Comment se relever d’un échec ?

se relever d'un échec

Comment se relever d’un échec ?

Dans l’émission de radio A votre service (RCF) du 8 février 2017, présentée par Olivier Tonnelier, Isabelle Filliozat répondait à la question : comment se relever d’un échec ?

L’échec est une rupture dans le cours de l’existence et nécessite un travail de deuil. Quand on parvient à s’en relever et à prendre conscience de ses propres ressources, l’échec peut être utile pour rebondir et apprendre… avant de pouvoir s’épanouir à nouveau.

Isabelle Filliozat y rappelle que le plus important est d’écouter ce qui se passe à l’intérieur de nous. Tout échec a quelque chose à nous apprendre : c’est douloureux ET je l’utilise.

Elle nous invite à analyser la situation présente et à regarder ce qui se passe en dehors de la seule réactivité émotionnelle (notamment de la culpabilité ou de la rancoeur). Cela passe par le fait de réfléchir à quoi est dû l’échec (cela peut relever de raisons personnelles mais aussi de raisons économiques, sociales, interpersonnelles…). Est-ce un signal que mon corps est en surcharge ? que cette voie est économiquement non viable ? que j’ai besoin de plus de pouvoir personnel dans mon métier ? que je suis trop naïf.ve ou au contraire trop rigide dans mes relations ?

Par ailleurs, oser sentir les émotions primaires difficiles et les traverser les unes après les autres est indispensables pour faire le deuil (colère, tristesse, honte, peur). La culpabilité et la rancœur ne sont pas des émotions primaires et il y a à aller chercher les émotions primaires qui se cachent derrière.

Quand on regarde les échecs comme des opportunités, alors ils deviennent effectivement des opportunités. Avant de rebondir de façon pertinente (dans une direction pleine de sens et sans reproduire des situations menant à nouveau à l’échec), nous avons besoin de chercher à savoir ce que cet échec nous a appris.

Isabelle Filliozat souligne les étapes importantes pour se relever d’un échec :

1.Vivre toutes les émotions primaires liées à l’échec (dire oui à la honte, à la peur, la tristesse, la colère)

2.Traverser les émotions difficiles en les laissant être, en vivant les sensations physiques associées, en leur disant oui, en respirant profondément en contact avec l’émotion puis en les laissant passer (comme des vagues qui montent puis finissent toujours par redescendre)

3.S’aimer à travers les émotions difficiles en les acceptant comme partie prenante du processus de deuil, en s’accordant de l’auto empathie

4.Se donner le droit de renaître grâce aux prises de conscience liées aux émotions

5.Apprendre sur soi-même (ses émotions, ses besoins, ses valeurs importantes, ses croyances…), sur les autres, sur la société

6.Se mettre à l’écoute de la petite voix qui n’a pas été écoutée jusqu’à maintenant

7.Évaluer ses propres ressources : qu’est-ce que j’ai acquis ? quels sont mes atouts ? qui suis-je ?

On peut faire confiance au fait que, à un moment, ce qu’on a vécu deviendra une chance, que, de cet accident, on apprendra beaucoup de choses. Mais cela nécessite d’accueillir toute la douleur sur le moment et tout au long du processus de deuil. On peut par exemple se rendre compte dans l’épreuve de la qualité des liens qu’on a tissés.

Différentes sortes d’échec

Un échec dans une relation

Quand nous rencontrons un échec dans une relation, nous pouvons nous demander si nous faisons également ce que nous reprochons à l’autre. En effet, rendre l’autre responsable de ce que nous ressentons fait le lit de la rancoeur.

C’est toujours le fait de dire oui aux émotions primaires ressenties qui permet de dépasser la rancoeur et de s’engager dans un processus de deuil.

Parfois, il est nécessaire d’aller plus loin que le simple fait d’accepter nos émotions parce que nos actes peuvent être motivés inconsciemment (schémas de pensée issus du passé, héritage transgénérationnel…). Il est alors utile de comprendre les motivations qui nous animent (motivations internes profondes et parfois inconscients comme le fait de voler pour compenser le fait de n’avoir jamais reçu de l’amour de la part des parents).

