Quand on rougit fréquemment : accepter de rougir plutôt que contrôler les rougissements… pour moins rougir !

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Quand on rougit fréquemment : accepter de rougir plutôt que contrôler les rougissements… pour moins rougir !

Les personnes timides qui rougissent essayent la plupart du temps tant bien que mal de cacher leurs rougissements et, lorsqu’ils sont là, veulent absolument qu’ils cessent. Il semble que ce qui crée l’apparition et l’amplification des rougissements est la conséquence de tout ce que les personnes qui en sont touchées font pour les contrôler. Pourtant, les « solutions déjà essayées » pour faire disparaître les rougissements mènent à l’aggravation des rougissements.

Les personnes qui rougissent redoutent par-dessus tout que leurs émotions soient démasquées à l’instant précis où elles souhaiteraient au contraire les contrôler. C’est précisément la tentative de contrôle excessive qui leur fait perdre le contrôle.

Dans son livre A visage découvert, Cécile Marguin rappelle que la plupart des gens qui souffrent de timidité ont une stratégie comportementale récurrente que consiste à éviter (les situations déclenchant les rougissements) et à contrôler (les symptômes). Ces personnes ont tendance à éviter toutes les situations inconfortables dans le but de réduire les effets désagréables de leurs symptômes. En même temps, tout évitement prépare l’angoisse ultérieure et, insidieusement, un cercle vicieux s’installe provoquant l’aggravation des rougissements. La stratégie du contrôle consiste, quant à elle, à essayer de contrôler les symptômes envahissants et source de honte.

Exactement comme un hypocondriaque qui s’efforce de contrôler de façon continue son organisme en quête de signaux indicateurs d’une maladie et qui finit par avoir d’horribles sensations qui le terrorise. Les rougissements comme la transpiration excessive ou tous les autres symptômes que l’on retrouve chez les timides ne se contrôlent pas. Ici aussi, un cercle vicieux se met en place qui a pour conséquence d’amplifier les rougissements. – Cécile Marguin

Ainsi, on comprend que c’est la tentative de contrôle qui entraîne la perte de contrôle.

Une question clé pour aider à briser ce cercle vicieux est : “Si vous saviez, sans l’ombre d’un doute, jusqu’à votre dernier souffle que quoi que vous fassiez, vous rougirez toujours dans certaines circonstances, que feriez-vous de votre vie ?”

Cette question difficile est posée en début de thérapie brève afin d’assouplir la tentative de régulation globale adoptée par les personnes qui rougissent et qui veulent se débarrasser de leurs rougissements. Cette question sert à bloquer le but conscient (“je veux absolument arrêter de rougir”) afin de stopper l’alimentation du cercle vicieux du contrôle. C’est l’émotionnel et le réflexif qui se battent dans le « tout sauf rougir ». Mais si les personnes  parviennent à entrevoir que leurs rougissements ne cesseront peut-être jamais, alors elles arrêteront leurs tentatives de régulation inefficaces (évitement et contrôle).

Au fur et à mesure, ces personnes se rendent compte qu’elles ne se débarrasseraient jamais complètement de leurs rougissements et qu’elles peuvent en même temps vivre avec. Le travail en thérapie brève consiste à apprendre à affronter et apprivoiser plutôt qu’à éviter et contrôler et à mettre des mots sur les symptômes du rougissement (“je commence à transpirer, mon cœur accélère, je sens la chaleur dans mes joues, c’est vrai que j’ai chaud et ce n’est pas dangereux”), en acceptant l’éventualité de ne jamais se débarrasser des rougissements.

C’est quand les personnes ne cherchent plus à contrôler leurs symptômes, aussi bien dans la sphère privée qu’au travail, que la souffrance générée par la perception des rougissements s’apaise. Les rougissements deviennent alors un peu moins fréquents et moins intenses mais ils sont surtout beaucoup mieux acceptés. Les personnes peuvent toujours rougir mais moins souvent et moins intensément. Par ailleurs, les rougissements les font moins souffrir et elles focalisent moins dessus. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont moins intenses et moins fréquents ; ils sont moins alimentés !

Par ailleurs, il est possible d’apprivoiser les rougissements lors d’une prise de parole à l’oral à l’aide quelques petites astuces :

  • Durant l’heure qui précède la prise de parole en public, se concentrer sur tout ce que l’ imaginaire pourra produire de pire et y focaliser toute l’anxiété pour en ressentir moins par la suite.
  • Lors de la prise de parole, dire en introduction : « Chers collègues, je vous prie de m’excuser par avance si, durant cette conférence, il m’arrive de rougir, de transpirer ou de perdre le fil de mes propos car, dernièrement, je travaille sur ma timidité. »

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Source : A visage découvert : dépasser la timidité et la peur des autres avec les méthodes de l’école de Palo Alto de Cécile Marguin ( Enrick B. Editions)

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