Les reproches répétitifs et sous-entendus, une forme de violence psychologique destructrice

une forme de violence psychologique destructrice

Les reproches répétitifs et sous-entendus, une forme de violence psychologique destructrice

Dans son ouvrage Les prisons familiales (Comprendre et agir), Anne-Laure Buffet rappelle que la violence psychologique est caractérisée par sa récurrence. Faire quelques fois des reproches relève plus de la maladresse ou de l’incompétence relationnelle que de la violence psychologique.

La répétition est au fondement du conditionnement et de la croyance de la victime, car ce qui est si souvent dit ou agi ne peut qu’être vrai. L’unicité d’une remarque crée un doute. La redite exacerbe ce doute. La répétition fait croire à sa réalité. – Anne-Laure Buffet

On reconnaît la violence psychologique au fait que la personne qui en est victime, enfant ou adulte, ne sait jamais sur quel pied danser et vit sous stress permanent.

La victime de violence psychologique sait d’avance que, si elle parle ou si elle réagit mal (du point de vue de “l’emprisonneur”), elle sera critiquée. Anne-Laure Buffet utilise le mot d’emprisonneur pour désigner les bourreaux, auteurs de violence psychologique (ces emprisonneurs peuvent être des hommes ou des femmes, de tout âge et de toute classe sociale).

Les reproches sont une constante dans les violences psychologique car la victime est mise en incapacité de savoir comment réagir : elle s’expose toujours aux reproches.

Anne-Laure Buffet rappelle que les reproches sont exprimés de diverses façons et liste les manières qu’un emprisonneur peut utiliser pour blesser et faire naître le remords et le doute chez sa victime :

  • la prise de pouvoir par l’affirmation d’un savoir/d’une compétence : « À ta place, je n’aurais pas dit/fait ça » ;
  • l’infantilisation : « Je dis ça pour toi », « Tu as encore eu besoin de n’en faire qu’à ta tête », « Tu ne grandiras donc jamais… » ;
  • l’utilisation récurrente d’événements passés : « Depuis dix ans, tu n’as rien changé », « Nous en avions déjà parlé, je crois, nous étions pourtant d’accord… » ;
  • le « oui, mais » qui semble complimenter mais dénigre : « Tu as bien fait, mais si j’étais toi, j’aurais fait autrement » ;
  • les constats : « Il n’y a encore plus de pain » ;
  • la victimisation : « Tu m’avais promis de le faire », « Je pensais pouvoir compter sur toi », « Je me sens bien seul(e) » ;
  • les fausses interrogations : « Les enfants n’ont pas encore fait leurs devoirs ? », « Tu comptes sortir avec cette robe ? », « Tu as pensé au pain ? » ;
  • la négation : « Tu ne me l’as jamais dit » ;
  • les ordres dissimulés : « On va s’en occuper ».

Dans le cadre de violences psychologiques, ces formulations sont utilisées de façon répétitive et utilisent toujours le « tu » pour désigner le coupable. Le principal problème est que la victime finit par intégrer comme vrai et justifié ce qui lui est reproché, pourtant à tort par l’emprisonneur.

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Source : Les prisons familiales (Comprendre et agir) de Anne-Laure Buffet (éditions Eyrolles). Disponible en médiathèque, en librairie ou sur internet.

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