Isabelle Filliozat reconnaît toutefois qu’oser affronter la culpabilité et la honte est difficile mais ne doit pas empêcher de se poser des questions essentielles : quelles sont les forces qui m’ont conduit.e ? d’où venaient ces forces ?

En effet, se dire “c’est mon unique faute” n’est pas utile pour rebondir, apprendre et repartir… mais le fait de dire “c’est seulement la faute des autres” non plus.

Un échec synonyme d’exclusion

Quand un humain est exclu, il vit une modification de sa biologie. L’exclusion n’a pas seulement une dimension psychologique : le cerveau a l’idée qu’on est en soumission, que les autres ont le pouvoir (via une modification de l’équilibre hormonal). Il en découle un sentiment d’impuissance, une coupure d’avec le pouvoir personnel. Une personne exclue a la physiologie de quelqu’un de soumis donc son cerveau interprète qu’elle a moins de valeur que les autres.

Quand on est privé de pouvoir personnel, on est en état de soumission et c’est naturel de perdre confiance en soi. Il est alors nécessaire de reprendre du pouvoir personnel : parler, écrire, publier, produire de l’information, créer… C’est en prenant le pouvoir qu’on reprend confiance en soi.

L’importance du soutien affectif dans tous les cas

Isabelle Filliozat rappelle l’importance du réseau relationnel dans l’épreuve, du soutien affectif ET physique utile pour se relever d’un échec. 20 minutes par jour de contact humain ou animal sont nécessaires aux humains.

C’est le contact qui guérit des épreuves de la vie : le contact avec les autres mais également le fait de rester en contact avec soi-même pour guérir des épreuves de la vie (vivre les émotions en s’accordant de l’auto empathie). On peut choisir l’amour de soi-même pour se relever d’un échec.

 

Ne pas répéter l’échec

Continuer ou arrêter ?

Les humains ont souvent tendance à toujours chercher à aménager le présent pour ne pas risquer une nouvelle vie, un changement, quitte à passer à côté d’une vie plus épanouissante

Quand quelque chose nous paraît hors de notre portée, nous avons tendance à nous dire rapidement que ce n’est pas vraiment cela que nous voulons, que c’est nul après tout (par peur de se montrer vulnérable, incomplet, par peur d’échouer).

Or nous pouvons  CHOISIR de faire naître la personne que nous sommes véritablement en dehors des habitudes et du quotidien bien établi. C’est la joie qui doit être notre guide. En effet, la joie donne le sens de la vie et, quand la joie est totalement absente du quotidien, alors il y a besoin de changer quelque chose.

Pour autant, ce n’est pas simple de savoir quand nous devons tourner la page ou continuer à explorer la page en cours. Isabelle Filliozat propose d’ interroger le petit enfant que nous étions et de nous connecter aux rêves de cet enfant, à nos forces vives, à nos envies réelles. Quelles valeurs sont importantes à nos yeux ? Quel regard porte notre enfant intérieur sur nous : est ce qu’il admire l’adulte que nous sommes devenus ? Si non, cela vaut peut-être le coup d’amorcer des changements (tout en prenant en compte la réalité sociale et économique). Comment faire évoluer la passion dans la réalité ? La forme peut toujours changer sans pour autant toucher au fond !

Savoir quand le deuil est fait

Il est utile de mettre en place des rituels car les rituels permettent de clore l’événement (par exemple : une méditation de rupture). Ce qui signe le deuil est le fait de pouvoir voir l’autre heureux sans éprouver de la rancoeur.

On sait qu’on a surmonté un échec quand on éprouve de la joie et de la gratitude même envers les gens qui nous ont mené à l’échec.

Briser le cercle de l’échec

La meilleure façon de ne pas répéter l’échec est justement d’être conscient qu’on risque de répéter des échecs de même nature !

On cherche souvent à ne pas souffrir et on projette tous les torts sur les autres qu’on estime être les uniques responsables de l’échec. Si on n’accepte pas notre part de responsabilité, on ne peut pas utiliser l’échec pour regarder ce qui s’est passé. Plus on reconnait sa part de responsabilité, plus on peut changer et éviter de répéter l’échec.

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Pour aller plus loin : Petit cahier d’exercices pour se relever d’un échec de Isabelle Filliozat (éditions Jouvence)

 

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