des principaux représentants de la thérapie brève en Europe. Il dirige le Centre de thérapie stratégique d’Arezzo qu’il a fondé en 1989 en collaboration avec Paul Watzlawick et le Mental Research Institute de Palo Alto (Californie). Au fil des ans, Nardone a développé des méthodes thérapeutiques de résolution de problèmes qu’il a ensuite exposées dans des ouvrages à destination des professionnels de l’accompagnement, mais aussi du grand public. Son approche originale a fait de lui un acteur incontournable, tandis que la diffusion de ses ouvrages lui a apporté une reconnaissance internationale.

Les points forts

Giorgio Nardone expose dans ce livre en quoi les thérapies brèves peuvent aider les personnes en proie à la phobie à dépasser leurs peurs phobiques. Les thérapeutes se référant aux thérapies brèves focalisent leur attention sur des processus destinés à expliciter « comment » se forme un trouble, « comment » il se maintient et « comment » il peut être débloqué. L’optique choisie s’attache donc à trouver des solutions aux problèmes (plutôt qu’à les décrire et en chercher les origines) et à générer des expérience émotionnelles correctives.

Nardone commence par définir ce qu’est une phobie et les différents types de phobie (monophobie, phobies généralisées, troubles obsessionnels compulsifs, fixations hypocondriaques, phobies post-traumatique).

Nardone remarque d’ailleurs que de nombreuses monophobies (ex : peur des araignées, des pigeons, des lieux fermés, de se trouver au milieu des gens…) tendent à devenir des phobies généralisées car elles correspondent à des situations de vie très répandues et la personne qui en est affectée a de fortes probabilités d’entrer dans la boucle de tentatives de solution d’évitement et de demande d’aide.

L’école de Palo Alto considère que les tentatives que les personnes phobiques élaborent pour faire face aux peurs sont  inefficaces et sources de souffrance. Ces tentatives sont principalement :

  • l’Évitement

La moindre situation un tant soit peu inconfortable va être évitée. Le problème est que c’est justement cet évitement qui démontre les dangers de la situation évincée et renforce la tendance à l’évitement suivant.

  • la Demande d’aide

Les personnes phobiques peuvent vouloir être accompagnées et aidées par un proche qui sera prêt à intervenir en cas de perte de contrôle, de malaise, ou de crise de panique. Le problème est que cette tentative renforce aussi la peur parce que la personne en vient à se persuader que, décidément, elle ne peut rien faire seule.

  • le Contrôle des émotions et du corps

Les thérapies brèves estiment que les personnes qui cherchent à maîtriser le corps, les sensations, les désirs (ex : rougir en cas de prise de parole à l’oral) finissent par faire advenir les attitudes indésirables précisément au cours de la tentative faite pour les contrôler !

Ce type de réactions conduit les personnes phobiques à construire, en l’espace de quelques mois, une situation de panique envahissante et handicapante.

La thérapie brève part du principe que c’est très souvent ce que nous mettons précisément en œuvre pour résoudre un problème et apaiser une souffrance qui non seulement entretient le problème, mais augmente en plus la souffrance qui y est associée. La thérapie brève et stratégique va donc tenter d’aider la personne qui souhaite moins souffrir, à stopper ces vains ou aggravants comportements, qui n’ont pour conséquence que d’alimenter le problème qu’ils sont pourtant censés résoudre.

Le travail des thérapeutes va alors consister à investiguer dans le quotidien des patients pour comprendre ce qu’ils mettent en œuvre pour résoudre leur problème et qui, non seulement ne le résout pas, mais l’aggrave (en lien avec les stratégies d’évitement, de demande d’aide et de contrôle du corps).

L’idée est de changer la façon de faire et d’agir des personnes phobiques, pas qui elles sont.

Nardone prend l’exemple d’un homme dépassé par la peur de se bloquer et perdre ses moyens durant une présentation orale. Cette peur se manifestait par de l’anxiété et des somatisations (maux de ventre, tachycardie, respiration haletante, transpiration, etc.). Ces somatisations lui faisaient précisément craindre le pire ce qui le conduisait à contrôler les manifestations physiques de son corps et à éviter les situations qu’il estimait dangereuses (il avait notamment annulé une conférence qu’il devait donner).

Par conséquent, sa tendance à contrôler ses réactions s’était renforcée, le faisant tomber dans le piège de la prophétie qui s’auto-réalise. Quiconque se met à vouloir contrôler ses fonctions physiologiques, finit par les modifier précisément au cours de la tentative faite pour les contrôler. – Giorgio Nardone

Nardone estime que les humains construisent le piège dans lequel ils tombent ensuite et duquel ils ne parviennent plus à ressortir. Sa suggestion est donc de déplacer l’attention de ces personnes sur des actions, de la déplacer du « contrôle de soi sur un autre phénomène ».

C’est dans cet esprit que Nardone a prescrit ce petit exercice qui s’appuie sur deux piliers :

  • Durant l’heure qui précède la prise de parole en public, se concentrer sur tout ce que l’ imaginaire pourra produire de pire et y focaliser toute l’anxiété pour en ressentir moins par la suite.
  • Lors de la prise de parole, dire en introduction : « Chers collègues, je vous prie de m’excuser par avance si, durant cette conférence, il m’arrive de rougir, de transpirer ou de perdre le fil de mes propos car, dernièrement, je ne suis pas en grande forme. »

Nardone rappelle que la fragilité expressément déclarée cesse d’être telle et devient un point fort.

Le véritable intérêt de ce livre est le nombre d‘histoires de thérapies efficaces au cours desquelles Nardone expose comment il s’y est pris pour aider les personnes phobiques à mieux vivre (peur des miroirs, phobie des pigeons, peur de prendre l’avion, obsession de sa propre laideur…). Ces histoires permettent réellement de saisir tous les enjeux des thérapies brèves. On comprend par exemple l’importance que les personnes traitées ne soient pas conscientes du traitement proposé par le thérapeute. Les thérapies brèves se fondent en effet sur le principe des stratagèmes (un truc ou un piège pour réaliser un objectif autrement inaccessible, et cela rapidement et au moindre coût).

La capacité à surmonter des obstacles exige qu’on ne soit pas conscient de le faire, afin de ne pas tomber dans le fameux piège « du mille-pattes qui veut, en marchant, contrôler ses innombrables pieds et se bloque ». – Giorgio Nardone

Nardone donne pour exemple celui des personnes, incapables de s’éloigner seules d’un lieu qui les rassure. La thérapie brève consiste, par exemple, à formuler une première requête (suivie par d’autre au cours de la thérapie) : « sortir du cabinet du thérapeute en faisant des pirouettes devant chaque porte, une pirouette dans la rue tous les dix pas, jusqu’à leur arrivée devant un magasin de fruits et légumes, d’y entrer alors, d’acheter la plus grosse pomme présente et de revenir avec cette pomme en main vers le cabinet du thérapeute en continuant d’effectuer une pirouette tous les dix pas ». Distraites par une tâche apparemment aussi absurde et illogique à exécuter, les personnes phobiques parviennent à faire quelque chose qui leur semblait inconcevable : sortir seules pendant plus de vingt minutes, en s’éloignant d’un lieu qui les rassure.

De même, face à un patient souffrant de troubles obsessionnels compulsifs, contraint par sa pathologie à exécuter continuellement des rituels, la thérapie brève s’appuie sur des stratagèmes de ce type : « Chaque fois qu’il effectuera l’un de ses rituels, il devra les répéter cinq fois, pas plus pas moins. Il peut ne pas accomplir ce rituel […], mais s’il le fait une fois, il faudra le faire cinq fois, pas une fois de plus et pas une fois de moins. » Nardone explique que la prescription utilise la même logique que la phobie, à savoir la ritualité de la compulsion, mais elle en réoriente le sens de façon telle que c’est la force même du symptôme qui vient s’opposer au trouble avec, pour effet, d’en briser l’équilibre pervers.

L’injonction d’une répétition « ritualisée » des rituels conduit la personne à construire une réalité différente (par rapport à celle marquée par des compulsions irrésistibles), au sein de laquelle s’ouvre la possibilité nouvelle de pouvoir n’effectuer aucun rituel puisque, dans la nouvelle réalité, le rituel n’est pas irrésistiblement spontané, mais prescrit et volontaire. Il s’empare du symptôme en construisant un autre symptôme, structurellement isomorphe, qui annule le premier mais, puisqu’il s’agit d’une construction délibérée, il peut être réfuté par la volonté et, comme dans le vénérable stratagème chinois, « il fait monter l’ennemi au plafond avant de lui retirer l’échelle ».  – Giorgio Nardone

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Dépasser les limites de la peur : Comprendre la peur pathologique pour mieux la surmonter de Giorgio Nardone (Enrick B. Editions Psycho Poche) est disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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